Coup de coeur 💓
Titre : Les Dames de Brières (T1)
Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE
Parution : 1999
Editeur : Albin Michel
Pages : 432
Coup de coeur 💓
Titre : L'étang du Diable (T2)
Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE
Parution : 2000
Editeur : Albin Michel
Pages : 384
Coup de coeur 💓
Titre : La fille du feu (T3)
Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE
Parution : 2000
Editeur : Albin Michel
Pages : 372
Présentation de l'éditeur :
- Tome 1 : Les Dames de Brières
Quelle est cette terrible
fatalité qui poursuit les hommes de Brières depuis maintenant plus de
six siècles ? C'était dans la nuit des temps, en 1388, sur les berges du
Bassin des Dames, un étang sauvage où dansent les feux follets. Trois
femmes y furent brûlées vives, accusées de sorcellerie, maléfices et
amitié avec Satan. Le temps a beau passer, le trouble demeure. Le
domaine, qu'aucun bruit ne vient perturber, est animé d'une singulière
présence, comme si la malédiction pesait encore. Une malédiction que les
Dames qui vivent désormais à Brières perpétuent presque sans le savoir.
Comme un pouvoir étrange dont on les aurait dotées et qui les lie,
irrémédiablement, au domaine. A travers les âges et le destin de trois
générations de femmes, l'auteur du Grand Vizir de la nuit évoque, avec
subtilité, les secrets inavoués de la nature humaine, dans le mystérieux
décor de ce domaine hanté par les fantômes du passé. Catherine Hermary-Vieille
sait conter comme personne les passions dévorantes, les destinées
fatales, et l'oppressante atmosphère de lieux magiques qui font la force
de cette captivante saga.
- Tome 2 : L'étang du Diable
De
mémoire d'homme, le domaine de Brières, au coeur de la campagne
creusoise, a toujours fasciné autant qu'il a inquiété. C'est précisément
sur les berges de l'étang des Dames, au XIVe siècle, que trois femmes
furent brûlées vives, accusées de sorcellerie, de maléfices et d'amitié
avec Satan. Depuis lors, la malédiction continue de peser sur ce lieu.
Mais pour quelle obscure raison le destin s'acharne-t-il sur les hommes
qui y vivent, les chassant d'abord pour les rattraper inéluctablement ?
Y-aurait-il en ce monde clos et comme hors du temps une volonté qui
dépasserait celle de ses habitants ? Qui parviendra à percer les secrets
d'un très ancien grimoire où sont sans doute cachés les mystères d'un
lointain passé ? Avec L'étang du Diable, Catherine Hermary-Vieille
poursuit sa captivante saga des Dames de Brières, à travers les âges et
le destin de trois générations de femmes. Situé dans un énigmatique
domaine hanté, ce roman étrange et envoûtant explore les méandres de
l'âme humaine et les tourments de la passion, dans un monde dominé par
les hommes, hostiles aux femmes trop libres.
- Tome 3 : La fille du feu
Depuis
le Moyen Âge, une étrange atmosphère règne sur le Domaine de Brières,
jusqu'aux berges du Bassin des Dames où dansent encore les ombres des
trois femnes qui y furent brûlées vives. Six siècles plus tard,
l'antique malédiction semble toujours poursuivre les habitants du
château. Fantasme ou réalité occulte ? Françoise subira-t-elle à son
tour, comme sa grand-mère et sa mère, l'étrange pouvoir qui semble
hanter les dames de Brières ? Exorcisera-t-elle la tragédie de la chasse
aux sorcières, jusqu'à briser la fatalité en restituant aux dames
d'antan leur dignité perdue ? A travers la subtile peinture d'un domaine
hanté par d'obscures puissances, Catherine Hermary-Vieille,
l'auteur des Dames de Brières et de L'Étang du Diable, évoque dans
cette fascinante saga la condition des femmes et leur lutte à travers
les siècles.
Avis :
Trois générations de femmes : Valentine au début du XXème siècle, sa fille René pendant l’Occupation et l’après-guerre, sa petite-fille Françoise dans les années soixante, s’acharnent à maintenir à flot le domaine de Brières dans la Creuse. Autour d’elles, pendant qu’elles tentent chacune à leur façon de s’affirmer et de trouver leur voie dans un monde peu habitué à ce que des femmes prennent leur destin en main, les hommes connaissent tous des destins tragiques ou malheureux. Il n’en faut pas plus pour animer les commérages autour d’une vieille croyance : depuis qu’en 1388 trois femmes (la mère, sa fille et sa petite-fille) ont été brûlées pour sorcellerie au bord de l’étang de Brières, le domaine est maudit.
