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samedi 27 novembre 2021

[Billard, Alain] La belle histoire des cathédrales

 






J'ai beaucoup aimé

 

Titre : La belle histoire des cathédrales

Auteur : Alain BILLARD

Editeur : De Boeck / Adapt-Snes

Parution : 2021

Pages : 320

 

 
 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :      

Prouesses architecturales de la démesure, les cathédrales sont des symboles puissants de la vie spirituelle. Chargées d’histoire, elles sont le meilleur témoignage du savoir-faire des hommes et de la détermination de leurs commanditaires. Elles auraient toutes un air de famille et ce n’est pas fortuit car leur architecture est intimement liée à une même démarche de conception initiée progressivement depuis l’antiquité.

Rédigé par un architecte passionné d’histoire et de vulgarisation, ce panorama chronologique résume, par fiches de deux pages largement illustrées, l’évolution architecturale de ces cathédrales jusqu’aux projets contemporains les plus fous.
Viendront se mêler aux dates clés de ces édifices : témoignages artistiques (peinture, littérature, cinéma…), faits divers (effondrements, incendies, tremblements de terre…), industrialisation (carrières de pierre, forêts, utilisation de l’acier et du béton…) ou bien grands hommes influents (Suger, Gaudi, Perret…).

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur : 

Architecte, Alain Billard a enseigné à l'Ensap-Bordeaux et à l'Ensa-Paris/Belleville. Ingénieur de formation et docteur en archéologie, il a exercé un rôle d'expert ou de chargé de mission auprès du ministère de la Culture. Invité dans de nombreux colloques internationaux pour traiter de l'enseignement de la construction et, par ailleurs, de la stabilité des bâtiments anciens, il est aussi l'auteur de nombreux manuels techniques coédités par les éditions Eyrolles et l'Afnor.

 

Avis :

C’est en 313, avec l’édit de Constantin qui accorde la liberté de culte à toutes les religions, que commence l’histoire des cathédrales, construites pour accueillir la cathèdre des évêques de chaque diocèse. Des humbles abbatiales mérovingiennes aux grandes églises cathédrales romanes puis gothiques, de leur réinvention à la Renaissance à une succession de styles nouveaux jusqu’à la fin du XIXe siècle et, enfin, à la révolution esthétique contemporaine, leur conception et leur édification n’ont cessé d’évoluer, donnant le jour à des monuments souvent impressionnants, voire même inouïs, reflets de la pensée et du savoir de leur époque.

Rythmé par des fiches en doubles pages alliant textes et photographies, le tout échelonné sur une frise chronologique courant sur sept périodes majeures, ce livre retrace deux millénaires d’évolution architecturale, qui intéresseront autant les passionnés que les néophytes. Car, si ces derniers ne profiteront sans doute pas complètement de tous les commentaires, dont la tonalité nettement technique trahit clairement la passion et l’expertise de l’architecte chez l’auteur, ils n’en trouveront pas moins grand intérêt à la très parlante observation chronologique, qui leur permettra de replacer, dans le temps et par tendances, les édifices qu’ils connaissent déjà, qu’ils ont peut-être même visités, ou qu’ils découvrent ici au travers de clichés photographiques choisis. Particulièrement significatives des prouesses techniques et de leur exploitation esthétique et artistique, ces images sont l’occasion d’un émerveillement renouvelé à chaque page, et ne manqueront pas de susciter l’envie d’aller voir et revoir ces impressionnants et émouvants chefs d’oeuvre.

La mise en page sobre et lisible, la frise chronologique en haut de chaque double page, les renvois utilement disposés pour permettre une lecture thématique, la limpidité du glossaire, ainsi que les pages d’introduction et de conclusion qui ponctuent chaque section, contribuent efficacement à la clarté de cet ouvrage didactique. Aux explications essentiellement consacrées à l’évolution des compétences et du savoir-faire des concepteurs et des bâtisseurs, répondent les magnifiques illustrations exposant leur exploitation esthétique et artistique, et quelques pistes de réflexion sur la portée politique, socio-économique et, ici, sacrée, de l’architecture.

