dimanche 26 avril 2026

Critique : "Ma galerie imaginaire" de Alain Yvars | Lectures de Cannetille

 

Couverture du livre "Ma galerie imaginaire " de Alain Yvars


 

J'ai beaucoup aimé

 

Titre : Ma galerie imaginaire

Auteur : Alain YVARS

Parution : 2025 (Auto-édition)

Pages : 162

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

L'art peut changer changer la vie. Comment ne pas le ressentir devant la vision exprimée dans le recueil de "La jeune fille au chapeau rouge" de Johannes Vermeer ? : "Un contraste de rouge vif et de bleu froid. Des reflets subtils renvoyés par l'étrange chapeau à plumes rouge orangé empourprent de flammèches les joues de la jeune fille. De minces rehauts de lumière vibrent intensément : courtes virgules posées sur la robe, le chapeau et la tête de lion sculptée, gouttes de rosée sur la lèvre inférieure et la pointe du nez, une minuscule tête d'épingle éveille la pupille de l'oeil droit." Dans ce troisième recueil de la série "Si les oeuvres parlaient", mes amis peintres m'ont offert seize histoires insolites nées de leurs oeuvres : Jean Fouquet et l'insolente beauté d'Agnès Sorel en Vierge au sein dénudé, Gustave Courbet croquant ses "Femmes damnées" en bords de Seine, Henri Matisse et ses jeux d'ombres et de lumières, l'écriture du maître Frans Hals, le faux impressionniste Edgar Degas, Joaquin Sorolla, un Catalan ivre de soleil, l'étonnant secret de Georges de la Tour...

 

Un mot sur l'auteur : 

Alain Yvars, qui a passé toute sa vie professionnelle dans la gestion d'entreprise en région parisienne, a toujours gardé intacte la passion de sa vie : la peinture. Après avoir peint de longues années, le blog qu’il a créé, Si l’art était conté, est consacré à des récits, nouvelles, et écrits divers sur l’art. Il aime imaginer dans leur contexte historique les peintres qui ont fait l’histoire de l’art, ce qui lui permet de s’inspirer de leur talent pour écrire ses récits.
Il a déjà publié deux biographies romancées : Que les blés sont beaux, hommage à Vincent Van Gogh, et Camille muse de Claude Monet, ainsi que deux autres recueils dans la série Si les oeuvres parlaient : Conter la peinture et Deux petits tableaux.
 
Retrouvez mon interview d'Alain Yvars ici.

 

Avis :

Ancien pastelliste passé à l’écriture, Alain Yvars métamorphose son œil de peintre en une voix qui entrouvre les portes d’un musée intérieur. Les artistes y surgissent comme des êtres vivants, disponibles à la conversation, et l’échange qu’il noue avec eux, nourri d’émotions, fait glisser la contemplation vers une forme d’intimité partagée.

Ce troisième volet de la série Si les œuvres parlaient rassemble seize peintres chers à l’auteur et les entraîne dans une suite de récits où chaque tableau s’anime en scène réinventée. D’Eugène Delacroix à Joaquín Sorolla, en passant par Manet, Boudin ou Georges de La Tour, Alain Yvars traverse des univers contrastés qu’il aborde non par l’érudition mais par la sensibilité. Chaque chapitre fonctionne comme une rencontre : l’oeuvre s’anime, l’artiste se raconte et le lecteur circule d’une époque à l’autre dans cette galerie intime où la fiction éclaire l’histoire de l’art. En laissant les peintres s’exprimer à travers leurs oeuvres et leurs visions, Alain Yvars offre un livre qui tient autant du musée rêvé que du carnet de confidences.

Là où tant d’ouvrages de vulgarisation artistique se contentent d’expliquer ou de contextualiser, l’auteur choisit d’explorer les oeuvres par le récit, de raconter sans simplifier, et surtout de replacer l’émotion au centre du regard. Sa méthode, fondée sur l’incarnation des peintres et sur la mise en mouvement des tableaux, restitue à l’art ce qui lui manque souvent dans les discours érudits : une présence, une vibration, une humanité. En donnant la parole aux artistes, Alain Yvars invite le lecteur à approcher la peinture autrement, dans une relation plus directe et plus sensible. Cette approche, à la fois intuitive et exigeante, fait toute l’originalité du livre : ni essai, ni fiction, mais un territoire intermédiaire où l’histoire de l’art se lit comme une expérience vécue.

En renouant avec une approche de l’art fondée sur l’écoute et sur l’imaginaire, Alain Yvars rappelle que regarder un tableau, c’est aussi accepter qu’il nous parle. Ce troisième volet prolonge ainsi une démarche de partage, où la peinture s’affirme comme un territoire de rencontre plutôt qu’un objet d’étude. (4/5)

 

Citation :

« Exagérer l’essentiel et laisser dans le vague le banal. Ainsi, on attrape le vrai. » (Vincent Van Gogh)

 

 

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