vendredi 26 juillet 2019

[Tharreau, Estelle] Mon ombre assassine




 


J'ai beaucoup aimé

Titre : Mon ombre assassine

Auteur : Estelle THARREAU

Année de parution : 2019

Editeur : Taurnada

Pages : 260






 

 

Présentation de l'éditeur : 

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d'une femme manipulatrice et cynique.
Celle d'une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.



Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Après avoir travaillé dans le secteur privé et public, cette passionnée de littérature sort son premier roman en 2016, Orages, suivi de L'Impasse en 2017. Depuis, elle se consacre entièrement à l'écriture.


Avis :

Nadège Solignac a été arrêtée pour la mort d'un policier qui aurait tenté de la violer et qu'elle aurait tué en état de légitime défense. L'enquête révèle une série troublante d'accidents mortels partout où passe la jeune femme, mais scandalise l'entourage de cette institutrice modèle, si gentille et si appréciée de tous. 

Alors que se succèdent les témoignages, sans exception en sa faveur, Nadège nous livre en privé sa confession, relatant son enfance maltraitée, ses peurs et sa haine, la constitution progressive de sa personnalité de psychopathe, son comportement de façade soigneusement étudié pour donner le change, les meurtres commis sans émotion ni remord, son mépris des sentiments humains et des règles sociales, ses avertissements et ses menaces à votre encontre, vous qui ne vous méfiez aucunement de cette manipulatrice aux deux visages, et qui ignorez tout de son ombre assassine qui vous frôle peut-être à votre insu.

En alternant le récit intime de la meurtrière et la perception en complet décalage de son entourage, ce roman donne à comprendre, de manière saisissante et perturbante, ce qu'est la psychopathie, cette déficience des émotions et du contrôle des impulsions, cette inadaptation menant à des conduites antisociales, mais aussi comment un être manipulateur et pervers peut berner son entourage et commettre le pire en toute impunité pendant des années.

Fascinant et inquiétant, le récit coule de manière fluide, sans que jamais l'intérêt ne se relâche, interpellant le lecteur, le glaçant au fil d'actes terrifiants de froideur et d'amoralité, le convainquant peu à peu de son impuissance et de sa vulnérabilité potentielles, face à des prédateurs que leur entourage côtoie, parfois pendant des décennies, sans jamais se douter de rien.

Ce livre prenant et facile à lire, construit pour vous interpeller et vous déranger, vous confrontera à l'insoutenable et dangereuse insensibilité d'êtres qui évoluent discrètement et en toute impunité au milieu du commun des mortels, guettant impitoyablement leur prochaine proie. Impossible de ne pas penser au moins à une affaire récente, qui a fait ressortir le dossier de multiples disparitions antérieures, mais où l'aplomb du criminel présumé et l'absence de preuves interdisent d'avancer. (4/5)


Citations :

Les regards aimants n’existent pas. Ils ne sont qu’une apparence sociale, une technique de manipulation, une mise en confiance nécessaire. Nous sommes condamnés à vivre seuls avec nous-mêmes. L’autre n’est qu’un moyen ou un danger.

Je compris qu’il fallait choisir son camp et il n’en existait que deux : celui de la proie ou celui du prédateur.

Les gens, en général, et les plus désespérés en particulier, trouvent très réconfortant de se rapprocher des personnes plus malheureuses qu’elles. Elles ne veulent pas compatir. Elles veulent être spectatrices de leur peine pour relativiser leur propre détresse et se consoler de ne pas être seules aux abois.

… elle m’a surtout dit que les criminels ne naissent pas ex nihilo. Que la société et chaque élément qui la compose ont leur part de responsabilité, grande ou petite. Que notre indifférence, nos négligences, qu’à chaque fois que nous détournons les yeux d’un enfant ou d’une personne en détresse, nous participons peut-être à la création d’une bombe en devenir.



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