J'ai beaucoup aimé
Titre : Et si je renaissais de mes blessures ?
Auteur : Dominique GODFARD
Parution : 2026 (Cinq Sens)
Pages : 138
Présentation de l'éditeur :
À l’origine des différentes étapes de l’épreuve, l’hôpital de toutes les douleurs où l’autrice a été opérée de ses lombaires en 2024. Puis sa découverte de la résidence Vivage où elle s’installe peu à peu, fait des rencontres, assiste à des animations ou à des anniversaires, s’habitue tout doucement, sans délaisser ses goûts pour la lecture ni l’écriture. Au fil de ses observations, elle tente de mettre en avant des éléments qui pourraient participer à l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées et d’inventer une sorte de jeunisme à l’envers, ce que l’on pourrait appeler du « vieillisme » si, un jour, le néologisme entre dans nos mœurs !
Le mot de l'éditeur sur l'auteur :
Née à Casablanca en 1941, Dominique Marie Godfard habite aujourd'hui Saint-Germain-du-Corbéis, dans l'Orne. D'abord nouvelliste, elle s'est tournée en 1999 vers le roman (LA PAMPA). Ses dernières publications : Le bus pour Drancy (roman, 2014), Une année percheronne (Journal, 2015), Le bonheur passait, il a fui ! (nouvelles, 2016), Variations sur le regard (billets, 2018), L'accourue en son jardin percheron (Journal, 2019), Le conflit de l'an 2040 (roman, 2021) et Vieillir, c'est vivre... (récit, 2022).
Avis :
Depuis toujours passionnée d’écriture, elle raconte son arrivée dans « une résidence pour seniors un peu abîmés mais pas trop » après une opération éprouvante, et la manière dont elle apprivoise ce nouvel environnement. Le livre déroule, par petites touches, la vie quotidienne d’un lieu où se mêlent solitude, routines obligées, gestes discrets de solidarité et moments de légèreté inattendue. L’auteur y décrit les apprentissages nécessaires, les limites à accepter et les relations qui se tissent, mais aussi les pensées qui surgissent quand le corps devient empêchement. À travers ces scènes concrètes et ces réflexions intimes, elle offre un regard direct sur sa détermination à ne pas céder au repli.
Conjuguant lucidité et légèreté pour mieux donner à voir la vieillesse dans toute sa complexité, Dominique Godfard explore avec finesse les transformations du corps, les ajustements du quotidien et les émotions qui traversent cette période de fragilité. Son écriture, précise et souvent teintée d’humour, met en valeur les détails du réel et ouvre des pistes de réflexion sur la dépendance, la vulnérabilité et la capacité à se réinventer. Son amour de la littérature accompagne chaque étape, les citations qu’elle glisse au fil des pages devenant des appuis, presque des compagnons de route, qui éclairent son expérience. Sa sincérité touchante, la justesse de son regard et la force de résilience qui transparaît dans son récit forcent l’admiration et dessinent un véritable art de composer avec le réel, une manière de boire jusqu’au bout chaque goutte encore offerte par la vie.
Ouvrage bref, sans volonté d’exhaustivité, ce livre séduit par l’authenticité de sa démarche, chaque page semblant porter la trace d’un travail intérieur qui ne va pas de soi. On mesure ce que cette écriture a exigé de lucidité, de patience et de courage. Surtout, elle témoigne d’une volonté de transformer une épreuve intime en parole partagée, de rester debout face à ce qui bouscule, et de rendre cette traversée utile en proposant au lecteur des amorces de réflexion, des pistes discrètes mais fécondes pour penser à notre tour ce qui nous attend tous, un jour ou l’autre. (4/5)
Citations :
A cette lassitude indissociable de la vieillesse, s’entremêle un problème de temps puisqu’on comprend qu’il ne fait plus le dilapider, que la réserve se tarit de jour en jour le rendant toujours plus précieux… si ce n’est qu’on ne parvient pas à le remplir correctement ou selon ses désirs car les forces viennent à manquer ! Cruel dilemme puisqu’au moment où il faudrait optimiser son temps, c’est aussi l’heure d’une fatigue abyssale qui réduit la personne âgée à une quasi-impuissance…
Avant de répondre aux attentes des seniors, encore faudrait-il s’interroger sur celles-ci ainsi que sur le bien-fondé des réponses à apporter. Or, je constate que, quels que soient les activités, les sorties ou les films proposés, domine l’idée que la personne âgée a une préférence pour le passé, la facilité et ce qu’elle a déjà aimé… De découvertes ou de nouveautés, point n’en faut car on s’attache pas à stimuler les vieux cerveaux fatigués mais à leur plaire.
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