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mercredi 31 décembre 2025

[Goscinny, René - Uderzo, André ; Fabcaro - Conrad, Didier] Astérix en Lusitanie (N°41)

 


 

J'ai beaucoup aimé

 

Titre : Astérix en Lusitanie

Auteur : René GOSCINNY / André UDERZO
                FABCARO / Didier CONRAD

Parution : 2025 (Editions Albert René)

Pages : 48

Accès au livre : ISBN 9782017253709  
                           en librairie

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

Par un beau matin de printemps, un inconnu débarque au village. Il arrive de Lusitanie, cette terre de soleil à l’ouest de l’Hispanie qui se trouve également sous la férule de Rome. Cet ancien esclave croisé dans le  Domaine des dieux  est venu demander de l’aide à nos irréductibles Gaulois car il connaît les effets puissants de la potion magique. Pour Astérix et Obélix, une nouvelle aventure commence !

 

Un mot de sur les auteurs :

René Goscinny naît le 14 août 1926 à Paris. Passionné par l’écriture et le graphisme, il collabore à de nombreuses bandes dessinées comme Iznogoud ou Le Petit Nicolas. De sa rencontre avec Albert Uderzo naîtront les célèbres aventures d’Astérix et Obélix, héros majeurs de la bande dessinée française.

Albert Uderzo naît le 25 avril 1927 à Fismes, dans la Marne. Totalement autodidacte, il s’essaie au dessin animé, travaille pour plusieurs revues, et crée de nombreux héros. À la mort de son éternel complice, René Goscinny, il fonde les Éditions Albert René et perpétue l’esprit d’Astérix.

Fabcaro, alias Fabrice Caro, est un auteur français connu pour ses bandes dessinées au ton absurde et décalé. Son humour singulier, souvent fondé sur le non‑sens et la satire sociale, l’a imposé comme une figure marquante de la BD contemporaine. Il écrit aussi des romans et scénarios, explorant toujours avec finesse les travers du quotidien.

Didier Conrad est un dessinateur français dont le style vif et dynamique s’est imposé très tôt dans la bande dessinée. Il s’est fait remarquer dès l’adolescence dans Spirou avant de signer, avec Yann, des séries audacieuses qui ont marqué les lecteurs. Depuis plusieurs années, il met son trait précis et énergique au service d’Astérix, contribuant à faire vivre la célèbre série avec une nouvelle vitalité.

 

Avis :

L’humour de Fabcaro et le dynamisme du dessin de Didier Conrad insufflent une belle énergie à cette nouvelle aventure, toujours aussi enjouée, qui entraîne les deux irréductibles Gaulois sur les terres lusitaniennes. L’album manie avec aisance les codes qui ont fait la renommée de la série : jeux de mots savoureux, anachronismes assumés, rencontres pittoresques et satire légère composent un récit fluide et agréable. La Lusitanie sert de décor à une succession de situations cocasses, et la complicité entre le scénario et le trait confère à l’ensemble un rythme vif et une vraie fraîcheur visuelle. 

Cette efficacité narrative semble toutefois contenir son propre élan. L’album s’appuie si fidèlement sur la « formule Astérix » que certains passages paraissent davantage répondre à des attentes établies qu’à un véritable souffle créatif. L’humour, plus appuyé et volontiers absurde, s’éloigne parfois de la finesse fondatrice de la série. Quant à l’intrigue, plaisante mais peu ambitieuse, elle progresse sans réelle tension, et quelques scènes donnent l’impression de fonctionner comme des clins d’œil obligés plutôt que comme des moments pleinement inspirés. 

