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vendredi 1 janvier 2021

[Malbec, Nathalie] Le bal des illusions

 


 


J'ai aimé

 

Titre : Le bal des illusions

Auteur : Nathalie MALBEC

Parution : 2020

Editeur : Librinova

Pages : 148

 

 

  

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

Comme dans nombre de familles monoparentales, Sarah jongle avec toutes ses vies. La stabilité professionnelle et financière sont acquises au détriment d'une vie amoureuse hachée et décevante. Elle recherche, pour sa fille Camille, une figure paternelle capable d'appréhender les besoins, pas si spécifiques, d'une enfant handicapée. Par dépit, elle décide de franchir le seuil d'une agence de rencontre pour cibler des compagnons potentiels. Les rencontres lui dévoileront des pans de vie de parfaits inconnus ; sa quête va l'entraîner sur des sentiers non balisés. Dans ce hors piste, elle ira surtout à la rencontre d'elle-même.

Ce roman aborde la violence faite aux femmes sous l'angle du thriller. Il a été achevé pendant la première quinzaine du confinement suite à la pandémie du Covid 19. La détresse et l'isolement des femmes victimes de violence se sont accentués dans cette période de promiscuité renforcée. Les recettes générées par ce roman seront intégralement reversées à la Fondation des Femmes qui lutte contre ces violences.

 

Le mot de l'auteur :

J'ai approché l'écriture par le biais de la chanson, des Haïkus.
Puis j'ai souhaité développer des histoires comme on prend une toile d'un autre format...
Un premier roman "Isa" est paru chez Librinova en 2018 suivi de "L’epoipée" en 2019.
"Le bal des illusions" nous convie dans un thriller dont les rythmes, les changements de tempo, me permettent de reboucler sur la musique, essentielle elle aussi à ma vie.
Je suis également parolière à la Sacem depuis 5 ans.

 

 

Avis :

Sarah vit avec sa mère qui l’aide à élever sa petite fille autiste. Alors que, désespérant de trouver l’âme sœur, elle finit par s’inscrire dans une agence de rencontres, elle est loin de se douter du piège qui la guette. Tout commence par la perte de son emploi d’agent immobilier…

Le récit démarre doucement, pour soudain basculer dans un thriller rythmé et bien mené, à la noirceur illuminée par une jolie touche d’originalité et de fantaisie. L’écriture coule avec fluidité, faisant de cette lecture un moment agréable et prenant, pimenté d’un suspense réussi. En un mot, tous les ingrédients sont réunis pour captiver le lecteur, bien vite happé par cette histoire glaçante, dont le difficile enjeu reste dès lors toutefois de parvenir à se démarquer dans la thématique déjà largement rebattue de la séquestration par un dangereux psychopathe.

Or, et bien malgré moi, je n’ai pas réussi à me laisser totalement séduire par ce qui fait pourtant la jolie singularité et l’indéniable charme de ce livre : l’amour teinté de fantastique entre la mère et sa fille autiste. Vivant quotidiennement et de très près la réalité de ce handicap, c’est toujours avec un certain agacement que je surréagis aux fantasmes, même (et surtout peut-être) les plus positifs, qui l’entourent parfois. Et non hélas, l’écrasante majorité des autistes n’a pas de capacités hors norme, et pourtant, elle mérite aussi qu’on s’intéresse à elle…

Au final, ce thriller réussi et agrémenté d’une pointe de jolie fantaisie se lit très agréablement, supportant sans rougir, mais sans non plus se démarquer nettement, la rude concurrence qui sévit dans son registre. On pourra d’autant plus se laisser tenter par sa lecture que l’auteur en reverse les droits à une fondation qui lutte contre les violences faites aux femmes. (3/5)

Merci à Nathalie Malec pour m’avoir si gentiment fait découvrir son roman.


 

jeudi 2 juillet 2020

[Loubière, Sophie] Cinq cartes brûlées






 

J'ai beaucoup aimé

 

Titre : Cinq cartes brûlées

Auteur : Sophie LOUBIERE

Editeur : Fleuve Editions

Année de parution : 2020

Pages : 352

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :   

Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…

Thriller psychologique d’une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

 

 

Un mot sur l'auteur :

Née en 1966, Sophie Loubière est écrivain, journaliste et productrice de radio.
Cinq Cartes brûlées a remporté le prix Landerneau Polar 2020.

 

Avis :

Laurence Graissac a gardé de son enfance à Saint-Flour des blessures dont personne ne soupçonne la profondeur. Lorsque la jeune femme décide de jeter ses complexes aux orties et d’enfin oser s’affirmer, la tournure des événements va en stupéfier plus d’un, à commencer par le discret docteur Bashert, bien loin de soupçonner jusqu’où son addiction au jeu et ses aspirations amoureuses vont l’entraîner.

