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samedi 10 octobre 2026

Critique : "Nos vies sauvages" de Hemley Boum | Lectures de Cannetille

 

Couverture du roman  "Nos vies sauvages" de Hemley Boum




J'ai beaucoup aimé

 

Titre : Nos vies sauvages

Auteur : Hemley BOUM

Parution : 2026 (Gallimard)

Pages : 336

Accès au livre : ISBN 9782073123794   
                           en librairie

 

 

  

 



Présentation de l'éditeur :   

« Par temps calme, alors que la mer est d’huile et que les marins les plus aguerris baissent la garde, il arrive que surgisse une vague qui parfois atteint trente mètres de haut.
Pour pouvoir raconter, il a bien fallu que certains survivent à la vague scélérate. » 

Cameroun, 2018. Ndolo Elimbi, avocate lumineuse et héroïque, est emprisonnée pour s’être élevée contre un pouvoir autoritaire. Au cœur de ce régime, la redoutable commissaire Zeinabou n’ignore rien de ses faits et gestes, ni de son amour pour Enow, le charismatique opposant désormais en exil. Mais l’ennemi n’est pas toujours celui que l’on croit… Dehors, la colère enfle, la répression se durcit.
Ce tableau envoûtant du Cameroun contemporain déroule aussi le destin d’une Afrique fragile et tend un miroir féroce à toutes les dictatures. Hemley Boum signe une vaste fresque sur le désenchantement des peuples, les ressorts de la corruption et la puissance des femmes lorsqu’elles s’allient.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :  

Hemley Boum a grandi à Douala.Elle a notamment reçu le prix des lycéens Folio pour Les jours viennent et passent (Gallimard, 2019) et le prix des Cinq Continents de la francophonie pour Le rêve du pêcheur (Gallimard, 2024). Nos vies sauvages est son sixième roman.

 

 

Avis :

Quand la violence politique et la corruption brisent les espoirs démocratiques du Cameroun, Hemley Boum imagine une riposte à hauteur de femmes. Son sixième roman explore les liens de solidarité qui se tissent contre l'arbitraire du pouvoir et les violences masculines.

Ndolo Elimbi, avocate issue de la haute bourgeoisie de Yaoundé et figure montante d'un grand cabinet d'affaires, a basculé dans le militantisme pour les droits de l'homme et la démocratie après les révoltes populaires de 2008. Emprisonnée, elle ressasse son parcours en s’adressant à son amour perdu de jeunesse, Enow Alaka, un juriste international que son opposition au régime a contraint à l’exil. Elle est encore loin de réaliser à quel point la dissidence est elle-même gangrenée par la corruption et la trahison. La commissaire Zeinabou Ndam, figure secrète des services de renseignement, le sait mieux que quiconque. Tout en accomplissant scrupuleusement ses missions d'infiltration, elle entend elle aussi oeuvrer, « par la force, la raison ou la ruse », à un « Cameroun meilleur pour ses enfants ».

Livre de la lucidité quant à la fragilité des engagements politiques, ce thriller hanté par la trahison est d’abord un constat d’échec, lorsque, la corruption minant jusqu’aux réseaux d’opposition, le pourrissement des institutions et des discours semble désespérément général. Entre ambitions personnelles, rivalités et compromissions, la dissidence perd ici toute aura héroïque pour laisser place au désenchantement, la lutte pour la démocratie ayant contre elle, au-delà d’un simple régime, les logiques de prédation liées à l’exercice du pouvoir. Le roman cherche alors d’autres voies de résistance, moins frontales, capables de déjouer un univers fondé sur la brutalité et la prééminence masculines. Hemley Boum les situe dans les solidarités féminines, ces réseaux de protection et d'entraide qui, sans remédier au marasme politique et moral, permettent encore de préserver des espaces de confiance. 

Politique mais sans militantisme, laissant situations et destinées porter elles-mêmes la charge critique, le récit reste profondément romanesque dans sa manière de ménager ses effets. De secrets en retournements, au gré des jeux de loyautés, la tension s’installe d’autant mieux qu’aucun personnage n’apparaît univoque et que, défenseurs de la démocratie comme serviteurs du régime, tous se révèlent en proie à leur part d’ambiguïtés. Ainsi se croisent les points de vue, issus d’univers sociaux et idéologiques antagonistes, chacun tantôt lucide sur les réalités du pouvoir, tantôt sujet aux aveuglements et aux accommodements. Le tout y gagne en force d’incarnation, tant l’écriture se frotte à la réalité des êtres et des lieux. Des geôles étouffantes de Yaoundé à la moiteur des rues, le chaos politique se vit dans la chair et l’usure morale, dans une vérité quotidienne qui prend toute sa dimension tragique et élève la parole de ces femmes au rang d’un grand chant de rébellion. (4/5)

 

 

Citations :

