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mercredi 6 mars 2019

[Hermary-Vieille, Catherine]





              

          BILAN DE LECTURE :


           28  Livres lus :

           13  Coups de coeur (5/5)
            7   Beaucoup aimés (4/5)
            6   Aimés (3/5)
            2   Moyennement aimés (2/5)






 

 

BIOGRAPHIE :

Catherine Hermary-Vieille est une romancière et biographe française née en 1948. Après des études classiques, elle passe deux ans à l'École nationale des langues orientales en arabe classique. Elle se marie avec l'ingénieur Jean Vieille et part aux États-Unis pour l'accompagner dans une assignation de trois ans dans la région de New York. Après le retour à Paris et la naissance d'un fils, en 1978, suivent plusieurs voyages au Liban alors en guerre, en tant que journaliste, et plus tard l'adoption d'une petite fille libanaise, en 1985. Elle retourne aux États-Unis, au sud de Washington, avec son mari et leurs deux enfants, puis ils s'installèrent au Texas, en Floride, à Washington et enfin à Charlottesville, en Virginie, ou ils résident.
En 1981, son premier roman, Le Grand Vizir de la nuit, inspiré du conte La Fin de Giafar et des Barmakides des Mille et Une Nuits, remporte le Prix Femina. Depuis, Catherine Hermary-Vieille alterne les biographies et les romans avec le même succès. Elle a été récompensée par plusieurs Prix Littéraires. La plus grande part de son œuvre romanesque appartient à la veine du roman historique.
(Source Babelio)


BIBLIOGRAPHIE (Romans) :

(Les 💓 indiquent mes coups de coeur et leur intensité)

 

  💓    Les Dames de Brières 1 (1999)   
  💓    Les Dames de Brières 2 : L'étang du diable (2000)  
  💓    Les Dames de Brières 3 : La fille du feu (2000) 

    -     Le Crépuscule des rois 1 : La rose d'Anjou (2002) 
    -     Le Crépuscule des rois 2 : Les reines de cœur (2003) 
    -     Le Crépuscule des rois 3 : Les lionnes d'Angleterre (2004) 

💓💓  Le Grand Vizir de la nuit (1981) 
💓💓  La Marquise des ombres (1983) 
    -     L'Épiphanie des dieux (1983)
    -     L'Infidèle (1985)
    -     Romy (1986)
    -     Le Jardin des Henderson (1988)
  💓    Le Rivage des adieux (1990) 
    -     Un amour fou (1991)
    -     La Piste des turquoises (1992)
    -     La Pointe aux tortues (1994)
💓💓  Lola (1994) 
💓💓  L'Initié (1996) 
    -     Le salon de conversation (1997)
    -     L'ange noir (1998)   
  💓    La Bourbonnaise (2003) 
    -     Lord James (2006) 
    -     Le Gardien du phare (2007) 
  💓    Le Roman d'Alia (2008)  
    -     Les Années Trianon (2009)  
    -     Merveilleuses (2011)  
    -     Le Siècle de Dieu (2013)  
  💓    La Bête (2014)  
    -     Georges Sand, les carnets secrets d'une insoumise (2014)  
💓💓  D'or et de sang. La malédiction des Valois (2016)  
  💓    Moi chevalier d'Eon, espionne du roi (2018)



POINTS FORTS : 

Erudition et documentation historique solide. 
Ses biographies sont des synthèses cohérentes de faits historiques avérés, de légendes, d'hypothèses généralement répandues. 
Style fluide, plutôt descriptif, sans interprétation romanesque excessive.  


THEMES RECURRENTS : 

Biographies et romans historiques. Grandes figures féminines.

[Hermary-Vieille, Catherine] L'épiphanie des Dieux






J'ai aimé

Titre : L'épiphanie des Dieux

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Gallimard

Parution : 1983

Pages : 192








Présentation de l'éditeur :   

L'épiphanie des dieux est l'apparition sous des traits humains des dieux du panthéon vaudou. Dans une Haïti moite, sensuelle, indolente et violente, ces dieux sont symbolisés par trois personnages : Babé, la jeune femme française secrète, passive, généreuse, lâche et obstinée, à l'image d'Erzulie Freda, la déesse de l'amour ; Barthélemy Avril, son amant, ministre de l'Intérieur, représentant Damballah le dieu-serpent, qui joue politiquement une partie double l'amenant à sacrifier un homme qu'il a manipulé ; et David Manville, Agué le dieu aux yeux clairs venu de la mer, Américain arrivé en Haïti pour enquêter sur l'assassinat d'un de ses compatriotes. Ces trois personnages sont liés les uns aux autres, comme le sont les dieux, dans une tornade de sang et d'obscurité qui va trouver son aboutissement au cours d'une oppressante cérémonie vaudou, mise à mort et résurrection. Ce roman, qui entraîne le lecteur dans un pays fascinant, va le conduire dans les pas de ses héros vers le mystère de l'épiphanie des dieux.

