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mardi 10 décembre 2019

Interview de Stéphanie Castillo-Soler, auteur de Libres dans leur tête - 9 Décembre 2019



Bonjour Stéphanie Castillo-Soler. Vous êtes l’auteur du roman Libres dans leur tête, paru en Août 2019 chez Librinova et chroniqué sur ce blog.


Pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours ? 


Merci de me donner l’occasion de parler un peu de moi et de mon roman.
J’ai 47 ans. Titulaire d’un bac littéraire, j’ai fait des études d’anglais à Nanterre. J’enseigne cette langue depuis plus de 20 ans. L’idée de transmission me plaît, et aussi de travailler avec des adolescents, même si ce n’est pas toujours simple. 

J’adore lire depuis mon plus jeune âge : je pense avoir lu l’intégralité des Bibliothèques Rose et Verte à l’époque ! Il y a quelques années j’ai participé au Jury des Lectrices de Elle. Depuis je fais partie d’un club de lecture, et chronique certains de mes coups de coeur sur Babelio et le Cercle Littéraire de la Fnac. L’été dernier, j’étais au sommet d’une montagne, dans les Alpes où nous randonnions en famille, quand j’ai été contactée par Librinova m’annonçant que j’étais lauréate du concours : surprise et fierté !


Quand et comment êtes-vous venue à l'écriture ?
  
Récemment. Par hasard. Ayant une bonne maîtrise de la langue anglaise, je me suis tout d’abord « amusée » à traduire un roman anglais en français. J’ai trouvé passionnant de chercher le mot juste, la tournure adéquate pour traduire sans trahir le texte initial, mais de façon à ce que le résultat soit le plus naturel et le mieux « tourné » possible dans notre langue. C’est cette première approche qui m’a donné envie d’écrire à mon tour.

Sur Internet il y a régulièrement des concours d’écriture, de tout format. J’aime l’idée d’écrire « sous contraintes » (de format, thème, longueur,…) J’ai écrit des nouvelles, c’est une forme littéraire que j’aime particulièrement, avec une écriture « condensée », une économie de mots, une tension amenant à une « chute » inattendue. Certaines de mes nouvelles ont été remarquées ; j’envisage d’en publier un recueil. J’aime aussi beaucoup la poésie. Quelques-uns de mes poèmes sont d’ailleurs édités.


Quel était le thème du concours Librinova que votre livre a remporté ? En quoi était-il particulièrement inspirant pour vous ?
  
Le thème était L’Enfer, c’est les autres…  Il s’agissait d’écrire un huis-clos. L’image de naufragés à bord d’un bateau s’est imposée à moi. Mais j’ai craint d’être trop influencée par mes lectures ou films sur le sujet. Ma deuxième idée a été la bonne : une cellule de prison. Peu de romans finalement traitent de ce sujet, ou alors d’une façon beaucoup plus sombre et pessimiste. Ma grand-mère travaillait dans un foyer d’accueil pour de jeunes gens sans repères ; elle en parlait parfois et peut-être mes deux personnages sont-ils nés de là.

Les personnes qui ont lu mon roman ont deux types de réaction. La majorité des lecteurs sont séduits par le fait que je m’intéresse surtout à la psychologie de ces deux garçons, leurs failles, leurs différences, et leur évolution au fil des pages. Comme ce sont fondamentalement de « bons garçons », ils ont de bonnes valeurs, que j’avais envie de mettre en avant. D’autres lecteurs me reprochent un tableau presque « idyllique » de la prison, et auraient souhaité davantage de noirceur. Mais c’est un choix délibéré d’avoir mis l’accent sur le fait que même dans un univers hostile, on peut trouver une forme de réconfort, et aussi apprendre à se connaître et évoluer positivement.


Quels conseils donneriez-vous aux auteurs qui souhaitent publier leur premier livre ?
  
Très difficile de se faire publier ! J’ai eu la chance de séduire le jury de Librinova, et d’être lauréate du concours. C’est très encourageant de se dire que votre manuscrit a su convaincre des professionnels. J’ai remporté la publication de mon roman, sous format numérique dans un premier temps.

Sans le concours, je n’aurais jamais écrit ce roman, et je n’aurais pas fait la démarche d’envoyer un manuscrit à des maisons d’éditions.

Je pense que l’auto-édition est un excellent tremplin. Librinova en particulier, me semble être la plate-forme idéale. Les services proposés sont variés et combinables à la carte, selon les besoins de chacun. Des interlocuteurs (surtout des interlocutrices) charmantes et disponibles répondent à toutes les questions que l’on peut se poser, depuis la phase d’écriture jusqu’à la commercialisation de l’ouvrage. Je recommande donc vivement aux auteurs de faire cette démarche. Ensuite il faut « accompagner » son roman, en parler et le faire connaître… par exemple en acceptant de répondre à des interviews 😊
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Que représente l'écriture dans votre vie ?
  
Une échappatoire. La lecture et l’écriture permettent de quitter momentanément notre quotidien pour pénétrer dans une autre dimension. Avec la lecture, on est emporté dans un univers créé par l’auteur. L’écriture c’est un peu la même chose… Je veux dire que, lorsque j’écris , je me laisse porter par mon imagination, et suis mes personnages là où ils veulent m’emmener… J’ai parfois l’impression que « le texte s’écrit tout seul », les mots s’enchaînent « naturellement », c’est assez magique.


