J'ai beaucoup aimé
Titre : Le prix (The Price)
Auteur : Arthur MILLER
Traduction : Henri ROBILLOT
Parution : en anglais (Etats-Unis) en 1968,
en français en 1976,
nouvelle traduction (Robert Laffont)
en 2026
Pages : 224
Présentation de l'éditeur :
Après le décès de son père, Victor est confronté aux vestiges d'une
autre vie : des meubles et vêtements démodés, une harpe dont il peut
presque encore entendre la mélodie, et de nombreux autres objets dont il
a hâte de se débarrasser. Gregory Salomon pourrait les lui racheter,
mais comment fixer le bon prix ? Car ces objets n'ont pas seulement une
valeur monétaire, ils sont porteurs de souvenirs, heureux comme
douloureux, témoins de choix et de sacrifices que Victor aurait préféré
oublier. Mais son frère Walter est bien décidé à les lui rappeler.
Oscillant entre tension et émotion, Le Prix est un drame du quotidien qui questionne ce que valent vraiment les choses –; et les vies.
Oscillant entre tension et émotion, Le Prix est un drame du quotidien qui questionne ce que valent vraiment les choses –; et les vies.
Le mot de l'éditeur sur l'auteur :
Avis :
Depuis longtemps éloignés l’un de l’autre, deux frères se retrouvent réunis par la nécessité de vider l’appartement familial après la mort de leur père. Ils sont rejoints par Esther, l’épouse du cadet, partagée entre lucidité et inquiétude, et par Gregory Solomon, un brocanteur vieillissant dont l’ironie distanciée agit comme du sel sur leurs contradictions. Dans ce huis clos où les objets réveillent les souvenirs enfouis, Victor et Walter voient resurgir leurs divergences et des vérités rances qui viennent lézarder les certitudes sur lesquelles ils ont bâti leur existence.
Bien plus que l’action, quasi inexistante, ce sont les échanges verbaux qui constituent le nerf de la pièce, instaurant un véritable champ de bataille moral où chaque réplique, à couteau tiré, met à nu les mécanismes de défense et de justification intime qui structurent les personnages. À mesure que leurs antagonismes se dévoilent, le drame révèle la difficulté de regarder son propre parcours en face et d’y démêler ce qui relève du choix, de la contrainte ou de l’aveuglement. Le brocanteur Solomon, figure à la fois comique et clairvoyante, agit comme un contrepoint qui dégonfle les illusions et rappelle que la valeur des choses – mais aussi d’une vie – n’est jamais celle que l’on croit. Ainsi, les deux actes progressent, non vers une résolution, mais vers un dessillement progressif, où chacun doit affronter la part de vérité dont le déni l'avait jusqu'ici protégé.
Combinant dialogues au scalpel, profondeur psychologique et lucidité morale, Le Prix expose brillamment ce qui travaille ses personnages : les choix que l’on croit faire, les concessions auxquelles on se plie et les récits que l’on construit pour donner sens à son cheminement. La pièce démonte ces fictions personnelles une à une, jusqu’à laisser apparaître ce qui, derrière les justifications et les silences, a réellement motivé une existence. Ce qui reste alors n’a rien d’un verdict : seulement la matière brute d’une vie, débarrassée des leurres que l’on s’invente. (4/5)

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