 

 

Avis :

En Haïti, l’enquête après l’assassinat d’un Américain risque de compromettre l’ambitieux et pas très net ministre de l’intérieur, d’autant plus embarrassé que débarque un enquêteur dépêché par les Etats-Unis. Pour se maintenir au pouvoir, l’homme politique ne va pas hésiter à trahir et à jouer double jeu. Tout comme il va rompre avec sa maîtresse blanche, la Française Babé, avec qui il entretenait une liaison flatteuse, mais soudain bien moins séduisante qu’une possible relation avec une jeune femme proche du Président d’Haïti.

Dans une atmosphère moite et trouble, Catherine Hermary-Vieille nous fait découvrir une île d’ombre et de lumière, où se côtoient nonchalance et violence. Sous les bougainvillées et les flamboyants, au bord des eaux turquoise, la gaieté et l’insouciance versent vite dans le sang et la noirceur : sanguinolents combats de coqs, oppressants rites vaudou et sombres assassinats pour le pouvoir, émaillent une histoire par ailleurs assez lente, celle de la déliquescence de la relation amoureuse entre Babé et le ministre Barthélemy Avril. Le jeu de pouvoir et de séduction qui, tels les dieux du panthéon vaudou, lie les puissants de cette histoire, n’apportera que mort et séparation à leur entourage, sacrifié sans vergogne.

L’histoire en elle-même ne m’a pas vraiment séduite, voire parfois presque ennuyée. Le texte est toutefois remarquablement bien écrit : l’atmosphère est palpable, la végétation et la lumière haïtiennes transpercent les pages, les personnages prennent vie avec finesse et subtilité. De grandes qualité donc, mais au service d’un récit qui ne m’a pas complètement captivée. (3/5)

[Hermary-Vieille, Catherine & Sarde, Michèle] Le salon de conversation





J'ai aimé

Titre : Le salon de conversation

Auteurs : Catherine HERMARY-VIEILLE

               & Michèle SARDE

Editeur : JC Lattès

Parution : 1997

Pages : 352








 

Présentation de l'éditeur :   

Austin, Texas. L'année scolaire a recommencé à l'Alliance française. Il sont onze à se retrouver, une fois par mois, au salon de conversation. Deux Françaises enseignent à neuf Américains la langue de Molière. Mais les uns et les autres jouent, surtout, à comparer ce qui, dans les moeurs et les usages, les unit et les distingue. Choc des cultures, des idées reçues, des préjugés : des rites amoureux aux grands procès télévisés, de l'art de la table à la vie privée des hommes politiques, on s'y indigne et l'on s'y rapproche, on s'y déteste et l'on s'y aime.  Mais qui sont-ils ? Un chanteur d'opéra homosexuel, une femme obsédée par son job, une veuve romantique, un séducteur qui ne respecte pas le politically correct, une épouse qui se révolte, une mère qui se retrouve... Tout ce monde va tisser des liens, parfois conflictuels, entre la France et l'Amérique et vivre des moments intenses, douloureux aussi bien qu'heureux, chacun va surtout s'affronter à son destin.  

Oeuvre originale, Le salon de conversation raconte comment, à travers le face-à-face de deux civilisations, des êtres apprennent avec intelligence et amour à s'accepter tels qu'ils sont. Catherine Hermary-Vieille et Michèle Sarde romancières et biographes, ont vécu et enseigné aux Etats-Unis respectivement depuis une ou deux décennies. Ecrit sous le signe de leur rencontre et de leur amitié, Le salon de conversation reflète cette commune expérience.

 

 

Avis :

Une Française chargée de cours dans une université du Texas y anime un salon de conversation : groupe de discussion ouvert à toute personne désireuse de perfectionner sa connaissance de la langue française. Ces conversations sont l’occasion de découvrir et de comprendre quelques différences culturelles entre Américains et Français. 
Inspiré de l’expérience personnelle des deux auteurs, le récit, construit sur l’actualité d’il y a vingt ans, a bien failli me perdre par abandon avant la centième page. J’ai repris la lecture après quelques jours de pause, et, cette fois, j’ai fini par me laisser prendre au jeu, au fur et à mesure que leurs confidences dessinaient des personnages variés et plutôt attachants. 