Dieu, le président, son époux, son fils – dans cet ordre : tel était le panthéon de la mère de Zeinabou, les matériaux dans lesquels était bâti le mur porteur de sa vie. La maison était sa prérogative exclusive et le père Ndam n’avait pas osé s’opposer à ses choix. Comment cela aurait-il été interprété ? Contre qui aurait-il pu s’élever : Dieu ? Le président ? Non seulement il n’avait pas protesté, mais il avait bruyamment approuvé. 
La terminologie gouvernementale était à ce point inscrite dans leur intimité que son époux disait en parlant d’Aïcha : « Je vous présente mon ministre de l’Intérieur, la femme qui a la gentillesse de m’offrir le gîte et le couvert tant que je me tiens bien. » Il théâtralisait le rôle de sa femme : « Je ne sais même pas où sont rangés les verres dans cette maison. » Et tout le monde trouvait cela d’une incroyable fraîcheur. Personne n’attendait sérieusement du père Ndam qu’il s’occupe des tâches ménagères, il lui suffisait de faire preuve de cette feinte humilité, qui passait pour du respect, de la considération. Aïcha Ndam s’enorgueillissait de la situation, quand bien même il y avait deux femmes de plus et des enfants d’autres lits car c’est surtout cela que l’islam offrait au père de Zeinabou : la possibilité d’être polygame sans demander la permission ni avoir à s’en expliquer. Chacune étant ministre de son propre intérieur.


La corruption était pire que la torture ou le bannissement, elle vous atteignait à l’endroit, dans votre espace intime, où toute foi se putréfie. Biya ne tuait que rarement ses opposants, il se contentait d’en faire des êtres avides, petits, puants. Il les abîmait aussi sûrement que la rouille corrompt le fer le plus pur : sans possibilité de réparation.


Théodore Fokam l’avait scruté grâce à la caméra installée à dessein. Il voulait savoir à quel type d’homme il avait affaire. Les comptes-rendus de ses agents étaient circonstanciés, mais rien ne valait l’observation du langage corporel d’un homme qui ne se savait pas espionné. Au bout d’un moment, il avait considéré s’être fait une idée assez juste du bonhomme, qu’il avait classé dans la catégorie des sans envergure et sans courage, celle des obéissants. Lorsqu’ils avaient l’impression qu’on leur avait manqué de respect, qu’on leur avait dérobé le peu de dignité dont ils croyaient disposer, ces hommes-là devenaient les pires ou peut-être les meilleurs traîtres dont on pût disposer. Il en avait tant rencontré qu’un léger sentiment de lassitude monta en lui, aussitôt réprimé : pour être parfaitement efficace, il avait bien besoin de la pléthore de Pascal Motassi que comptait ce pays.


Tu me l’as dit cent fois, maman, une femme doit savoir faire le canard, le visage tranquille, imperturbable, tandis qu’en dessous tu rames éperdument. Une femme doit fendre les eaux avec sérénité et ne rien laisser deviner de ce qu’il lui en coûte. Tu m’as dit “Lorsque la vie devient trop confuse et douloureuse, agrippe-toi à tes devoirs. Contente-toi de faire ce que tu dois. Fais le geste : tu te lèves le matin, tu prends ta douche, tu t’occupes des tiens et tu vas travailler, puis tu reviens, tu prends soin de ta famille et la journée se passe. Simule la vie, un matin après l’autre et un jour tu t’apercevras que la machine est repartie et que ça va, tu n’es pas morte”. 

 

 

Du même auteur sur ce blog :

 
  

samedi 6 juillet 2024

[Boum, Hemley] Le rêve du pêcheur

 


 


Coup de coeur 💓

 

Titre : Le rêve du pêcheur

Auteur : Hemley BOUM

Parution : 2024 (Gallimard)

Pages : 352

Accès au livre : ISBN 9782073032423   
                           en librairie

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

« Dans l’avion qui me menait au loin, j’ai eu le sentiment de respirer à pleins poumons pour la première fois de ma vie et j’en ai pleuré de soulagement. On peut mourir mille morts, un peu à la fois, à essayer de sauver malgré lui l’être aimé. J’avais offert à Dorothée mon corps en bouclier, mon silence complice, le souffle attentif de mes nuits d’enfant et en grandissant l’argent que me rapportaient mes larcins, sans parvenir à l’arrimer à la vie. Je pensais ne jamais la quitter mais lorsque les événements m’y contraignirent, j’hésitai à peine. C’était elle ou moi. »

Zack a fui le Cameroun à dix-huit ans, abandonnant sa mère, Dorothée, à son sort et à ses secrets. Devenu psychologue clinicien à Paris, marié et père de famille, il est rattrapé par le passé alors que la vie qu’il s’est construite prend l’eau de toutes parts... À quelques décennies de là, son grand-père Zacharias, pêcheur dans un petit village côtier, voit son mode de vie traditionnel bouleversé par une importante compagnie forestière. Il rêve d’un autre avenir pour les siens…
Avec ces deux histoires savamment entrelacées, Hemley Boum signe une fresque puissante et lumineuse qui éclaire à la fois les replis de la conscience et les mystères de la transmission.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur : 

Hemley Boum, d’origine camerounaise, vit en région parisienne. Elle a reçu plusieurs prix littéraires, notamment le prix Ahmadou Kourouma pour Les jours viennent et passent (Éditions Gallimard, 2019), traduit en plusieurs langues. Le rêve du pêcheur est son cinquième roman.

