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vendredi 2 août 2019

[Belding Brown, Amy] L'envol du moineau





J'ai moyennement aimé

 

Titre : L'envol du moineau (Flight of the Sparrow)

Auteur : Amy BELDING BROWN

Traductrice : Cindy COLIN KAPEN

Parution : 2014 en américain (Berkley)
                2019 en français (Cherche Midi)

Pages : 464



 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :   

D’après des faits réels, le superbe portrait d’une femme découvrant la liberté au milieu des Indiens.
Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces « sauvages » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour « à la normale », dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?

Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la « civilisation » s’est efforcée d’anéantir.

« Dès la première page, Amy Belding Brown propulse le lecteur directement au cœur sombre de l’Amérique puritaine du XVIIe siècle et ne le lâche plus jusqu’à la fin. Ce livre, basé sur un travail de recherche monumental, est une chronique passionnante des premiers antagonismes entre le monde des Indiens et celui des Blancs. Inspiré d’une histoire vraie, c’est un superbe roman à la fois violent, tragique, courageux et édifiant. Notre cœur bat au rythme de celui de l’héroïne, cette femme extraordinaire qui, en dépit de tout, non seulement survit, mais triomphe de son destin. » Jim Fergus

 

 

Un mot sur l'auteur :

Amy Belding Brown vit dans le Vermont. L’Envol du moineau est son premier roman publié en France.

 

 

Avis :

Mary Rowlandson est un personnage réel : en 1675, cette épouse de pasteur puritain d'origine anglaise fut enlevée avec ses enfants lors de l'attaque par les Indiens de sa petite ville du Massachusetts, près de Boston. Sa captivité dura onze semaines, pendant lesquelles elle partagea l'errance de ses ravisseurs poursuivis par l'armée américaine. Elle fut finalement libérée moyennant rançon, et relata son aventure dans un ouvrage à orientation très religieuse, qui, à quelques nuances près, évoque la brutalité et la bestialité qu'elle voyait chez les Indiens, et qui fit sensation à l'époque : The Sovereignty and Goodness of God: Being a Narrative of the Captivity and Restoration of Mrs.Mary Rowlandson.

Amy Belding Brown s'est inspirée de ces faits historiques pour broder sa propre interprétation du personnage de Mary : elle a imaginé cette femme découvrant avec stupéfaction l'humanité d'un peuple réputé sauvage et cruel dans l'esprit des blancs de l'époque, ainsi qu'une liberté alors inconnue chez les femmes de sa propre communauté. Ce choc culturel marque cette Mary fictive au point de lui faire regretter sur certains plans son retour à la "civilisation".

Si ce roman a le mérite de rectifier le cliché du gentil cow boy et du méchant indien qui a longtemps prévalu jusqu'à la grande époque des westerns, j'ai malheureusement eu une nette et constante impression d'anachronisme : ne parvenant pas à croire à un si rapide changement d'état d'esprit chez une femme imprégnée de sa culture puritaine et de ses certitudes religieuses, je n'ai pu me départir de la gênante impression de raisonnements et de sentiments empruntés à notre époque récente, et globalement incongrus chez un personnage tel que Mary.

Ce décalage s'assortit par ailleurs d'une large place accordée à la romance sentimentale : notre héroïne, issue d'une communauté si prude et si sûre de sa supériorité, sous le choc de la mort violente des siens, de la perte de sa fille, de la séparation d'avec ses autres enfants également capturés, blessée et soumise aux affres de la faim, réussit, le temps de sa courte captivité, à vivre une idylle en tout bien tout honneur avec un Indien gentleman.

Je ressors donc globalement déçue de cette lecture, certes rédigée dans un style agréable et riche de bonnes intentions à l'égard d'un peuple indien qui fut décimé par les blancs, mais qui m'a semblé un tantinet naïve et complaisante, en un mot assez peu réaliste. (2/5)

mercredi 27 février 2019

[Diamant, Anita]




 

 

         BILAN DE LECTURE :


          5  Livres lus : 

 

          4  Coups de coeur (5/5)
          1  Aimé (3/5)


 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE :

Anita Diamant est américaine, née en 1951. Après des études de Littérature Comparée et d'Anglais aux Etats-Unis, elle a commencé sa carrière en 1975, comme journaliste freelance, publiant des articles dans des magazines (Boston Globe magazine, Parenting magazine, New England Monthly, Yankee, Self, Parents...). Elle est l'auteur de 5 romans, dont le plus connu est The Red Tent. Le plus récent, Boston Girl est également un best-seller. Elle a aussi écrit plusieurs guides de pratique juive contemporaine, ainsi qu'une autobiographie. Elle vit à Newton dans le Massachusetts. Elle y est la présidente fondatrice de Mayyim Hayyim : centre spirituel et éducatif autour du Mikvé (bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté familiale dans le judaïsme. C'est l'un des lieux centraux de la vie communautaire juive, avec la synagogue et l'école juive).