Avez-vous d'autres passions en dehors de l'écriture ? La photographie peut-être, puisque la très jolie couverture est une de vos images ?
  
Ma plus grande passion : mes filles (et mon mari !). L’amitié a aussi une place importante dans ma vie.
Mon métier, que j’exerce du mieux que je peux. La lecture, comme je disais plus haut. Je lis surtout des romans, auteurs français et américains. La langue française, et la langue anglaise.
Marcher en forêt, en montagne, sur la plage. La nature m’apaise.

Oui, j’aime beaucoup prendre des photos. J’ai pris cette photo lors d’une promenade avec l’une de mes filles, justement. Par la suite, cette image du coquelicot qui pousse entre les pierres m’a accompagnée dans l’écriture du roman. Les lecteurs la retrouveront dans le texte.


Avez-vous un autre projet de livre ?
  
J’aimerais faire publier certaines de mes nouvelles dans un recueil. Et une autre idée de roman, oui, mais pas pour tout de suite.


Merci Stéphanie Castillo-Soler d'avoir répondu à mes questions.

Libres dans leur tête est disponible sur le site de Librinova, ainsi que sur les principaux sites marchands.

Retrouvez-en ma chronique ici.

samedi 7 décembre 2019

[Castillo-Soler, Stéphanie] Libres dans leur tête





J'ai aimé

 

Titre : Libres dans leur tête

Auteur : Stéphanie CASTILLO-SOLER

Parution : 2019

Editeur : Librinova

Pages : 120

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :   

Romain arrive en prison. Les choses n’auraient jamais dû en arriver là, mais une vieille femme est morte… et il doit payer. Il va partager sa cellule avec Laurent, inculpé pour l’homicide d’un dealer. En même temps qu’ils vont apprendre à se connaître, les deux garçons vont découvrir ensemble les codes de l’univers carcéral. De façon surprenante, c’est dans cet environnement hostile et fermé qu’ils vont aussi réussir à nouer des liens d’amour et d’amitié. Réflexion sur la culpabilité, la liberté, la solidarité et le sens de la vie, Libres dans leur tête est un émouvant huis-clos et un édifiant récit d’apprentissage.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Née le 7 août 1972 à Poissy, dans les Yvelines, Stéphanie Castillo-Soler est mariée, heureuse maman de deux filles de 16 et 18 ans, avec qui elle partage sa passion des mots, lecture et écriture. Elle accorde beaucoup de valeur aux moments partagés en famille et entre amis. Elle aime la peinture, le cinéma, et surtout marcher dans la nature en toutes saisons. Enseignante, elle porte un regard personnalisé sur ses élèves, s'efforçant de révéler le meilleur de chacun. Depuis peu et presque par hasard, l'écriture lui ouvre les portes d'un nouvel univers.  Inspiré par le thème imposé par le concours Librinova, Libres dans leur tête  est son premier roman.

Retrouvez  mon interview de Stéphanie Castillo-Soler.

 

 

Avis :

Deux jeunes majeurs se retrouvent emprisonnés dans la même cellule, où ils purgent chacun une peine de plusieurs années pour homicide. Alors qu'ils s'adaptent aux règles et au rythme de l'univers carcéral, à l'ennui, à la solitude et à la confrontation avec les autres détenus, les deux garçons se découvrent peu à peu des points communs. Une forte amitié va bientôt les lier, tandis que tous deux tentent de rester à flot, grâce à la lecture et à la peinture. Ce sont ces deux espaces de liberté, qui, avec le soutien de leurs proches et d'associations de bénévoles, vont leur permettre de se remettre sur les rails et d'aborder leur réinsertion avec davantage de confiance.

L'histoire est abordée de manière très positive : l'auteur a choisi de s'attacher à quelques personnages, en quelque sorte "égarés" par un dramatique et irréparable accident de parcours, mais pas "méchants" sur le fond, pour s'intéresser avant tout à ce qui peut leur éviter de basculer définitivement dans le gouffre qui les menace. La démonstration peut paraître un peu trop appuyée, l'accumulation de traits et d'évènements favorables semblant à plusieurs reprises trop belle pour demeurer totalement vraisemblable.

Malgré ce côté exagérément optimiste, perdure l'intérêt de la réflexion portée par cette histoire, véritable plaidoyer pour l'accompagnement des personnes incarcérées, afin de les empêcher d'être davantage aspirées vers le fond. Aussi un hommage aux anonymes et bénévoles qui s'investissent : familles d'accueil, correspondants anonymes, associations de soutien, Croix Rouge…, ce roman est une démonstration de l'importance, en prison, des supports de reconstruction, comme, en particulier, l’expression intellectuelle et artistique, outil et espace de liberté essentiels pour la préservation de l'individu et son cheminement vers la rédemption et la réinsertion.

A l'image de sa jolie couverture, ce roman est avant tout un message d'espoir et d'encouragement, tant à destination des personnes à qui il est arrivé de faillir aux yeux de la loi et de la société, qu'à celles qui oeuvrent, parfois de manière ingrate, à leur retour du bon côté des murs. Malgré ses petites imperfections, ce premier roman fluide et agréable mérite qu'on s'y attarde. (3/5)

Un grand merci à Stéphanie Castillo-Soler pour m’avoir fait découvrir son livre !








Interview de Stéphanie Castillo-Soler.
(Cannetille - 9 Décembre 2019)