Cet ouvrage de qualité, aussi pointu dans les connaissances partagées que facilement abordable dans sa présentation abondamment illustrée, est à même de séduire un large public. Il intéressera tout particulièrement les lecteurs, soit déjà avertis, soit simplement curieux, de l’évolution des savoirs architecturaux et de son impact sur la créativité esthétique et artistique. (4/5)

 

 

Citations :

Extraits de leur milieu d’origine, les matériaux naturels ont un cycle de vie abrégé. La résistance du bois ou d’une pierre ne se calcule pas, elle s’estime car il s’agit d’un matériau mourant. Pour cette raison, le tailleur de pierre observe et sonne son bloc avant le premier coup de ciseau : il le frappe avec une massette, un marteau à long manche, pour tester sa solidité ; le son que le bloc émet le renseigne sur la densité de la pierre, sa solidité ou sa fragilité.

L’expression du sacré est certainement la quête la plus difficile à laquelle soit confrontée depuis toujours la sensibilité humaine ; il ne suffit pas de donner à un bâtiment l’image d’une salle de spectacle ni de l’installer au point le plus en vue d’une cité ou le plus fréquenté, voire le plus immédiatement accessible, ni d’en faire une œuvre d’art aux couleurs et aux formes chargées de valeurs esthétiques, ni même de l’indiquer d’une pancarte signalétique ou d’une croix pour en faire une église. Cette architecture se doit d’être porteuse de sens.

De l’Atlantique à la mer Caspienne et au-delà, de l’Egypte à la mer du Nord, l’empire romain a marqué son autorité en imposant le même dessin d’architecture à ses cirques, ses théâtres, ses thermes, ses arcs de triomphe, ses basiliques et ses forums. Toutes les civilisations ont fait et continuent de faire la même chose sur les territoires et les peuples qu’elles entendent maîtriser.

En Europe, les voyageurs disent qu’aux mêmes époques les cathédrales qu’ils visitent se ressemblent toutes. Pourquoi ? Parce que l’architecture est un lien dans la succession des étapes dans la pensée de l’homme. A un moment donné de l’histoire, elle ancre la civilisation dans une pensée globale de référence. C’est elle qui forge l’éducation, la culture, les savoir-vivre mais aussi la conception de la vie politique, économique et sociale ; elle n’est pas unique mais unificatrice.


 

dimanche 9 mai 2021

[Gagnepain, Bernard] Un maître du Livre : Bernard Naudin

 


 

 

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Titre : Un maître du Livre
            Bernard Naudin

Auteur : Bernard GAGNEPAIN

Parution : 2020 (Bouinotte Editions)

Pages : 336

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

La plupart des habitants de l'Indre en général et ceux de Châteauroux en particulier, ont entendu parler de Bernard Naudin, de ses illustrations, de son coup de crayon et de sa grande renommée au début du 20e siècle mais n'imaginent pas combien était génial ce touche-à-tout dont l'histoire a commencé au bord de la place Sainte-Hélène en 1876. Tour à tour dessinateur, musicien (il jouait de la guitare et de... la viole de gambe), graveur et illustrateur, Bernard Naudin a marqué son époque de son empreinte, au même titre qu'un Nivet l'a fait dans la sculpture, si ce n'est plus encore... 

Pour poursuivre le remarquable catalogue raisonné de l’œuvre gravé de Bernard Naudin par Marie Berthail, Bernard Gagnepain livre un nouvel ouvrage, fruit de quatorze années de recherches et de labeur qui surprendra par la qualité et l'ampleur du travail réalisé d'une part, mais aussi et surtout par le sujet lui-même. Si l’œuvre gravé de Bernard Naudin est importante et reconnue, l’oeuvre dessiné l’est tout autant et ses illustrations poignantes de vérité complétées de ses dessins d’ornement font de lui un véritable maître du livre recherché par les bibliophiles. C’est à cet aspect que s’est attaché Bernard Gagnepain en rédigeant ce catalogue raisonné des ouvrages illustrés par Bernard Naudin qui répertorie 77 livres et 9 albums.