 

 

Avis :

Calmes de part et d’autre de l’embouchure, c’est pourtant dans le fracas que les eaux foncées du fleuve Ntem rencontrent celles plus claires de l’Atlantique. A l’image de cette confluence tumultueuse, depuis le village de pêcheurs de Campo jusqu’à Paris et les traumas de l’exil, la romancière camerounaise Hemley Boum raconte le parcours sur plusieurs générations d’une famille de son pays et, à travers elle, les rapports historiques entre la France et l’Afrique.

Ils s’appellent tous deux Zacharias, l’un le grand-père, l’autre le petit-fils, mais ils ne se connaissent pas. Lorsque le récit s’ouvre, le premier est pêcheur à Combo et coule des jours paisibles entre sa femme Yalana et leurs deux petites filles. Il n’a pas encore succombé aux nouveaux rêves  – moto, radio, frigo… – qui vont bientôt surgir à crédit dans le sillage d’une société forestière étrangère, d’une coopérative, puis d’une compagnie de chalutiers. Le chapitre suivant nous montre le second, Zack, en proie quelque trente ans plus tard à une crise d’angoisse sur un trottoir de Paris. Etabli en France où il est devenu psychologue, il a tiré un trait, croit-il, sur le passé et son enfance dans l’un des quartiers les plus misérables de Yaoundé, là où sa mère, en rupture avec sa famille, l’élevait seule en se prostituant. Que s’est-il passé entre les deux époques ? C’est ce que, entre Combo, Yaoundé et Paris sur un intervalle d’un demi-siècle, la narration va peu à peu restituer, retraçant, d’un inconscient familial à un inconscient collectif, à mesure que le « je » de Zack renoue avec la troisième personne des récits familiaux, une géographie autant intime qu’universelle des relations franco-africaines.

« Ma vie était une étoffe fragile retenue comme par une multitude de nœuds. Si j’en défaisais un, le reste partirait en lambeaux ». Parti sans se retourner pour oublier un passé se résumant à ses yeux à la déchéance misérable et solitaire de sa mère et à l’unique perspective de la délinquance et de la violence, Zack qui ne connaît pas l’histoire des siens, privés d’ancrage après l’arrachement à leur culture ancestrale, a hérité de blessures qui, ignorées, l’empêchent d’autant plus de se bâtir un avenir. « J’essayais de devenir quelqu’un d’autre mais je ne savais pas qui, ni comment faire. » Désespéré de se conformer jusqu’à se renier et se rendre invisible, refusant d’admettre jusqu’aux discriminations subies par refus du racisme, le jeune homme va devoir se réapproprier le passé pour se construire une identité et dépasser les traumatismes du déracinement et de l’exil.

De la solidarité villageoise dans la tradition africaine au mercantilisme occidental, Hemley Boum montre l’aliénation d’une Afrique amenée sans transition à renier ses valeurs culturelles pour se conformer à un modèle dit « supérieur », menant en réalité les personnages à la ruine, l’humiliation et la perte d’identité. Pour penser l’avenir, l’Afrique doit d’abord se réconcilier avec elle-même. Voilà toute la portée de ce roman aussi didactique qu’attachant qui, au fil d’une plume fluide, précise et profonde, jamais manichéenne, prête superbement la puissance d’évocation et l’émotion de la fiction à une voix désormais l’une des plus percutantes de la littérature camerounaise. Coup de coeur. (5/5)


 

Citations :