BIBLIOGRAPHIE (uniquement les romans) :

(Les 💓 indiquent mes coups de coeur et leur intensité)

 

💓💓  The Red Tent (1997), en Français : La tente rouge (2000)
    -      Good Harbor (2002)
  💓    The Last Days of Dogtown (2005) 
  💓    Day After Night (2009)
  💓    The Boston Girl (2014), en Français : Boston Girl (2016)


THEMES RECURRENTS :

Religion juive, place du féminin dans notre civilisation, portraits de femmes, région de Cape Ann / Boston / Dogtown (Massachusetts, côte Nord-Est des USA)

[Diamant, Anita] Boston Girl






Coup de coeur 💓

 

Auteur : Anita DIAMANT

Traducteur : Sarah DALI

Titre : Boston Girl

Parution originale : 2014 chez Scribner

Parution française : 2016 chez Hugo Roman 

Pages : 342






 

 

Présentation de l'éditeur :  

The Boston Girl, c’est Addie Baum, née en 1900 de parents immigrés polonais, peu préparés et plutôt suspicieux à l’égard de la culture américaine qui tentent d’élever leurs trois filles dans la tradition juive de l’Europe de l’Est. Mais la curiosité et l’intelligence d’Addie la propulse dans un tout autre monde, fait de jupes courtes, de films, de livres et de nouvelles opportunités pour les femmes. Un monde dans lequel une fille termine le lycée, va à l’université, a une carrière et trouve l’amour par elle-même.

Le récit commence en 1985, lorsque la petite-fille d’Addie lui demande :  "Comment es-tu devenue la femme que tu es aujourd’hui ?" Et Addie, alors âgée de 85 ans, entreprend le récit de sa vie, à partir de 1915, année où elle rejoint un groupe de lecture pour filles, découvre sa voie et se fait des amis qui lui permettent de fuir son quotidien. Petit à petit, elle envisage un avenir différent, bien loin de celui de sa famille et ces changements ne se feront pas sans souffrance et sacrifice ; avec en arrière-plan les transformations culturelle et politique de l’époque telles que le mouvement des Suffragettes ou l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Addie raconte son parcours avec tendresse pour la jeune fille naïve qu’elle était, avec empathie pour la femme qu’elle est devenue, le tout avec humour. Ainsi voir cette jeune femme s’élever de sa condition, trouver son chemin grâce à la littérature, et traverser les bouleversements sociopolitiques du début du XXe siècle est absolument réjouissant et captivant.

Anita Diamant dresse un magnifique portrait d’une femme qui, tout à la fois représente et a contribué à créer, la définition de la femme moderne.
  

 

Avis :

Addie Baum naît à Boston en 1900, de parents pauvres, juifs polonais fraîchement immigrés. Alors que ceux-ci tentent, envers et contre tout, d'élever leurs enfants dans la tradition juive, Addie fait tout pour s'intégrer dans la société américaine et devenir une femme moderne. Au fil des évènements majeurs du XXème siècle, elle va vivre l'émancipation féminine : travailler, opérer des choix nouveaux pour l'époque, faire preuve d'indépendance. 

Anita Diamant nous livre un beau portrait de femme, vivant et attachant, reflet de tout le chemin parcouru par la condition féminine en un siècle. Le récit est porté par la voix d'Addie, qui, vieille dame, se raconte à sa petite-fille. Cela apporte à l'histoire une intéressante mise en perspective et une touchante coloration légèrement nostalgique. Addie est une femme de tempérament et sa vie riche en rebondissements s'avère captivante. Peut-être un peu trop pour être totalement réaliste ? Addie incarne l'émancipation progressivement acquise de la femme moderne, l'optimisme, la volonté et le succès. Elle réussit tout ce qu'elle touche, quand nombre des femmes qui l'entourent illustrent les drames auxquels elle échappe : mariages arrangés malheureux, opprobre en cas de relations hors mariage, suicides, avortements clandestins, maltraitance, impossibilité de faire des études... La réalité est sans doute plus subtile et plus compliquée, plusieurs générations s'avérant souvent nécessaires pour réussir les grandes mutations. 

Quoi qu'il en soit, même si peut-être parfois un peu trop simpliste et rapide, ce roman est à la fois intéressant (que de chemin parcouru en un siècle !) et très plaisant à lire. On retrouve ici plusieurs thématiques récurrentes dans l'oeuvre d'Anita Diamant : la judaïcité, de beaux portraits de femmes, la côte du Massachusetts (Boston, Cape Ann, Dogtown), dans une version encore une fois complètement différente de celle de ses précédents romans, et elle aussi hautement recommandable. Coup de coeur. (5/5)


Du même auteur sur ce blog : 



[Diamant, Anita] Good Harbor





J'ai aimé

Auteur : Anita DIAMANT

Titre original : Good Harbor

Parution originale : 2002

Editeur : Scribner

Pas de traduction française

Pages : 256









Présentation de l'éditeur :  

Anita Diamant, whose rich portrayal of the biblical world of women illuminated her acclaimed international bestseller The Red Tent, now crafts a moving novel of contemporary female friendship.