Daté par son contexte social et politique, le livre reste d’actualité sur ses analyses de fond : libertés et rôle de l’État, foisonnement des procès en particulier collectifs, immigration, racisme, minorités, rapport hommes/femmes, homosexualité, traditions telles Thanksgiving et Noël… Certains passages m’ont littéralement fait écarquillé les yeux d’étonnement, notamment sur ce qui, banal en Europe, est considéré répréhensible aux Etats-Unis : par peur de se voir poursuivi pour harcèlement, un Américain ira droit au but en s’enquérant d’emblée de l’assentiment sexuel de la dame et en évitant soigneusement toute ambiguïté qui pourrait résulter d’approches préalables. Une publicité n’incitera pas à courir voir un film récemment sorti, sous peine d’être condamnée pour discrimination envers les personnes non-voyantes et/ou en fauteuil roulant. Tout humour visant autrui sera pris pour une marque de méchanceté et pour une attaque personnelle, etc … Les avocats n’étant rémunérés que par commission sur les sommes obtenues, les procès prolifèrent. 

Au final, j’ai trouvé cette lecture moyennement plaisante mais elle m’a fait découvrir avec surprise certains aspects de la culture américaine. (3/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Le jardin des Henderson






J'ai beaucoup aimé

Titre : Le jardin des Henderson

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Gallimard

Parution : 1988

Pages : 432








 

Présentation de l'éditeur :   

Mai 1929. Le romancier Patrick Henderson et sa jeune épouse Elaine quittent la Virginie pour Paris. Patrick s'éprend d'un journaliste anglais, Steph ; Elaine d'un riche industriel, Philippe. Et le temps passe sur leur bonheur manqué. Hitler couvre bientôt l'Europe de son ombre. Malgré la souffrance qu'il leur en coûte, mais pour sauver leur couple, Patrick et Elaine décident de renoncer à leurs liaisons, ils achètent un terrain en Tunisie où ils construiront leur maison, entourée d'un jardin magique. Une nouvelle existence pourra dès lors commencer pour ces deux époux qui auront voulu, contre vents et marées, protéger ce lien si fort, toujours menacé, qu'est l'amour conjugal.

 

 

Avis :

Un couple de riches Américains s’établit à Paris dans les années trente. Ils y mènent une existence oisive et très privilégiée, fréquentant le Tout-Paris et ses artistes, papillonnant de fêtes éblouissantes en villégiatures italiennes, s’éprenant chacun passionnément d’un amant. Sous les apparences frivoles couve toutefois un mal-être latent, amplifié par un climat de plus en plus menaçant en Europe. Le couple décide de tout quitter à nouveau, cette fois pour la Tunisie, à la recherche d’un bonheur plus authentique et plus serein. Soulevant l’incompréhension de leur entourage, ils se replient sur un autre mode de vie, centré sur leur nouveau domaine construit autour d’un magnifique jardin, au contact de la simplicité humaine locale et de la rudesse du désert. La seconde guerre mondiale les poursuit bientôt. 

Malgré ce qui m’a semblé quelques lenteurs et longueurs, ce roman excelle à recréer l’ambiance faussement insouciante d’une intelligentsia qui ne parvient bientôt plus à tromper son impuissance et son désespoir et s’enfonce peu à peu dans le chaos. Les Henderson tentent de tourner le dos à un monde qui ne leur convient plus, mais peut-on créer son propre paradis et s’y isoler, dans un univers en proie à la folie ? S’agit-il de fuite ou de sagesse ? Ne peut-on être heureux qu’en se retranchant des passions ? Et peut-on le rester en fermant les yeux sur les souffrances d’autrui ? 

Le style est agréable à lire, les personnages sont attachants et fouillés, les paysages magnifiés, le récit empli d’une réflexion profonde. J’ai découvert à cette occasion l’eudémonisme, fondé sur la recherche du bonheur. Un très joli récit qui mérite qu’on s’y attarde et que je rangerais volontiers parmi les livres classiques, pour sa portée philosophique. Et vous, réussissez-vous à cultiver votre jardin personnel ? (4/5)

 

 

Citations :

Le soleil déjà bas jetait entre les feuilles une lumière douce que le vent déplaçait, formant de minces échelles qui permettaient aux rêves de s’évader.
Des busards, suivant les courants du vent, semblaient danser ces pas anciens et lents faisant tournoyer des couples qui ne se touchaient jamais.