Si nous restions dans cet environnement, des actes comme celui-là deviendraient notre quotidien. Il y a toujours une bonne raison de s’en prendre à quelqu’un, une bonne occasion. Ce n’était pas tant le goût de l’argent facile que l’absence de toute autre possibilité de se projeter dans un avenir désirable. Nous n’étions pas prêts à nous résigner, à nous contenter de la périphérie dans laquelle la vie nous maintenait. Et nous n’étions pas les seuls. Les jeunes de notre quartier bouillonnaient de colère et de frustration. Filles et garçons se lançaient dans la ville avec l’idée arrêtée de se faire à tout prix une place au soleil. La démarche était rarement honnête mais on s’en fichait. Cela occasionnait une nette rupture avec l’ancienne génération qui s’était contentée d’occuper docilement sa place. Elle ne nous comprenait pas, nous l’effrayions. Le père d’Achille avait noté son peu d’intérêt pour la vente de fripes et cela créait des tensions dans la maison surpeuplée : « Tu as quoi à reprocher à un travail qui m’a permis de nourrir ma famille ? Ce n’est pas assez bien pour toi ? Il n’y a pas de sots métiers, fils, il n’y a que des sottes gens. Si tu veux devenir feyman comme les autres jeunes du quartier, tu verras toi-même où ça mène. » Nous, nous savions qu’il y avait une profusion de sots métiers. Ceux qui ne vous instruisent pas, qui vous épuisent sans rétribution compensatrice, et que gagner de quoi nourrir sa famille au jour le jour comme unique horizon ne nous suffisait pas. Nous étions des débrouillards d’une nouvelle trempe. La prochaine victime nous coûterait moins d’atermoiements, mieux, nous allions la repérer, nous organiser et, sans états d’âme, devenir aussi violents que nécessaire.
 

Ici, on savait quand on entrait, jamais quand on ressortait. Seuls les plus chanceux, ceux qui avaient des relations, pouvaient prétendre passer devant un tribunal. Certains attendaient encore leur procès après des années d’incarcération. Tout était aléatoire. Ils étaient peu nombreux à pouvoir se payer les services d’un avocat et de toute façon, le recours à un conseil juridique était considéré par les magistrats comme un affront personnel. Les pots-de-vin, les vexations et les sentences n’en étaient que plus importants. Zacharias avait découvert un univers si absurde, si cauchemardesque pour les plus démunis qu’il avait encore du mal à imaginer que cela puisse exister. Est-ce que les gens dehors savaient que certains d’entre eux, au cœur même de la ville dans laquelle ils vivaient, étaient entassés et traités comme personne n’oserait traiter une bête ? À quoi et à qui servait cet endroit ? Qui avait pu imaginer un enfer de cette envergure ? Ces deux années avaient été une longue traversée du désert. Il avait côtoyé des bandits endurcis, mais aussi de pauvres hères qui se retrouvaient là parce qu’ils avaient offensé un dignitaire quelconque. Ils n’avaient aucun droit, moins du fait de leur faute que de leur pauvreté, de leur incapacité à se défendre. Certains continuaient de recevoir de la visite, un peu de nourriture, mais la plupart avaient été abandonnés par des familles qui ne parvenaient que difficilement à subvenir à leurs propres besoins. Tous finissaient par s’adapter à la dure loi de la prison, celle du plus fort, du plus féroce. Les riches, ceux qui se retrouvaient là pour des accusations de corruption, étaient placés dans une aile plus décente et bénéficiaient d’un traitement de faveur : ils avaient même des avocats. Mais il semblait à Zacharias que du haut en bas de l’échelle, tous étaient emprisonnés par la décision arbitraire d’un plus puissant.
 
 
Je suis comme beaucoup d’immigrés, à chaque dégradation, délit, crime, chaque fois qu’un fait divers s’étale à la une des journaux, ma première pensée ne va pas à la victime, mais à la personne incriminée. Je pense d’emblée : « Pourvu que ce ne soit pas un Noir. » Il n’y a pas de singularité possible, nous sommes une communauté pour le pire. Les meilleurs d’entre nous, ceux qui se distinguent positivement, sont français, les pires sont ramenés à leur statut d’étrangers. Rien n’est acquis, le premier imbécile venu peut vous dire : « Rentrez chez vous », comme on vous foutrait à la porte.


Tous les récits d’exil et de dérobade se déclinent au moins en deux temps : ce qu’on a réellement traversé et ce que les autres, ceux qu’on supplie de nous accueillir, ceux à qui nous sommes tenus de montrer notre meilleur profil, sont capables d’entendre. Il s’agit moins de l’indicible que de l’inaudible. Du tri féroce que l’on s’impose pour ne pas risquer d’être exclu. 


Chaque fois que nous faisons un choix, nous renonçons à autre chose et parfois nous nous trompons, nous voudrions revenir en arrière, savoir ce qu’aurait été notre existence si nous avions opté pour tel chemin plutôt que tel autre. Nous fantasmons ce qui aurait pu être, ce qui est à jamais perdu. Ils sont conçus dans nos désirs déchirants, contradictoires : il faudrait ne rien avoir vécu pour espérer échapper aux regrets. 


Nous consommons tout ce qui nous vient des eaux. Les rivières, le fleuve, la mer sont notre garde-manger naturel et le crocodile est un gibier de choix destiné aux grandes occasions, aux personnes à qui l’on tient à exprimer son respect. Normalement les femmes n’y ont pas droit, mais ici tu n’as que des femmes-hommes, c’est-à-dire ménopausées. Elles ne sont plus concernées par les interdits alimentaires. 


 

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