Au BlackJack, les cinq premières cartes sont brûlées par le croupier, c’est-à-dire retirées du jeu avant la distribution. A Laurence, la vie a distribué des cartes qui, longtemps restées cachées, vont provoquer un coup de théâtre magistral lorsqu’elles seront abattues : comme autant d’avancées d’un destin peu à peu dessiné, chaque chapitre se déroule sous l’influence d’une carte et de sa symbolique, ainsi que d’une expression centrée sur le verbe prendre. L’intrigue doit d’abord prendre vie, mais finira par nous prendre à rebours…

Comment devient-on psychopathe ? Quelles failles finissent par induire ces passages à l’acte inattendus, comme de soudains coups de grisou ? Avec une froideur clinique et détachée à faire frissonner, Sophie Loubière démonte, rouage après rouage, la mécanique implacable qui, depuis l’enfance, va lézarder une personnalité et installer la psychose. La relation à l’entourage est déterminante, et, dans cette histoire, chaque personnage réserve bien des surprises.

Véritable page-turner où les apparences ne sont que châteaux de cartes, ce thriller psychologique noir multiplie les révélations et les rebondissements dans un suspense habilement construit et parfaitement addictif. (4/5)

 

Citation :

C’est parce que pour les autres, l’important, c’est ce qu’ils font de nous, pas ce que nous sommes. Ce que tu fais de moi n’est pas ce que je suis, ajouta-t-elle d’une voix étrangement tiède.
 

 

Du même auteur sur ce blog :

 
 

 

vendredi 26 juillet 2019

[Tharreau, Estelle] Mon ombre assassine




 


J'ai beaucoup aimé

Titre : Mon ombre assassine

Auteur : Estelle THARREAU

Année de parution : 2019

Editeur : Taurnada

Pages : 260






 

 

Présentation de l'éditeur : 

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d'une femme manipulatrice et cynique.
Celle d'une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.



Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Après avoir travaillé dans le secteur privé et public, cette passionnée de littérature sort son premier roman en 2016, Orages, suivi de L'Impasse en 2017. Depuis, elle se consacre entièrement à l'écriture.


Avis :

Nadège Solignac a été arrêtée pour la mort d'un policier qui aurait tenté de la violer et qu'elle aurait tué en état de légitime défense. L'enquête révèle une série troublante d'accidents mortels partout où passe la jeune femme, mais scandalise l'entourage de cette institutrice modèle, si gentille et si appréciée de tous. 

Alors que se succèdent les témoignages, sans exception en sa faveur, Nadège nous livre en privé sa confession, relatant son enfance maltraitée, ses peurs et sa haine, la constitution progressive de sa personnalité de psychopathe, son comportement de façade soigneusement étudié pour donner le change, les meurtres commis sans émotion ni remord, son mépris des sentiments humains et des règles sociales, ses avertissements et ses menaces à votre encontre, vous qui ne vous méfiez aucunement de cette manipulatrice aux deux visages, et qui ignorez tout de son ombre assassine qui vous frôle peut-être à votre insu.

En alternant le récit intime de la meurtrière et la perception en complet décalage de son entourage, ce roman donne à comprendre, de manière saisissante et perturbante, ce qu'est la psychopathie, cette déficience des émotions et du contrôle des impulsions, cette inadaptation menant à des conduites antisociales, mais aussi comment un être manipulateur et pervers peut berner son entourage et commettre le pire en toute impunité pendant des années.

Fascinant et inquiétant, le récit coule de manière fluide, sans que jamais l'intérêt se relâche, interpellant le lecteur, le glaçant au fil d'actes terrifiants de froideur et d'amoralité, le convainquant peu à peu de son impuissance et de sa vulnérabilité potentielles, face à des prédateurs que leur entourage côtoie, parfois pendant des décennies, sans jamais se douter de rien.

Ce livre prenant et facile à lire, construit pour vous interpeller et vous déranger, vous confrontera à l'insoutenable et dangereuse insensibilité d'êtres qui évoluent discrètement et en toute impunité au milieu du commun des mortels, guettant impitoyablement leur prochaine proie. Impossible de ne pas penser au moins à une affaire récente, qui a fait ressortir le dossier de multiples disparitions antérieures, mais où l'aplomb du criminel présumé et l'absence de preuves interdisent d'avancer. (4/5)


Citations :

Les regards aimants n’existent pas. Ils ne sont qu’une apparence sociale, une technique de manipulation, une mise en confiance nécessaire. Nous sommes condamnés à vivre seuls avec nous-mêmes. L’autre n’est qu’un moyen ou un danger.

Je compris qu’il fallait choisir son camp et il n’en existait que deux : celui de la proie ou celui du prédateur.

Les gens, en général, et les plus désespérés en particulier, trouvent très réconfortant de se rapprocher des personnes plus malheureuses qu’elles. Elles ne veulent pas compatir. Elles veulent être spectatrices de leur peine pour relativiser leur propre détresse et se consoler de ne pas être seules aux abois.

… elle m’a surtout dit que les criminels ne naissent pas ex nihilo. Que la société et chaque élément qui la compose ont leur part de responsabilité, grande ou petite. Que notre indifférence, nos négligences, qu’à chaque fois que nous détournons les yeux d’un enfant ou d’une personne en détresse, nous participons peut-être à la création d’une bombe en devenir.



Du même auteur sur ce blog :