Malgré ces réserves, Astérix en Lusitanie demeure une aventure généreuse, portée par un duo d’auteurs qui maîtrise parfaitement l’univers et sait en préserver l’esprit. L’album offre un divertissement solide, parfois prévisible mais toujours vivant, confirmant la capacité de la série à se renouveler sans renier son héritage. (4/5)


 

mercredi 3 décembre 2025

[L'Hermenier, Maxe] Tom Sawyer - Tome 1 (BD)

 



 

J'ai aimé

 

Titre : Tom Sawyer (Tome 1) 

Auteur : Maxe L'HERMENIER, 
                DJET et Johann CORGIE

Parution : 2025 (Jungle)

Pages : 50

Accès au livre : ISBN 9782822247580  
                           en librairie

 

 

  

 

 

Présentation de l'éditeur :    

Tom Sawyer est un garçon rêveur qui préfère les jeux, les mystères et les escapades aux bancs de l’école.  Aux côtés de son fidèle ami Huck, il arpente les environs de son village, joue aux aventuriers… et se retrouve un jour témoin d’un crime mystérieux. Entre rires, frissons et amitié, suivez Tom Sawyer dans une histoire pleine de rebondissements au bord des rives du fleuve Mississippi !

 

 

Le mot de l'éditeur sur les auteurs : 

Maxe L’Hermenier est un scénariste de bande dessinée français. Auteur prolifique, il écrit dans des univers très différents, du réalisme à l’humour en passant par la science-fiction. En 2018, il imagine la collection Jungle  » Pépites « , collection pédagogique adaptant la littérature jeunesse en bande dessinée. Cette collection regroupe des grands noms comme JC Mourlevat, Pierre Bottero, Victor Hugo, JC Noguès et tant d’autres encore. Il réside près de Reims.

Stéphane Robert dit Djet est originaire du sud de l’île de la Réunion. Il signe avec son premier scénariste, son premier album, L’île de Puki, un dyptique. Il travaille ensuite une série de 3 épisodes de 22 pages pour les USA, Poet Anderson qui sort en version française en 2018. Enfin, Croquemitaines 1 et 2 sortis en 2017, dans le format comics et La rivière à l’envers chez Jungle en 2018.

 

 

Avis :

Cette adaptation en BD du mythique Tom Sawyer de Mark Twain réunit trois talents complémentaires : Maxe L’Hermenier, scénariste aguerri dans l’art de transmettre les grands classiques ; Djet, dessinateur dont la polyvalence graphique navigue avec aisance entre univers jeunesse et comics ; et Johann Corgié, coloriste désormais affirmé dans l’illustration. Ensemble, ils inaugurent une série jeunesse consacrée à Tom Sawyer, destinée aux lecteurs dès 9-10 ans. Ce premier tome ouvre le cycle des aventures pétillantes, espiègles et initiatiques du jeune héros, libre, audacieux et irrésistiblement attachant.

L’ouvrage séduit par la vivacité de son récit et la richesse de son univers graphique. La plume de Maxe L’Hermenier restitue avec clarté l’esprit du roman de Mark Twain, en préservant l’élan d’aventure et la fraîcheur des jeux d’enfants. Le trait de Djet, souple et expressif, capte l’énergie des escapades et la complicité des personnages, tandis que la palette de Johann Corgié accentue les contrastes entre la lumière des moments joyeux et l’ombre des épisodes plus inquiétants. L’ensemble compose une œuvre accessible et entraînante, qui parvient à conjuguer fidélité au texte originel et modernité de la forme, offrant aux jeunes lecteurs une entrée séduisante dans un classique intemporel.

L’exercice présente toutefois des revers. La volonté de s’adresser à un jeune public conduit à une simplification du récit, qui atténue la densité émotionnelle et la complexité des thèmes chers à Mark Twain. Le rythme, délibérément rapide et dynamique, privilégie les scènes d’action et de jeu, reléguant au second plan les moments plus introspectifs qui font la profondeur du roman. Enfin, le style graphique, moderne et coloré, s’il rend l’album attractif, contribue aussi à réduire la dimension historique et réaliste du cadre, transformant le Mississippi en décor stylisé plutôt qu’en espace incarné. Ces choix assumés, qui traduisent une orientation claire vers la jeunesse, se font au prix de la rugosité et de la gravité du texte original.

