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mardi 2 janvier 2024

[Collectif] Trésors des bibliothèques de Versailles

 




J'ai beaucoup aimé

 

Titre : Trésors des bibliothèques
            de Versailles

Auteurs : Collectif

Parution :  2023 (Faton)

Pages : 176

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Exposition à l'ancien Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine, Versailles - du 16 septembre au 16 décembre

Qu'y a-t-il de commun entre un roi collectionneur - Louis XVI -, Pierre Louÿs, Louise Labé, Miguel de Cervantès, Francisco de Goya, une mystérieuse jeune femme sculptée par Jean-Jacques Caffieri ou encore les mémoires d'un secrétaire d'Etat du Grand Siècle ? Peu de choses, si ce n'est que tous sont présents à la Bibliothèque de Versailles.

Au cours de ses deux cent vingt années d'existence, la Bibliothèque a accumulé nombre de trésors. Certains, comme le "Grand Carrousel de 1662", ont acquis une célébrité internationale, quand d'autres ont dû se contenter d'une existence plus confidentielle, voire sont restés dans l'ombre. Par le passé, plusieurs expositions ont permis de mettre en valeur les différentes facettes des collections de l'institution, qui embrassent des domaines aussi variés qu'inattendus.

Cette exposition entend mettre l'accent sur la notion même de trésor : quelques sont les éléments qui lui confèrent cette valeur ? Son auteur ? La rareté ? La provenance ? La matière ? L'originalité ? Et si un faux document nous en révélait autant qu'un original ? A travers de nombreux exemples, mis en lumière par les bibliothécaires, secondés par plusieurs historiens, historiens de l'art et historiens du livre, le visiteur est invité à emprunter un parcours où ces thématiques sont abordées sous différents angles. La bibliothèque de Versailles peut encore révéler un grand nombre de surprises.
 
 
 

Avis :

Les bibliothèques de Versailles abritent un important fonds patrimonial, constitué à partir de dons et de saisies révolutionnaires. Ce trésor fait de temps à autre l’objet d’expositions temporaires, comme ce dernier automne dans la galerie d’apparat du duc de Choiseul, à l’Hôtel des Affaires Etrangères et de la Marine.

Sur les 55 000 pièces anciennes et précieuses conservées, 160 ont été présentées au public. Une centaine sont photographiées et commentées dans ce livre grand format, structuré de la même façon que l’exposition, c’est-à-dire en fonction de ce qui fait la valeur des oeuvres. La visite-lecture commence par les plus anciennes : tablettes cunéiformes et monnaies antiques. Elle pose ensuite la question « l’auteur fait-il le chef d’oeuvre ? » autour de pièces plusieurs fois attribuées et réattribuées. Ce sont ensuite la provenance prestigieuse, révélée par les armes des reliures, les ex-libris, les annotations manuscrites, puis la rareté des éditions, enfin la valeur esthétique ou artistique, entre reliures d’exception, matériaux précieux, dessins originaux de maîtres tels Fragonard ou Goya, qui se relaient comme dans une course à la distinction. Le panorama s’achève sur une sélection de faux célèbres - fausses monnaies et faux manuscrits, provenances erronées -, eux aussi esthétiquement ou historiquement remarquables.

Précisément documenté, cet ouvrage séduira bien sûr les passionnés d’histoire de l’art et du livre, mais aussi les simples curieux, amateurs de musées ou lecteurs fascinés par les bibliothèques, où ne murmurent d’ailleurs pas que des livres mais aussi, comme ici, des objets qui ont beaucoup à raconter : tabatière devenue reliquaire, service de porcelaine prétendument offert par Marie-Antoinette, bague à l’histoire aussi mouvementée que controversée, fausse statuette antique fétichisée par l’un de ses propriétaires, bustes de plâtre, malle américaine portant l’inscription « books not bullets » - une de celles utilisées après-guerre pour l’envoi dans le monde d’ouvrages pour la jeunesse…

Une belle occasion de découvrir les trésors cachés, fragiles et ordinairement inaccessibles, de l’un de ces lieux magiques et mystérieux que sont les vieilles et somptueuses bibliothèques. (4/5)
 
 
 

Citation :

Les livres ressemblent aux soldats, plus ils sont placés haut, moins ils sont utiles. [Georges Clémenceau]


 

mardi 18 avril 2023

[Bonnefoy, Miguel] Sucre noir

 





J'ai beaucoup aimé

 

Titre : Sucre noir

Auteur : Miguel BONNEFOY

Parution :  2017 (Rivages)

Pages : 200

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve d’autres horizons.
Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, étouffante, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.
Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d'hommes et de femmes guidés par la quête de l'amour et contrariés par les caprices de la fortune. Il nous livre aussi, dans une prose somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d'un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur : 

Miguel Bonnefoy est l'auteur de plusieurs romans très remarqués, dont Le voyage d'Octavio (prix de la Vocation), Sucre noir et Héritage (prix des Libraires 2021). Son œuvre est traduite dans une quinzaine de pays.

 

 

Avis :

Le livre s’ouvre sur un mirage fabuleux : drossé sur la canopée d’une forêt bordant la mer des Caraïbes, un trois-mâts sombre lentement sous les vagues vertes d’une vorace végétation tropicale, emportant dans une éternité de fantasmes sa cargaison d’or et de pirates, parmi lesquels le légendaire et cruel capitaine de flibuste Henry Morgan. Trois siècles plus tard, les pauvres paysans du coin, venus s’échiner à rendre cette terre cultivable pour la canne à sucre, observent avec curiosité le va-et-vient des chasseurs de trésors, attirés par les rumeurs parvenues jusqu’en ces années 1900.

C’est ainsi que, pour le plus grand bonheur de leur fille Serena, désespérée de sa solitude sur cette terre qui manque d’hommes à marier, les Otero se retrouvent à héberger sur leur petite plantation le jeune aventurier Severo Bracamonte, bien décidé à mettre la main sur le fameux trésor perdu. Faute d’or sonnant et trébuchant, le nouveau couple se verra comblé par l’adoption d’un bébé sauvé des flammes qu’ils baptiseront Eva Fuego, sans savoir à quel point ce prénom s’avérera prédestiné. Sous la férule de fer d’Eva devenue femme, la plantation, assortie d’une rhumerie réputée, entraînera dans son développement toute l’économie de la région, jusqu’à ce que, par un terrible retour de bâton, toute cette richesse née d’une monoculture implose littéralement, ramenant le village devenu ville à sa pauvreté initiale.

Multipliant les clins d’oeil au grand Gabriel Garcia Marquez, son réalisme magique et son célèbre Cent ans de solitude, la plume elliptique et poétique du franco-vénézuelien Miguel Bonnefoy nous emporte dans un récit flamboyant, richement métaphorique. Dans ce village, brutalement ramené à sa misère originelle après un enrichissement fulgurant venu d’une manne miraculeuse, se reflète l’histoire du Venezuela et de son, non pas sucre, mais or noir, tandis que la chasse à de multiples trésors, menée chacun à sa façon par les différents personnages, illustre ironiquement combien, souvent, l’on court vainement chercher au loin le bonheur qui s’offrait à portée de main.

Miguel Bonnefoy excelle à faire tenir dans ses formats courts des récits colorés, à la fois fables et sagas historiques, offrant plusieurs niveaux de lecture et l’accès à ce qui, au fil de son œuvre, construit peu à peu un univers particulier. (4/5)

 

 

Citations :

Si les étoiles étaient en or, je creuserais le ciel.

Les plus petits écueils font couler les plus grands galions.

 

 

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