[Hermary-Vieille, Catherine] La piste des turquoises






J'ai aimé

Titre : La piste des turquoises

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Gallimard

Parution : 1992

Pages : 266








 

Présentation de l'éditeur :   

Lorraine, quarante ans, a toujours vécu protégée auprès de Pierre, son mari. L'accident d'avion où meurt celui-ci et qui rend son fils infirme la jette dans une étrange aventure : elle part au Nouveau-Mexique récupérer des créances et, dans cette Amérique inconnue, avec ses hommes d'affaires, ses politiciens, ses Indiens, elle découvre un pays magnifique, la piste des Turquoises à côté des pueblos, la duplicité et la trahison, en même temps que l'amitié. Elle rentre à Paris aguerrie et transformée. Comme dans un film en scope et en couleurs, Catherine Hermary-Vieille oppose deux mondes. Le nouveau, avec ses périls, son exotisme, l'ancien, représenté par une femme courageuse qui se bat contre tous, contre elle-même, au nom de l'amour.

 

 

Avis :

En une nuit, la vie de Lorraine bascule : un accident d’avion a tué son mari et laissé son fils infirme. Elle qui s’était jusqu’alors contenté de se laisser vivre dans le cocon très aisé construit par son mari, va devoir désormais compter sur elle-même. Commencent les complications de la succession, et surtout, une soudaine plongée sous la surface apparemment lisse et calme des affaires du défunt. C’est à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, là où son mari avaient des intérêts, que Lorraine découvre la réalité d’un milieu d’hommes d’affaires et de politiciens sans scrupule, prêts à ne faire d’elle qu’une bouchée. Plumée et délestée de ses illusions, Lorraine va apprendre à se recentrer sur l’essentiel : l’amour de son fils. 

J’ai aimé le rythme et la tension qui entraînent le lecteur sans répit du début à la fin de ce court roman, le style fluide et agréable, la qualité du rendu des personnages et des atmosphères. Toutefois, la fin ne m’a pas semblé à la hauteur du reste : clairement frustrante car trop abrupte et comme en queue de poisson, peut-être un peu simpliste aussi, car change-t-on de vie et d’état d’esprit si facilement et si rapidement ? 
Une lecture très plaisante donc, mais qui me laisse mitigée et sur ma faim : sur le fond, l’histoire ne m’a pas semblé tenir toutes ses promesses, restant au final trop gentillette. (3/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] L'infidèle






J'ai aimé

Titre : L'infidèle

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Gallimard

Parution : 1985

Pages : 300








Présentation de l'éditeur :   

L'amour peut s'enraciner, fleurir et resplendir n'importe où, même au coeur de l'épouvantable guerre du Proche-Orient dont nous suivons les phases à distance. C'est ce que nous démontrent les personnages que met en scène la romancière dans un récit de passion folle, de sang et de mort. Habitant New York auprès de sa femme Carol et de ses enfants, le Libanais Samir Khoury (devenu citoyen américain) est un riche négociateur entre banques américaines et arabes. Il rencontre un jour, lors d'un court passage à Beyrouth, Joumana, une jeune Libanaise infirmière à la Croix-Rouge, adorée du docteur Selim Kassem. Coup de foudre entre Samir et Joumana qui n'avaient pourtant aucune chance de se connaître. Mais le destin, aberrant et splendide, choisit librement ses proies. Les deux amants vont vivre l'absolu, tantôt séparés par les retours de Samir à New York, tantôt s'étreignant parmi les attentats, les bombardements et les ruines où la vie cependant continue avec une étonnante ténacité. Enfermés dans la force de leur amour, Samir ne verra plus, ne comprendra plus les bonheurs, les espérances, les regrets de Carol, tandis que Joumana laissera Selim s'engager dans l'armée palestinienne. Seuls désormais en face l'un de l'autre, ils vont tenter de se rejoindre.

 

Avis :

Samir a quitté le Liban pour les Etats-Unis, où, désormais citoyen américain, il mène une existence aisée avec femme et enfants. En 1976, lors de l’un de ses déplacements professionnels à Beyrouth, alors en guerre, il rencontre Joumana : leur coup de foudre va se transformer en une passion prête à tout balayer sur son passage, tandis que Samir retrouve les racines et la patrie qu’il croyait avoir rejetées. Mais, dans le théâtre violent de leur pays déchiré et ensanglanté, pourront-ils vivre autre chose que dilemme, souffrances et tragédie ? 
Cette histoire sentimentale n’aurait pas présenté grand intérêt si elle n’avait lieu sur fond de guerre, dans un Liban magnifiquement décrit. Les personnages sont crédibles et fouillés, le style fluide et maîtrisé, la lecture agréable et émouvante. Cela reste malgré tout un peu trop convenu et fleur bleue à mon goût pour demeurer mémorable. 
Un bon moment, sans plus. (3/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Moi, chevalier d'Eon, espionne du roi