L’adaptation de Tom Sawyer en BD illustre bien le dilemme des œuvres simplifiées : attrayante par son énergie et son accessibilité, elle perd nécessairement en densité par rapport au texte source. Peut‑elle pour autant susciter l’envie d’aller plus loin ? Rien n’est moins sûr, sans le goût de lire ou l’accompagnement nécessaire. Dans tous les cas, envisagée comme un tremplin, elle accomplit pleinement son rôle, mais prise comme un substitut, elle appauvrit l’expérience littéraire.

Un joli album donc, qui ne saurait remplacer l’œuvre originale, mais que l’on pourra envisager comme une clé ouvrant la porte vers une rencontre plus intime avec l’univers de Mark Twain. (3,5/5)


 

mardi 21 décembre 2021

[Cuvellier, Vincent - Deloye, Olivier] La fille du Président - Tome 1 : Premier Tour

 



 

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Titre : La fille du Président
            Tome 1 - Premier tour

Auteur : Vincent CUVELLIER
                Olivier DELOYE

Parution : 2021 (Auzou)

Pages : 56

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :    

Emilienne est une fillette comme les autres, sauf que depuis hier, elle est la fille du Président de la République. Propulsée à l'Élysée, elle doit se faire à sa nouvelle vie et comprendre comment fonctionne "Le Protocole" ! Pendant ce temps, le chef de l'opposition, jaloux et colérique, cherche à créer le scandale qui fera tomber le Président. Et s'il s'intéressait de plus près à Emilienne ? Heureusement, Jean-Kevin, le courageux fils du garde du corps du Président, veille au grain.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur : 

Vincent Cuvellier est un auteur français. Il a publié plusieurs dizaines de livres dans des domaines aussi variés que le roman, les albums, la BD, le documentaire, la presse, des essais, des livrets musicaux, principalement pour la jeunesse.Il est également le créateur de la série du petit garçon têtu Émile illustrée par Ronan Badel. En 2020, son ouvrage jeunesse Le temps des Marguerite, illustré par Robin est adapté au cinéma sous le titre L'Aventure des Marguerite, réalisé par Pierre Coré.
 
Olivier Deloye est un illustrateur français. Il travaille dans l'illustration jeunesse et presse adulte et écrit des scénarios et contes pour la presse jeunesse. Il publie notamment Oliver Twist aux éditions Delcourt et la série Emile et Margot chez BD Kids.

 

 

Avis :

Emilienne, fille du président de la République fraîchement élu, découvre sa nouvelle vie, encadrée par le protocole de l’Elysée. Mais les basses manœuvres du chef de l’opposition la place très vite au centre d’un scandale, qu’il va lui falloir déjouer avec l’aide de Jean-Kevin, le fils du garde du corps de son père.

L’idée de suivre les aventures de deux enfants à l’Elysée séduira à coup sûr tous les lecteurs du même âge, mais, agréable surprise, l’humour de cette bande dessinée a de quoi faire sourire aussi leurs parents. Introduisant son décor et ses personnages, cette première aventure d’Emilienne et de Jean-Kevin est à tout point de vue une réussite. Avec le charme d’une narration à hauteur d’enfant, pleine de détails amusants et caricaturaux, elle parvient haut la main à distraire sans temps mort le lecteur, qui, déjà parvenu à la dernière page, se sent prêt à accompagner Emilienne dans de prochains épisodes.

