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Titre : Les fantômes de Rome
(The Ghosts of Rome)
Auteur : Joseph O'CONNOR
Traduction : Carine CHICHEREAU
Parution : en anglais (Irlande) en 2025,
en français en 2026 (Rivages)
Pages : 464
Présentation de l'éditeur :
Février 1944. Les forces allemandes occupent Rome depuis six mois. Les
combattants alliés ont débarqué à Anzio mais peinent à progresser. La
Résistance s’organise autour de la filière d’évasion mise en place en
plein coeur du Vatican par Hugh O’Flaherty et ses comparses. En première
ligne : la Contessa Giovanna Landini, libre et intrépide, offrant un
souffle féminin, flamboyant et plein d’humour à cette aventure
haletante, où chaque ruelle cache un piège… et chaque choix peut coûter
la vie.
Excellente suite de Dans la maison de mon père, nommé au Walter Scott Prize et au prix Historia, "Les Fantômes de Rome" confirme l'immense talent de conteur du maître du roman historique, Joseph O'Connor.
Excellente suite de Dans la maison de mon père, nommé au Walter Scott Prize et au prix Historia, "Les Fantômes de Rome" confirme l'immense talent de conteur du maître du roman historique, Joseph O'Connor.
Le mot de l'éditeur sur l'auteur :
Né à Dublin en 1963, Joseph O'Connor est d’abord journaliste et homme de radio. Il écrit aussi pour la scène et pour des
productions musicales, et s’impose avec son premier livre, un recueil de
nouvelles publié en France sous le titre Les Bons Chrétiens (2010). Il est l’auteur de romans parmi lesquels Redemption Falls (2007), Muse (2011), Maintenant ou jamais (2016) et Le Bal des ombres
(2020). Avec Roddy Doyle ou Colm Tóibín, il est considéré comme l’un
des écrivains irlandais les plus importants de sa génération. Traduite
dans le monde entier, son œuvre lui a valu de nombreux prix dont le
Irish PEN Award en 2012.
Avis :
Ce deuxième volume de la trilogie que Joseph O’Connor consacre à la capitale italienne durant l’Occupation s’inscrit dans la continuité directe de Dans la maison de mon père, situé en 1943, dont il reprend le cadre historique, les réseaux clandestins et plusieurs figures clés. Très librement inspiré de faits et de personnalités réels, le roman accélère le tempo : dans la Rome de 1944, quadrillée par les rafles, les trahisons et les opérations secrètes, le moindre déplacement comporte sa prise de risque. Le récit gagne ainsi en intensité dramatique et confirme l’ambition de Joseph O’Connor de faire de cette trilogie un véritable thriller historique.Comme dans le premier tome, l’intrigue se construit à partir des récits, enregistrés ou consignés vingt ans après la guerre, des membres du réseau clandestin appelé le Chœur ainsi que de plusieurs personnes qu’ils ont aidées à échapper aux rafles. Ces voix croisées dévoilent le fonctionnement interne du groupe et la manière dont ses opérations s’appuyaient sur la neutralité du Vatican, devenu en 1944 un point de convergence crucial pour les fugitifs. De ces témoignages émerge une nouvelle figure : la Contessa Giovanna Landini, dont l’implication dans les actions du Chœur révèle à son tour les risques extrêmes encourus par ceux qui tentaient de maintenir des filières de survie au cœur d’une Rome occupée.
Si la solidité du fond historique et la restitution très évocatrice de Rome – notamment de ses strates souterraines, héritées de siècles d’occupation et de reconstructions – donnent au roman une profondeur indéniable, elles servent toutefois de cadre à un récit dont le véritable moteur demeure la tension romanesque. Menée tambour battant en une succession de péripéties toujours plus haletantes, la narration verse parfois dans une forme d’exagération qui compromet la crédibilité de certaines scènes. Ce n’est pas tant le personnage du chef de la Gestapo, Paul Hauptmann, qui apparaît caricatural, que les situations outrées dans lesquelles l’auteur le place : elles frôlent par moments le burlesque et désamorcent la gravité de la situation historique. Cette tendance à surjouer le suspense, déjà perceptible dans le premier tome, s’accentue ici et donne l’impression que la mécanique du thriller prend le pas sur la complexité morale et humaine que le sujet appelle.
Reste à savoir si cette propension à l’outrance relève d’un simple dérapage du récit ou d’un choix esthétique pleinement assumé. Certaines scènes semblent en effet jouer d’un léger décalage, comme si l’auteur introduisait une pointe d’ironie dans un univers pourtant dominé par la peur et la clandestinité. Mais ce possible humour, s’il existe, demeure ambigu : jamais clairement affiché, il se heurte à la gravité du contexte et produit un trouble plus qu’un véritable effet de style. Le roman oscille ainsi entre la volonté de restituer la complexité d’une période tragique et le désir d’en accentuer les ressorts dramatiques, au risque de brouiller la cohérence de l’ensemble. Cette tension interne, qui semble ouvrir la voie à une forme de facilité narrative privilégiant le spectaculaire au détriment des zones d’ombre et des dilemmes moraux que le sujet porte en lui, éclaire en creux la manière dont Joseph O’Connor conçoit sa trilogie : un récit historique revendiquant sa dimension romanesque, quitte à s’aventurer aux limites du vraisemblable. (3,5/5)
Citations :
Voilà pourquoi on chante. (…) C’est le corps qui console l’esprit, pas l’inverse. L’esprit n’est qu’un vassal du corps.
Si jamais vous avez des problèmes ? Restez là où vous êtes. Parce que le diable a toujours pire en réserve, mon vieux. Le diable a toujours pire dans sa manche. Et il attend que vous mordiez à l’hameçon. Il est patient et rusé.
(…) elle n’avait pas encore compris que c’est grâce à la lâcheté que l’humanité est encore là. Les dodos étaient sûrement des animaux très courageux.
Si jamais vous avez des problèmes ? Restez là où vous êtes. Parce que le diable a toujours pire en réserve, mon vieux. Le diable a toujours pire dans sa manche. Et il attend que vous mordiez à l’hameçon. Il est patient et rusé.
(…) elle n’avait pas encore compris que c’est grâce à la lâcheté que l’humanité est encore là. Les dodos étaient sûrement des animaux très courageux.


Une critique généreuse, pourtant le troisième tome ne me tente guère.
RépondreSupprimerJe ne crois pas que le lirai non plus, Denis. Trop répétitif et trop centré sur le suspense au détriment du fond.
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