Good Harbor is the long stretch of Cape Ann beach where two women friends walk and talk, sharing their personal histories and learning life's lessons from each other. Kathleen Levine, a longtime resident of Gloucester, Massachusetts, is maternal and steady, a devoted children's librarian, a convert to Judaism, and mother to two grown sons. When her serene life is thrown into turmoil by a diagnosis of breast cancer at fifty-nine, painful past secrets emerge and she desperately needs a friend. Forty-two-year-old Joyce Tabachnik is a sharp-witted freelance writer who is also at a fragile point in her life. She's come to Gloucester to follow her literary aspirations, but realizes that her husband and young daughter are becoming increasingly distant. Together, Kathleen and Joyce forge a once-in-a-lifetime bond and help each other to confront scars left by old emotional wounds.

  

Avis :

A Gloucester, sur la côte du Massachusetts, au Nord-Est des Etats-Unis, deux femmes se lient d'amitié : Kathleen, la soixantaine, bibliothécaire pour enfants, vient d'apprendre son cancer du sein, nouvelle qui la terrifie et fait ressurgir les fantômes de proches disparus. Joyce, la quarantaine, vient d'acquérir une résidence secondaire dans la ville, où elle se réfugie pour tenter d'écrire un roman et fuir un foyer désormais souvent déserté par un mari de plus en plus accaparé par son travail et leur fille en plein crise d'adolescence. 

L'écriture fluide et pleine de sensibilité rend la lecture plutôt plaisante. Toutefois, l'histoire, trop "ordinaire" à mon goût, n'a pas réussi à me captiver et ne me laissera pas de souvenir notable. En somme, le livre relate, sans profondeur particulière, le mal être de deux femmes banales dans une vie banale de nos jours aux Etats-Unis. Anita Diamant a choisi un environnement qu'elle connaît bien : elle habite la même région, pour laquelle elle partage ici son attachement, et elle fait elle aussi partie d'une communauté juive qui semble, d'après l'ensemble de ses publications, beaucoup compter pour elle. Au-delà de ses deux caractéristiques, rien de vraiment remarquable et donc un bilan en demi-teinte pour une lecture juste correcte qui sera vite oubliée. (3/5) 


En cliquant sur les titres, accédez à mes autres chroniques de livres d'Anita Diamant :

 

[Diamant, Anita] The Last Days of Dogtown


 

 

Coup de coeur 💓

 

Auteur : Anita DIAMANT

Titre : The Last Days of Dogtown

Parution : 2005

Editeur : Scribner

Pas de traduction française

Pages : 320








Présentation de l'éditeur :  

“An excellent novel. A lovely and moving portrait of society’s outcasts…affirms the essential humanity of its poor and stubborn residents, for whom each day of survival is a victory” (The New York Times Book Review).
Set on the high ground at the heart of Cape Ann, the village of Dogtown is peopled by widows, orphans, spinsters, scoundrels, whores, free Africans, and “witches.” Among the inhabitants of this hamlet are Black Ruth, who dresses as a man and works as a stonemason; Mrs. Stanley, an imperious madam whose grandson, Sammy, comes of age in her brothel; Oliver Younger, who survives a miserable childhood at the hands of his aunt; and Cornelius Finson, a freed slave. At the center of it all is Judy Rhines, a fiercely independent soul, deeply lonely, who nonetheless builds a life for herself against all imaginable odds.
Rendered in stunning, haunting detail, with Anita Diamant’s keen ear for language and profound compassion for her characters, The Last Days of Dogtown is an extraordinary retelling of a long-forgotten chapter of early American life.
  

 

Avis :

Anita Diamant a imaginé la vie des habitants d'un lieu aujourd'hui disparu : Dogtown, à l'époque du récit village moribond que ses derniers habitants quittent un à un. 

On retrouve le cadre géographique qui tient tant à coeur à Anita Diamant et qui abritait déjà son précédent roman (Good Harbor) : Cape Ann, sur la côte du Massachusetts, au Nord-Est des Etats-Unis. Cette fois, nous sommes au milieu du XIXème siècle. 

Dogtown est un surnom, car n'y subsistent que quelques parias et laissés pour compte, que les quolibets ravalent au rang de chiens. Dans ce village misérable en train de tomber en ruines, la vie n'est plus en fait qu'une survie. 

On y suit le destin des habitants : veuves, orphelins, prostituées, esclaves affranchis, ivrognes, autant de malheureux, pauvres diables, chiens perdus sans collier, que la ville voisine considère comme le rebut de la société, mais qu'Anita Diamant nous dépeint avec tendresse, dans toute leur humanité, leur détresse et leur dignité. 

Après ma déception à la lecture de Good Harbor, j'ai retrouvé ici avec plaisir le souffle épique qui animait La tente rouge. Dans un cadre et une atmosphère palpables et réalistes, se succèdent une série de portraits tous vivants, crédibles et attachants, avec leur lot de mesquinerie, de violence et de cruauté, mais aussi d'entraide et d'amour. La tonalité générale du livre est mélancolique et suscite l'émotion. Coup de coeur. (5/5)


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