 

   

 

 
Coup de coeur 💓

 

Titre : Moi, Chevalier d'Eon, espionne du roi

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2018

Pages : 341








Présentation de l'éditeur :   

« Que pourrais-je vous dire ? Que je fus plus heureux durant les quarante-neuf années où je vécus en homme que pendant les trente où je fus femme ? Quarante-neuf années où il me semblait subir un état qui n'était pas le mien et trente à prendre conscience des exorbitants privilèges accordés aux mâles, même si le bonheur d'être enfin moi-même l'emportait sur les sacrifices qu'il fallait consentir. »
Le chevalier d'Éon : un nom familier qui a pourtant conservé tout son mystère. Diplomate, officier, redoutable bretteur, cavalier hors pair ou femme séduisante, intrigante, habile, émissaire clandestine du roi Louis XV ? Un homme désirant être femme, une femme virile, un travesti ?
L'énigme du chevalier d'Eon demeure et fascine toujours autant. Être d'exception incapable de se glisser dans le monde figé par les codes sociaux et sexuels de son époque, jamais il ne renoncera à être lui-même.
Avec la rigueur historique et la sensualité d'une grande romancière, Catherine Hermary-Vieille fait revivre la figure ambigüe et controversée du plus célèbre agent secret de l'Histoire.

 

Avis :

Personnage que je ne connaissais que par l’énigme de son genre, le Chevalier d’Eon est étonnant à plus d’un titre : ambigu quant à son sexe certes, mais aussi complexe dans toute sa personnalité. Bretteur chevronné, décoré pour sa bravoure au combat, mais aimant chiffons et dentelles, risquant sa vie au service de son pays mais monnayant la restitution de documents compromettants pour l’Etat, souffrant du scandale mais l’alimentant par ses écrits flamboyants, se distinguant comme habile diplomate et comme espion de Louis XV, il vécut la première moitié de sa vie en homme, la seconde en femme, et fut l’objet d’autant de curiosité et de scandale que de considération. Catherine Hermary-Vieille nous livre une nouvelle fois une de ses intéressantes et documentées biographies romancées, sans forcément faire de tri entre légende et réalité, mais restituant agréablement et avec beaucoup de cohérence, le portrait d’un personnage historique étonnant et incompris par ses contemporains. 
Encore un coup de coeur. (5/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Le grand vizir de la nuit






Coup de coeur 💓💓

 

Titre : Le grand vizir de la nuit

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Gallimard

Parution : 1981

Pages : 256









Présentation de l'éditeur :   

Inspiré par la légende des Barmakides et par l'histoire des premières dynasties perses, issues du fabuleux Al-Mansur, ce roman plein de couleur et de fantaisie narre l'aventure de Djafar, ami et conseiller du calife Harun al-Rachid. Djafar atteignit le sommet du pouvoir, puis mourut dans la disgrâce, marquant ainsi la chute de la maison des Barmakides. Dans le roman que voici, c'est l'étrange passion homosexuelle qui unit le puissant calife à ce jeune homme ambitieux qui provoque le drame. Djafar se voit marié à la propre sœur du calife, à la condition qu'il ne consommera pas ce mariage. Mais il se découvre alors une passion pour cette jeune fille, transgresse l'interdit et est condamné à mort par celui qui fut son ami et qui, touché par la grâce d'un autre conseiller – rival de Djafar –, devient son pire ennemi. Ces Mille et Une Nuits tragiques donnent lieu à un récit à la fois sobre et romantique, brûlant et glacé, et qui se termine, selon la tradition, par l'exécution du narrateur.

 

Avis :

Un très bon cru que ce premier livre de Catherine Hermary-Vieille, qui vient se classer parmi mes préférés de cet auteur : le récit empreint de mélancolie nous transporte à Bagdad au premier siècle de notre ère. Un vieil homme, ancien serviteur du vizir Djafar, raconte le parcours de son maître : son enfance, sa rencontre avec le calife Harun al-Rachid, l’extraordinaire passion amoureuse qui unit les deux hommes, le pouvoir qui lui procura sa position de favori, puis sa déchéance et sa cruelle exécution. 
Catherine Hermary-Vieille s’est inspiré de ce qui est connu de ces deux personnages réels, cités dans les Mille et une nuits, pour nous conter une histoire tragique et touchante, dépaysante à souhait, où l’ambiance et les lieux sont rendus avec toute la poésie du Moyen-Orient. Une fois commencé, impossible de lâcher ce petit livre, dont on sait d’avance la fin inéluctable mais qui n’en tient pas moins en haleine jusqu’à son ultime paroxysme. Un très joli coup de coeur. (5/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Lola