Avec ses dessins dynamiques et expressifs, sa narration pleine d’humour et de fantaisie, cette nouvelle série intelligente et moderne s’avère une excellente et prometteuse découverte. Mille aventures attendent sans coup férir Emilienne et Jean-Kevin à l’Elysée, qui ne manqueront pas d’amuser les enfants autant que de les faire réfléchir, comme ici au sujet de la manipulation médiatique. On en redemande ! (4/5)


 

dimanche 7 novembre 2021

[Collectif] Môôôsieur Philippe

 



 

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Titre : Môôôsieur Philippe

Auteur : Philippe LE CLOEREC,
               Berk SENTURK,
               Marie LOISON-LERUSTE,
               Hubert DUPONT

Parution : 2021 (Baromètre)

Pages : 120

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :     

Cette histoire est celle de Philippe, sans domicile fixe depuis plusieurs années. Lui que les éboueurs ont retrouvé dans une poubelle quelques jours après sa naissance. Lui qui a plusieurs vies en une. Lui qui est devenu la coqueluche d’un quartier parisien, s’est retrouvé en fauteuil roulant et maintenant, remarche et repisse droit.

Raconter son histoire c’est faire caméra embarquée dans la vie d’un homme, permettre de lier passé et présent, mais aussi comprendre son courage, sa tristesse, ses rêves et ses peines. Au travers de l’histoire de Philippe, il s'agit de mettre en lumière toute une classe sociale que la société capitaliste veut rendre invisible. Se rendre compte que dans chacune de nos rues (sur)vivent des gens qu'on ne connait pas : acteurs invisibles qui demandent si peu et parfois donnent tout, y compris leur vie.

Ce court récit autobio – graphique est prolongé par une étude sociologique qui développe les thématiques principales dégagées par la vie de Philippe. Une mise en contexte objective qui permet de mieux appréhender le phénomène d’exclusion et confronter certaines des idées reçues. Replacer l’individuel dans l’universel, tel est l’objectif de cet ouvrage inédit par sa forme et son contenu.

C'est aussi le moment d'évoquer le lien social, ce fameux tissu dont on parle tout le temps, mais qu'on n'arrive plus à définir ou à retrouver et dont on sent qu'il se déchire. Ce lien qui se perd à force d’individus tournés sur eux-mêmes, pris dans la spirale consumériste. On reconnait la maturité d'une société à la façon dont elle traite ses indigents. L'histoire de Philippe dévoile ce fait social. Alors, racontons-le.

Dessins : Berk Senturk
Scénario : Hubert Dupont
Auteur essai : Marie Loison-Leruste

 

Avis :

A force de faire la manche devant la même boulangerie parisienne, Philippe a fini par nouer une relation amicale avec un des habitants du quartier. De leurs conversations est ressortie l’histoire de cet homme, jeté dans une poubelle à la naissance, victime d’une sidérante maltraitance pendant l’enfance, et devenu SDF après une vie en dents de scie. Cet ouvrage retrace d’abord fidèlement son parcours sous la forme d’un court roman graphique. S’ensuit une analyse sociologique de l’exclusion en France, qui met en perspective le vécu de Philippe à partir d’une enquête ethnographique et statistique sur le « sans-abrisme ».

Il est de ces destins qui vous plombent aussi sûrement qu’un boulet le ferait d’un noyé. La transcription graphique de celui de Philippe permet en quelques planches de s’en persuader avec effroi. Dessins à l’appui, point n’est besoin de longs discours pour saisir l’implacable et choquante adversité à laquelle l’ont livré, dès le plus jeune âge, la défaillance et la cruauté humaines. Quelques belles rencontres, malgré tout, lui ont permis d’acquérir un temps un certain équilibre, malheureusement trop précaire pour résister, sans béquille ni amortisseur, aux aléas de l’existence. Et c’est le coeur serré que l’on se représente désormais Philippe, seul et abîmé sur son bout de trottoir, aujourd’hui socialement guère mieux considéré que ce « déchet » auquel on avait déjà tenté de le réduire dès ses premiers jours.