Ce catalogue n’a d’autre ambition que de mettre en lumière la production artistique de Bernard Naudin au service de l’illustration d’œuvres littéraires choisies et de contribuer au renom de cet artiste éclectique considéré comme l’un des maîtres de la gravure à l’instar des Callot, Rembrandt, Goya… .
Puisse cet ouvrage faire encore mieux connaître cet artiste doté d’un sens élevé de l’amour de l’art qui contribua à enrichir les arts graphiques et qu’il puisse répondre à l’attente de sa veuve qui écrivait : « Bernard Naudin n’est pas tout à fait mort. Si la matière périt, l’Esprit demeure. ».

  

Un mot sur l'auteur : 

Bernard Gagnepain est un musicologue français né en 1927. Spécialiste de la musique française ancienne, il a notamment collaboré à plusieurs ouvrages collectifs, ainsi qu'à des dictionnaires et encyclopédies sur le sujet.

 

 

Avis :

Bernard Naudin (1876 – 1946) acquit de son vivant une grande notoriété par ses peintures, mais surtout ses dessins et ses gravures. D’origine berrichonne, il se partagea entre sa région natale et Paris, exposant ses œuvres, collaborant à des revues et illustrant de nombreux livres. Il nous a laissé une police de caractère, et une œuvre qui le hissa parmi les plus grands, où l’on note notamment de nombreuses scènes berrichonnes, des illustrations montrant  la vie des tranchées pendant la Grande Guerre, des représentations de déshérités, etc. Au terme de près de vingt ans de recherche, le musicologue et historien de la musique Bernard Gagnepain nous livre le fruit de sa passion pour le célèbre dessinateur : le catalogue raisonné des ouvrages illustrés par Bernard Naudin. La reproduction des dessins est accompagnée d’une présentation de leur auteur et d’extraits de textes commentant l’importance et la valeur de son œuvre, ainsi que de lettres de sa veuve, soucieuse d’assurer la pérennité de son héritage artistique.

C’est avec une certaine émotion que l’on découvre en introduction les efforts de Madame Naudin pour perpétuer l’oeuvre de son mari, notamment, et en vain, pour permettre l’édition de son chef d’oeuvre, l’illustration du Grand Testament de François Villon, prévue en 1914, empêchée par la guerre, et à ce jour demeurée dans les cartons. L’on se plonge ensuite avec fascination dans l’immense variété des dessins quasi toujours en noir et blanc, qui tous ont en commun l’extraordinaire capacité de l’artiste à croquer ses sujets et personnages dans ce qu’ils ont de plus essentiel et de plus révélateur. Beaucoup sont le résultat d’une fine observation, d’autres, comme ceux de son Villon, imaginés avec une vérité et une acuité qui témoignent d’une imprégnation profonde de l’oeuvre du poète. Les dessins de guerre abondent, mais aussi les illustrations de livres pour enfants et, surtout, de grands auteurs, tels Baudelaire, Flaubert, Diderot, Verhaeren, Poe, Vallès… Enfin, comme par un clin d’oeil à la profession de l’auteur, le catalogue s’achève par des dessins de musiciens, dont Beethoven.

Ce très beau recueil, réalisé dans une édition de qualité, est un hommage à un grand artiste, qui séduira aussi bien les amateurs de dessins et de gravures, que les amoureux des livres, curieux de leurs anciennes éditions et de leurs illustrations. A travers lui, et comme le souhaitait tant Madame Naudin veuve, c’est toute une part de l’esprit de Bernard Naudin qui parvient jusqu’à nous. (4/5)


 

samedi 9 mars 2019

[Cars, Jean (des)] Le Hameau de la Reine






J'ai beaucoup aimé

Titre : Le Hameau de la Reine

Auteur : Jean DES CARS

Editeur : Flammarion

Parution : 2018

Pages : 224









Présentation de l'éditeur :   