Coup de coeur 💓💓

 

Titre : Lola

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Plon

Parution : 1994

Pages : 493








 

Présentation de l'éditeur :   

Brisant les coeurs sur son passage, déchaînant les passions, provoquant le scandale, Lola Montès eut sans nul doute l'une des existences les plus tumultueuses du XIXe siècle. Qui aurait pu deviner que cette fausse danseuse andalouse était née en Irlande et avait grandi à Calcutta ? À Varsovie, devant des centaines de spectateurs, elle défia le gouvernement russe. À Berlin, elle cravacha un gendarme prussien. À Munich, enfin, elle séduisit Louis Ier de Bavière et mit la ville en révolution. C'est ce destin hors du commun que retrace ce passionnant roman. Grâce à Catherine Hermary-Vieille, nous découvrons une femme exceptionnelle, refusant la fatalité, inventant sa vie avec liberté et insolence, parcourant le monde à la poursuite de la gloire et d'un impossible bonheur. Une figure tragique et inoubliable. "Près de cinq cents pages d'émotions fortes [...] L'Inde ici sent la mousson et le thé, les étoffes de Paris vous glissent entre les doigts, et l'Amérique des pionniers grince comme un chariot de western. On vole à Lola Montès un peu de ses folies, de sa splendeur et de sa misère." Renaud Matignon "Le Figaro".

 

 

Avis :

Certaines vies sont plus improbables que des romans. Si ce récit avait été une fiction, il aurait pu paraître trop romanesque et peu crédible. Mais il s'agit d'une biographie romancée bâtie sur une sérieuse documentation, comme sait si bien le faire Catherine Hermary-Vieille. 

Je ne connaissais pas Lola Montès, fausse danseuse espagnole et surtout courtisane au parcours tumultueux, qui vécut au XIXème siècle et acquit une sulfureuse notoriété. Elle fréquenta nombre de personnalités, comme Liszt, Dumas, Sand, et fut la maîtresse du roi Louis 1er de Bavière. Elle parcourut le monde au fil d'une vie aux multiples rebondissements, faisant preuve d'une audace fascinante. Croquant follement la vie, flambeuse et aventurière dans l'âme, cette femme fatale impressionne par son opportunisme, sa détermination et son courage, même s'ils reposent sur un orgueil démesuré et une intransigeance insupportable. 

Ce long récit qui transporte le lecteur aux quatre coins du monde m'a passionnée. Le rythme est alerte, les surprises se succèdent, tandis que se dessine le portrait étonnant d'une femme autant détestée qu'adulée, qui construisit sa force de caractère sur une terrible faille intérieure, et qui se brûla les ailes dans sa quête éperdue de notoriété et d'amour. Coup de coeur. (5/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] D'or et de sang. La malédiction des Valois





Coup de coeur 💓💓

 

Titre : D'or et de sang. La malédiction des Valois

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2016

Pages : 384








Présentation de l'éditeur :   

Ils ont été les derniers rois de la Renaissance. Violents, cruels, dégénérés, soumis à la férule de Catherine de Médicis, mère abusive, régente ambitieuse, qui tiendra jusqu’au bout un pouvoir que ses fils étaient incapables d’assumer. François II, Charles IX, Henri III, le duc d’Anjou… tous disparaitront dans la fleur de l’âge, assassinés, emportés par la maladie ou la folie. Libre, rebelle, sensuelle, leur sœur Marguerite, «la perle des Valois», affiche une vie dissolue, collectionnant les amants. Elle acceptera pourtant de se plier à la raison d’Etat en épousant Henri de Navarre, le futur Henri IV. Femme fatale, la reine Margot domine l’extraordinaire roman de Catherine Hermary-Vieille qui nous plonge dans les fastes et les horreurs d’une cour de France hantée par les espions, les empoisonneurs et les spadassins, gouvernée par des fauves sanguinaires qui s’entredéchireront jusqu’à la mort de leur dynastie. 