Encore sous le choc de l’histoire de Philippe, efficacement retranscrite par les dessins tout en nuances de gris de Berk Sentruk, c’est avec intérêt que l’on aborde ensuite la partie sociologique de Marie Loison-Leruste, occasion de découvrir une photographie d’ensemble du phénomène de l’exclusion en France, les facteurs de fragilisation – « une enfance difficile, un parcours migratoire, des difficultés sociales et économiques qui participent à la ‘désaffiliation sociale’ » –, les parcours-types de ceux qui s’en sortent et de ceux qui s’enfoncent irrémédiablement, les difficultés rencontrées par les aidants.

Partant d’un cas individuel qui ne peut laisser indifférent, avant d’éclairer de manière factuelle et documentée le phénomène général de l’exclusion et du » sans-abrisme », cet ouvrage combat les idées reçues d’une manière parlante. Bravo à ses auteurs et à son éditeur. Un seul bémol pour ma part : l’écriture inclusive est très irritante à la lecture. (4/5)

 

 

Citations :

Ainsi, « tout le monde peut un jour devenir SDF », mais pas avec la même probabilité, et il n’y a « ni fatalité, ni hasard » dans le fait de devenir un jour sans-domicile. Les travaux, tant qualitatifs que quantitatifs, montrent ainsi que les personnes sans domicile ont plus souvent connu une enfance difficile, un parcours migratoire, des difficultés sociales et économiques qui participent à leur « désaffiliation sociale ».

(…) le visage de la population privée de logement est difficile à dessiner, car derrière le mot « SDF » se cache en fait une très grande diversité d’individus et de trajectoires. Les personnes sans domicile ne correspondent plus tout à fait à l’image un peu ancienne et caricaturale du clochard, un homme seul, blanc, sans emploi et marginalisé. De nouveaux publics sont venus grossir les rangs des populations en difficulté par rapport au logement : des jeunes, des femmes, des actif-ves, des migrant-es, etc. Pour autant, ces personnes ont aussi un certain nombre de caractéristiques en commun. Leur situation est le résultat d’un processus de désaffiliation : elles ont rencontré, au cours de leur trajectoire, des ruptures qui ont fragilisé leurs liens sociaux, leurs difficultés les ont conduites à une situation d’instabilité et de précarité vis-à-vis du logement, mais aussi de l’emploi, de la santé ou de l’accès au droit. D’origine sociale modeste, avec un faible niveau d’études et des liens sociaux souvent distendus, elles rompent de toute façon avec l’idée selon laquelle tout le monde peut devenir un jour « SDF » avec la même probabilité.

Cécile Brousse remarque que : « les établissements qui offrent la meilleure prise en charge sélectionnent leurs résidents en fonction de leurs capacités financières et de leur situation familiale. Ainsi, ceux qui vivent seuls et qui ont de faibles revenus ont peu de chances d’être pris en charge de manière durable et personnalisée, à l’inverse des personnes qui vivent en couple et/ou avec des enfants ou qui ont les moyens d’acquitter les frais d’hébergement ». Finalement, « ce sont les mieux dotés financièrement, ceux qui peuvent témoigner d’un attachement local ou d’un mode de vie traditionnel (en couple, avec des enfants) qui connaissent des mobilités ascendantes », c’est-à-dire qui vont de la rue vers un centre ou d’un centre vers un logement aidé. On constate alors un fort « effet Matthieu », en référence à la parole du Christ : « car celui qui a, on lui donnera et il aura du surplus, mais celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé » (13:12) : les personnes les plus démunies sont orientées vers les solutions d’hébergement et de logement les moins durables, et vers l’accompagnement social le plus sommaire.
 