En 1774, Louis XVI offrait le Petit Trianon à Marie-Antoinette désireuse de disposer d'un lieu pour échapper à l'étiquette rigide et contraignante de la Cour. La jeune reine va passionnément aimer ce domaine, bientôt prolongé d'un jardin «anglo-chinois» à l'opposé de la splendeur géométrique des jardins de Versailles. En 1782, elle y ajoute un "nouveau jardin" qui abrite, autour d'un étang, des chaumières à colombages formant un véritable village aux façades rustiques mais aux intérieurs souvent raffinés. Le Hameau comprend en outre une ferme et son fermier chargé de l'exploitation, gérant le bétail, les cultures, le moulin et la laiterie. Longtemps abandonné, considéré, à tort, comme une excentricité de Marie-Antoinette qui y avait vécu des moments heureux mais aussi des heures dramatiques, le Hameau revit peu à peu. La restauration de la Maison de la Reine, au cœur du domaine, a inspiré cet ouvrage inédit, abondamment illustré par une documentation originale.

 

Avis :

Ce beau livre au grammage luxueux et agrémenté de nombreuses illustrations relate l’histoire du Hameau de la Reine à Versailles. D’une lecture intéressante et agréable, il permet de découvrir les dessous de ce lieu, de façon très complémentaire à une visite sur place, ainsi que les personnages qui ont contribué à son édification ou qui y ont séjourné. La sortie de ce livre en 2018 coïncidait avec la réouverture au public du Hameau après restauration. Il m’a donné envie d’y retourner. (4/5)

dimanche 3 mars 2019

[Vial, Nicolas & Decoin, Didier] Plus un chat ?






Coup de coeur 💓

 

Titre : Plus un chat ?

Auteurs : Nicolas VIAL (Illustrations)
               Didier DECOIN (Texte)

Editeur : Editions du Chêne

Parution : 2018

Pages : 112








Présentation de l'éditeur :

Poétique ou imaginaire, laissez-vous séduire par une autre Venise, celle des chats de Nicolas Vial dont les dessins aux couleurs généreuses ont inspiré la plume de Didier Decoin. La plupart des chats ont disparu des ruelles de Venise et beaucoup le regrettent. Depuis l’époque de la République, les habitants de la Sérénissime respectent ces félins, redoutables remparts contre les nuisibles à moustaches. Au fil des pages, le lecteur suivra le parcours d’une armada de chats déambulant dans le dédale des célèbres canaux. Le périple dans cette Venise pittoresque, parfois imaginaire, s’achève au crépuscule quand la silhouette de la ville se confond avec la ligne d’horizon.  Au fil des pages, Nicolas Vial met en scène des chats vagabondant dans les ruelles, pilotant un Riva ou somnolant au bord des canaux. Inspiré par cette vision ludique et poétique de Venise, le romancier Didier Decoin, accompagne de sa plume ces félins partis à la conquête de la ville.
 

 

Avis :

Didier Decoin et Nicolas Vial partagent la même passion pour la mer, les bateaux et les chats. Ils ont mis en commun leur plume et leur pinceau pour produire un joli livre illustré sur Venise et ses habitants moustachus. On ne se lasse pas de contempler les aquarelles en ocre, vert et bleu, qui ont inspiré un texte onirique, plein d’humour et de fantaisie, émaillé de détails érudits, instructifs et pittoresques, et qui restitue par petites touches un poétique mélange de splendeur et de décrépitude. 
Dommage toutefois que le fil directeur paraisse un peu décousu vers la fin, comme s’il y manquait un passage. Cet hommage à la sérénissime lagune et aux seigneuriaux félins est un « beau livre » – grand format, grammage épais – à s’offrir et à offrir, pour un pur moment de charme. Le Père Noël ne s’y est pas trompé en choisissant le pied de mon sapin. (5/5)

  

Citation :

Leurs ronronnements sont comme le bruit du ressac, ils nous éloignent doucement des rivages désenchantés, nous emportant vers le large, là-bas où, comme la mer, la vie est plus profonde.