 

Avis :

Catherine Hermary-Vieille nous transporte cette fois au XVIème siècle, dans une France secouée par les guerres de religion. Une figure domine toute la période : Catherine de Médicis, personnalité écrasante et omniprésente, qui s'accroche au pouvoir et tente en vain de sauver sa dynastie. Ses fils disparaissent un par un sans descendance, de maladie ou de mort violente. Leurs règnes sont particulièrement troublés, déchirés par des luttes sanglantes pour le pouvoir. Une autre femme tente de trouver sa place, la rebelle et intraitable "Margot", dont l'Histoire a retenu le mythe d'une femme lubrique et aliénée, mais qui fut en réalité le trait d'union entre la dynastie des Valois et celle des Bourbons. 

L'auteur ne démêle rien des faits avérés et de la légende. Si l'on peut objecter l'absence de tri entre mythes et réalités, ce roman historique n'en est pas moins cohérent et crédible, et qui plus est, passionnant : le lecteur est emporté dans le flot tumultueux des sombres évènements qui précipitèrent les Valois vers une fin "maudite". Certes rapide, ce survol d'une longue période à la réputation sulfureuse en donne un aperçu vivant et jamais ennuyeux. 

J'ai passé un excellent moment, qui vient classer cette vaste fresque parmi mes coups de coeur. (5/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] George Sand : les carnets secrets d'une insoumise




J'ai aimé

Titre : George Sand

           Les carnets secrets d'une insoumise

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : XO

Parution : 2014

Pages : 286








 

Présentation de l'éditeur :   

Le roman de la vie cachée de George Sand.

De George Sand s’impose l’image de la « bonne dame de Nohant ». Celle qui, ayant derrière elle une riche carrière littéraire, s’occupait de son jardin et de ses œuvres. Pourtant, la romancière fut tout autre que cette image surannée : une amoureuse ardente, une républicaine, une combattante de la cause des femmes. Pourquoi un tel fossé entre ce qu’elle fut et l’image qu’elle a laissée ? En grande partie parce que, dans ses mémoires, George Sand a occulté tout un pan de sa vie. C’est cette histoire cachée que font revivre ces Carnets secrets, histoire romancée qui repose entièrement sur des faits avérés. Alors que sa fille Solange lit les confidences – fictives – de George Sand, les points de vue de la mère et de la fille se répondent. Ils dressent le portrait d’une femme libre, passionnément amoureuse – notamment de Musset et de Chopin –, qui mène sa vie personnelle et sa carrière d’une même main de fer. George Sand est une fantaisiste organisée, une passionnée à la tête froide qui place sa liberté au-dessus de tout le reste. Une femme à la modernité éclatante.


Dans la veine de ses grands romans historiques – Le Grand Vizir de la nuit (prix Femina), La Marquise des ombres ou encore Merveilleuses – Catherine Hermary-Vieille dresse le portrait d’une George Sand inconnue, une femme fascinante et libre.

 

 

Avis :

Formidable gageure que prétendre prendre la plume en lieu et place de Georges Sand, pour inventer son journal intime et écrire en son nom à la première personne. Cette réticence surmontée, on découvre agréablement une femme au caractère bien trempé, qui a mené sa vie comme alors seuls les hommes avaient le droit de le faire, assumant pleinement ses passions amoureuses et ses engagements de femme libre. Si elle a fréquenté beaucoup de ceux qui comptaient dans la vie artistique et intellectuelle de son époque (Musset, Chopin, Liszt, Delacroix, Balzac, Flaubert ..., même Victor Hugo par correspondance), elle a aussi souvent scandalisé ses contemporains. 

C'est cette confrontation avec son entourage que la construction de ce livre permet de découvrir, au travers du regard plein d'aigreur de sa fille Solange, qui n'a jamais pu comprendre ni accepter la vie de sa mère, et qui découvre ses carnets intimes. Voici un livre intéressant, pour qui souhaite mieux connaître la personnalité de cette grande femme de lettres, mais qui ne m'a pas enthousiasmée : j'ai eu trop de mal à adhérer à la construction, me semble-t-il artificielle, de ce roman qui dit "Je" à la place de Georges Sand et lui prête une expression dans un style sans rapport avec le sien bien sûr, mais aussi avec celui de son époque. (3/5)

mardi 5 mars 2019

[Hermary-Vieille, Catherine] Le siècle de Dieu





J'ai aimé

Titre : Le siècle de Dieu

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2013

Pages : 370









 

Présentation de l'éditeur :   