On peut par exemple s’interroger sur les politiques actuelles visant presque exclusivement l’urgence, traitant seulement les symptômes du sans-abrisme mais pas le fond du problème. Car plutôt que d’investir durablement dans des logements pérennes et d’accompagner les personnes les plus désocialisées vers le logement, les « solutions » consistent plutôt à développer l’hébergement de courte durée et à segmenter la prise en charge. (…)
Tiraillées entre leurs valeurs militantes d’accueil souvent inconditionnel et les impératifs gestionnaires qui les contraignent et les subventions étatiques dont elles ont besoin pour survivre, les associations courbent le dos et se plient aux règles de ce jeu, dont elles ne sont pourtant pas dupes… Elles se voient ainsi cantonnées dans ce rôle de faire-valoir de politiques guidées par le calendrier médiatique, la chute des températures, l’arrivée d’un nouveau ministre, un effet de mode. L’ouverture de ces structures d’urgence masque difficilement les problèmes rencontrés au quotidien dans l’accompagnement des personnes en situation de pauvreté et la difficile relation que nous entretenons tous-toutes à la pauvreté et aux différentes formes d’exclusion sociale.


 

vendredi 27 novembre 2020

[Bentalah, Malik] C'est la récré 1 : Malik et les copains d'abord !

 



 

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Titre : C'est la récré, tome 1 :
            Malik et les copains d'abord !

Auteurs : Malik BENTALAH et PACO

Parution : 2020 (Editions Jungle)

Pages : 48

 

  

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

L’heure de la rentrée a sonné : Malik rentre au collège ! Entre le foot, les copains et la jolie Camille, il en oublierait presque les devoirs. Mais c’est sans compter sur ses parents qui possèdent des armes redoutables : l’amour immodéré de Malik pour la nourriture, les taquineries et surtout beaucoup de tendresse. Alors rangez vos trousses et vos cahiers car… C’EST LA RÉCRÉ !

C’est un rêve d’enfant qui se réalise pour Malik Bentalha, lui qui a grandi avec Titeuf et Kid Paddle. Pour cette création originale, il a été lui-même chercher Pacco pour son style très expressif et son goût pour la mise en scène. Avec cette histoire attendrissante et universelle, ils donnent vie à un Petit Nicolas des années 90, amusant et sincère, qui saura faire sourire les petits et les grands.

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Né dans le Gard, Malik Bentalha grandit dans le Vaucluse. Son bac en poche, il monte sur Paris pour intégrer les cours Florent. Il fait du stand-up et intègre le Jamel Comedy Club. Plateaux TV, scènes de théâtres, du Marrakech du rire ou encore plateaux de tournage (Pattaya, Le doudou, Taxi 5…) : Malik est partout aujourd’hui et son spectacle Encore est un succès.
 
Pacco est scénariste et dessinateur de BD. Après avoir fondé et dirigé pendant 15 ans une agence de publicité spécialisée dans le secteur du divertissement. Il ouvre un blog BD « Maé » sur lequel il raconte ses aventures de jeune papa qui seront adaptées rapidement dans une série de bandes dessinées du même nom. Il a publié une quinzaine de BD (dont Maé, Une semaine sur deux , Les Raspberry …) ainsi que quelques albums en collaboration avec Margaux Motin. Il publie régulièrement de courtes bandes dessinées sur Instagram où il est suivi par plus de 100 000 lecteurs.

 

 

Avis :

Flanqué de son inséparable copain Toufik, le collégien Malik a bien souvent autant la tête aux stars du football, aux dernières baskets à la mode et aux filles, qu’à son travail scolaire. Extraverti et jamais le dernier à faire les 400 coups, il nous entraîne dans une série de gags humoristiques.

Croquée par le dessinateur Pacco, chaque histoire tient en une planche et met en scène les souvenirs de collège de l’acteur et humoriste Malik Bentalha. L’album fait penser à d’autres turbulents écoliers mis en bulles de bande dessinée ces dernières décennies, mais modernisés ici dans une version années 2000. Son humour potache et son langage actuel très familier séduiront sans doute ceux, parmi les collégiens actuels ou passés, qui s’y reconnaîtront. Pour ma part, un peu coincée dans mes réticences linguistiques, je n’ai au final qu’assez parcimonieusement souri.

Sans méchanceté et très actuelle, cette BD humoristique inaugure une série qui a toutes les chances de trouver son public parmi les adolescents à partir de douze-treize ans. (3/5)