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vendredi 27 septembre 2019

[Cournut, Bérengère] De pierre et d'os






Coup de coeur 💓

Titre : De pierre et d'os

Auteur : Bérangère COURNUT

Année de parution : 2019

Editeur : Le Tripode

Pages : 219






 

 

Présentation de l'éditeur :

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman)

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.

Édition augmentée d'un cahier de photographies.


Un mot sur l'auteur :

Bérengère Cournut est née en 1979.

Ses premiers livres exploraient essentiellement des territoires oniriques, où l'eau se mêle à la terre (L'Écorcobaliseur, Attila, 2008), où la plaine fabrique des otaries et des renards (Nanoushkaïa, L'Oie de Cravan, 2009), où la glace se pique à la chaleur du désert (Wendy Ratherfight, L'Oie de Cravan, 2013).

D'une autre manière, Bérengère Cournut a poursuivi sa recherche d'une vision alternative du monde : en 2017, avec Née contente à Oraibi (Le Tripode), roman d'immersion sur les plateaux arides d'Arizona, au sein du peuple hopi ; en 2019, avec De pierre et d'os (Le Tripode, prix du roman Fnac). Elle a bénéficié pour ce roman d'une résidence d'écriture de dix mois au sein des bibliothèques du Muséum national d'Histoire naturelle. Entretemps, un court roman épistolaire lui est venu, Par-delà nos corps, paru en février 2019.


Avis :

Lorsqu'une faille déchire soudain la banquise, la jeune Inuit Uqsuralik se retrouve séparée des siens, aussitôt confrontée à la question de sa survie, seule dans les conditions extrêmes de l'Arctique. Dans ce milieu hostile, sa seule chance est de parvenir à rejoindre un groupe de ses semblables, puis de s'en faire accepter. Commence alors pour elle le long apprentissage d'une vie rude, souvent éprouvante, mais riche de joies, d'amour et de tendresse au sein de son clan d'adoption, dans le respect d'un environnement naturel aussi magnifique que terrible, peuplé d'esprits omniprésents qu'elle apprend à connaître au travers du chamanisme.

Bérengère Cournut s’est livrée à un immense travail d’imprégnation, explorant les connaissances ethnologiques d’un très grand fond documentaire, avant de nous inviter à cette immersion dans l'ancestrale culture Inuit, en compagnie de personnages imaginés mais qui semblent profondément authentiques et représentatifs.

Le récit, porté par une écriture sobre et fluide, est aussi captivant que dépaysant, et ne peut que serrer le coeur quand on sait les difficultés rencontrées depuis un siècle par le peuple Inuit pour conserver un territoire et maintenir une culture et des traditions malmenées par la modernité.

Ce livre, véritable odyssée dans un monde aujourd’hui en voie de disparition, où s’organise une existence nomade, centrée sur la chasse, le partage et la vie communautaire, est à la fois un roman d’aventures, un récit d’apprentissage, une expérience ethnographique, un conte poétique, et, en tous les cas, un excellent moment de lecture. Coup de coeur. (5/5)


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mardi 5 mars 2019

[Hermary-Vieille, Catherine] Lord James






J'ai moyennement aimé

Titre : Lord James

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2006

Pages : 478









 

Présentation de l'éditeur :   

Il est séduisant, d'une folle bravoure, éperdument attaché à son Écosse natale. Dans un pays déchiré par les guerres de religion, le protestant James Hepburn a choisi son camp : celui des catholiques. Dénoncé, calomnié, il part en exil et rejoint la cour de France. Cette existence tumultueuse le conduira jusqu'aux bras de sa souveraine, la troublante, sensuelle et trop vulnérable Marie Stuart. Un amour fou qui les mènera à leur perte. Passionnée par l'Histoire et ses destins tragiques, Catherine Hermary-Vieille réhabilite un homme long temps décrit comme un aventurier sans foi ni loi. Complots, drames, mystères... alternant les pires revers et les plus éblouissantes fortunes, dans ce XVIe siècle aussi fascinant que sanglant, Lord James s'impose enfin non pas comme un amant royal mais comme le digne compagnon d'une grande reine.

 

 

Avis :

James Hepburn, comte de Bothwell, est l’un de ces seigneurs de guerre indomptables et en perpétuelle rébellion de l’Ecosse encore féodale du XVIème siècle. Dans un contexte agité de constantes guerres de clans, d’alliances mouvantes et de trahisons multiples pour le pouvoir, toujours à l’ombre de l’éternel ennemi qu’est l’Angleterre, cet homme finira par devenir le troisième époux de la reine d’Ecosse Marie Stuart : très peu de temps, car la guerre civile qui s’ensuivit força le couple à fuir, elle en Angleterre, lui en Norvège, alors possession danoise. Il y fut emprisonné de longues années dans des conditions effroyables. C’est depuis sa terrible geôle que son histoire nous est contée, par flash-backs. 

Pas de suspense donc dans cette biographie romancée, que j’ai peiné à suivre tant elle m’a semblé désespérante et compliquée : quel maquis que ce jeu de perpétuels conflits entre les clans écossais… J’ai préféré la biographie romancée de Marie Stuart par Stefan Zweig. Le portrait qu’en fait Catherine Hermary-Vieille m’a surprise : j’ai eu l’impression d’une femme fragile, sujette aux maladies somatiques et aux erreurs de décision, très soumise à son amant puis mari qui prend toutes les initiatives. 

Comme d’habitude, la documentation historique est solide et l’ouvrage de qualité. Mais cette fois, je suis restée étrangère à tout plaisir de lecture, découragée par l’issue désespérée de cette histoire, à peine consolée par l’extraordinaire présence des paysages écossais et le formidable attachement des personnages à cette terre si belle et si austère. (2/5)