Les faits étranges et le malaise des habitants de Brières entretiennent le doute du lecteur tout au long des trois tomes, lui faisant partager les sentiments troubles qui, au fil des siècles, ont abouti à la condamnation de pauvres femmes pour sorcellerie. En fait, qui étaient-elles, ces sorcières, sinon des personnalités marginales et dérangeantes, que la communauté ne comprenait pas et qu’elle condamnait parce qu’elles faisaient peur ? Et toujours des femmes, dont le comportement effrayait le pouvoir des hommes…
Des sorcières des temps reculés aux avorteuses d’avant la dépénalisation de l’avortement en France, Catherine Hermary-Vieille nous entraîne dans un plaidoyer pour l’émancipation féminine, d’autant plus impliquant que le récit nous a auparavant fait frissonner et presque croire au surnaturel. L’ambiance et les personnages sont subtilement peints. Le récit, très plaisant malgré parfois une impression de répétition, s’achève en ouvrant un horizon de réflexion parfaitement d’actualité.
Lecture coup de coeur. (5/5)
Citations :
Les
« sorcières » ? Des êtres retardés, bizarres, affirment certains
historiens, devenus malfaisants parce que sans mari, sans enfants,
vivant à l’écart de la société. (…)
Ce qui est sûr, c’est que les femmes
étaient persécutées en tant que femmes. (…)
La société dénigre d’abord
puis attaque physiquement ceux qu’elle juge menaçants. (…) Accusées par
des hommes, les femmes étaient arrêtées par des hommes, jugées par des
hommes, torturées par des hommes, brûlées vives par des hommes après
avoir été confessées par des hommes. (…)
Si l’horrible exécution
publique terrorisait, n’était-ce pas pour que les petites filles et les
femmes qui y assistaient puissent en tirer de bonnes leçons qui, même de
nos jours, marquent toujours à un certain degré nos contemporaines ?
(…)
Plus de cent mille femmes furent torturées et mises à mort en Europe
entre les XIVe et XVIe siècles seulement. (…)
Les sorcières restaient
les pauvres d’entre les pauvres. Tout en ayant besoin ici et là de leurs
bons offices, chacun les méprisait et les craignait. Et si, par
malveillance, elles livraient des noms aux inquisiteurs ? Le plus grand
pouvoir de ces femmes était d’inspirer la terreur. Traînée devant ses
juges, l’accusée souvent ne prononçait mot et cette absence de
confession, même sous les plus cruelles tortures, courrouçait ses juges
qui attendaient des aveux pour la paix de leur propre conscience. En
reconnaissant ses crimes, la sorcière aurait reconnu la menace qu’elle
représentait et accepté sa punition comme exemplaire. (…)
Elles sont
censées défier le monde chrétien, le monde bien-pensant, le mettre en
danger. (…) Ennemies sui generis de la société comme l’ont été les juifs
ou le sont encore les homosexuels, ceux-là mêmes qui diffèrent de la
majorité et qu’on hait, éradique par des pogroms ou des autodafés. (…)
Mais
les infanticides restent les ennemies suprêmes, non parce qu’elles
suppriment des fœtus – l’Histoire relate plusieurs cas de sorcières
torturées et brûlées vives quoique enceintes –, mais parce qu’elles
bravent le pouvoir des hommes, maîtres absolus de leur descendance et
leur propriétaire légal puisqu’un homme qui rosse sa femme enceinte et
provoque une fausse couche n’est guère poursuivi, pas plus que ne le
furent les décideurs de guerres ayant envoyé au combat et à la mort des
générations de jeunes gens. Le produit du ventre de la femelle
appartient au mâle comme lui appartient ce ventre. Libres de leur
sexualité et de leur fécondité, les femmes se font dangereuses,
ennemies. Que convoiteraient-elles ensuite ? La place des hommes dans la
société ? Leur habileté à commander, à gouverner ? De cette peur
diffuse naquit la décision plus ou moins consciente d’écraser, de
broyer, de réduire à néant celles qui osaient prétendre être libres en
projetant sur elles les désirs masculins les plus refoulés : possession
collective, femmes d’une insatiable lubricité ayant le pouvoir de
commander au désir, à l’amour, à la fécondité.
