J'ai aimé
Titre : Les saules
Auteur : Mathilde BEAUSSAULT
Parution : 2025 (Seuil)
Pages : 272
Présentation de l'éditeur :
Allongée au bord de la rivière, cachée
par les saules pleureurs, Marie, dix-sept ans, semble paisible,
endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou.
Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d'esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules.
Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l'agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l'enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date ?
Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d'esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules.
Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l'agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l'enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date ?
Le mot de l'éditeur sur l'auteur :
Née en Bretagne au début des années 1980, Mathilde Beaussault, fille d'agriculteurs, a trouvé dans ses origines la matière de son premier roman.
Avis :
L’identité du coupable et la nature de ses mobiles sont ici presque accessoires, tant ce qui prend aussitôt le pas dans la narration est l’atmosphère empoisonnée de ce huis clos rural entre, d’un côté les odeurs de lisier d’un travail agricole toujours plus étranglé par les dettes, et de l’autre, le nez pincé de ceux qui, bien propres sur eux, leur opposent leurs convictions écologiques.
Lorsque Marie, dix-sept ans, est retrouvée étranglée sous les saules de la rivière en bordure de village, les esprits minés par l’aigreur se déchaînent à grands coups de rumeurs. C’est tout juste si la victime, la fille du pharmacien assez riche pour racheter toujours plus de terres agricoles bradées, n’apparaît pas comme la plus fautive, coupable de sa réputation de fille facile avec ses jupes trop courtes et l’insolence de sa liberté.
Il n’y a guère que Marguerite, souffre-douleur de ses camarades parce que rencognée dans son silence de petite fille peut-être pas tout à fait comme les autres, pour défendre dans le secret de son coeur cette aînée si merveilleuse qui, elle, n’avait pas froid aux yeux. Tout à l’observation de son idole, la petite est d’ailleurs la seule à avoir vu quelque chose la nuit du meurtre. Mais qui pour se soucier d’une gamine dépenaillée que l’on dit attardée ?
Pendant que le village bruit méchamment de mille ragots, l’enfant se replie en silence sur les bribes de tendresse taiseuse et maladroite de sa mère et de sa tante, fragiles éclats d’humanité survivant furtivement à l’érosion d’un quotidien tueur de rêves et de sentiments. L’innocence de l’enfance trouvera-t-elle quand même une voie pour se faire entendre dans le monde ranci des adultes ? Seules les femmes de cette histoire, usées, trompées ou tuées, semblent conserver par devers elles cette part de coeur qui, certes piétinée par la vie et par l’intransigeant égoïsme de leurs hommes, ne demande qu’à resurgir à la faveur des circonstances.
Elle-même fille d’agriculteurs bretons, Mathilde Beaussault puise dans un univers qu’elle connaît bien l’âpre réalisme de ses observations, toutes de petites trouvailles de justesse qui font le sel du récit, malheureusement entaché de maladresses syntaxiques et de phrases mal construites. Malgré ces imperfections, ce premier roman demeure une lecture prenante et attachante, où sous la vision noire d’un monde rural coincé entre désespoir et colère sourd la fraîcheur tendre de l’enfance et de l’innocence. (3/5)
Citation :
Depuis lors, on s’est toujours regardé avec défiance entre la Haute et la Basse Motte. Il est des trahisons qu’on n’oublie pas. Quelques centaines de mètres seulement séparent deux mondes. Celui du pharmacien, des mains propres et des cuticules blanches, un monde qui s’érige en défenseur de la nature. Celui des paysans, des mains calleuses et des ongles noircis, un monde qui survit en nourrissant grassement l’humanité.

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