L’une voulait l’or et la gloire. L’autre ne demandait que l’amour de Dieu. Passionnée par l’Histoire et ses destins intimes, la romancière Catherine Hermary-Vieille, prix Femina pour Le Grand Vizir de la nuit, fait revivre le règne de Louis XIV et les débuts de la Régence dans une fresque éblouissante. Quand elle arrive en 1665 à Paris, Anne-Sophie n’a que seize ans mais beaucoup d’espérances. Issue de la noblesse bretonne, elle a quitté Lannion avec sa cousine Viviane pour se marier à un homme qu’elle ne connaît pas. Tandis qu’elle s’émerveille de la découverte de Paris, fréquente le salon de Melle de Scudéry et côtoie Mme de Sévigné, Viviane fait vœu de pauvreté en épousant la cause des Sœurs de la Charité et en se rapprochant de Jeanne Guyon. S’inspirant de ces deux chemins opposés, la plume flamboyante de Catherine Hermary-Vieille embrasse les contradictions d’une époque d’ombres et de lumières. Des fastes de Versailles à la misère du peuple qui crie famine, de l’exil de Fouquet à la révocation de l’édit de Nantes en passant par les fabuleux portraits de Mme de Maintenon et Ninon de Lenclos, de Fénelon et de Bossuet, l’inoubliable roman du Grand Siècle.

 

 

Avis :

Ce roman historique suit la vie de deux femmes de la noblesse pendant le règne de Louis XIV, puis la Régence, lorsque Louis XV était encore enfant. L'une s'intègre à la Cour de Versailles et fréquente les salons à la mode de Mademoiselle de Scudéry et de Ninon de Lenclos, l'autre rejoint les Soeurs de la Charité et se trouve confrontée à la misère du peuple. 

Ce double point de vue permet à l'auteur de décrire la coexistence de deux mondes de plus en plus étrangers l'un à l'autre et la mise en place des ferments qui mèneront à la Révolution française. L'affirmation d'un roi au pouvoir absolu passant aussi par celle d'une croyance religieuse unique, de nombreuses communautés se voient persécutées : protestants contre catholiques, jansénistes contre jésuites, Bossuet contre Fénelon. Catherine Hermary-Vieille fait à nouveau preuve d'érudition en nous fournissant ce récit à l'évidence étayé par une riche documentation historique. Ce roman est indéniablement intéressant, mais la description assez impersonnelle des faits et le manque de profondeur psychologique des personnages finissent par créer un vague ennui. Mes préférences vont à d'autres ouvrages du même auteur. (3/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] La bête





Coup de coeur 💓

 

Titre : La bête

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2014

Pages : 160








 

Présentation de l'éditeur :   

Au XVIIIe siècle, dans le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie, en Gévaudan, on a moins peur des loups, que l’on sait traquer depuis longtemps, que du Diable. Seul le père Chastel sait le tenir à distance avec ses potions et ses amulettes. On respecte, on craint cet homme qui détient tant de « secrets ». Mais lorsque la région devient la proie d’un animal aussi sanguinaire qu’insaisissable, comme vomi par l’enfer, le sorcier reste impuissant. La perte de ses pouvoirs serait-elle liée au retour de son fils Antoine, cet étrange garçon solitaire et sauvage, échappé des geôles du dey d’Alger ? À la frontière du mythe et de l’Histoire, Catherine Hermary-Vieille revisite la légende de la Bête du Gévaudan en explorant notre part secrète de violence et de bestialité. Un roman fascinant qui sonde les plus obscures pulsions humaines.

 

 

Avis :

Catherine Hermary-Vieille revisite le mythe de la bête du Gévaudan et nous en propose une version personnelle tout à fait crédible. 

Dans la campagne profonde de la Lozère du XVIIIème siècle, les hommes mènent une vie rude et précaire, imprégnée de superstitions. Lorsque nombre de femmes et de jeunes enfants sont retrouvés massacrés par ce qu'on suppose un terrible animal sauvage, mais qui reste insaisissable malgré la mobilisation générale, la terreur s'empare des esprits. Cette sauvagerie est pourtant bien d'origine humaine : derrière la bête meurtrière, se cache son dresseur, que de terribles épreuves ont transformé, au point d'en faire un tueur en série qui s'enfonce de jour en jour un peu plus dans la folie et l'auto-destruction. De l'homme ou de l'animal, on ne sait bientôt plus qui est la Bête. 

Ce court roman empli de violence se lit d'une traite. Intéressant par l'idée qu'il propose de l'origine de l'animal qui a tant terrifié le Gévaudan, il est fascinant par sa description du processus menant un homme à la folie meurtrière. Captivante et terrifiante, celle lecture sanglante s'achève sur un dénouement caché au public de l'époque, laissant donc toute la place à la perpétuation du mystère et à la construction du mythe. Contrairement à tant d'histoires fantaisistes écrites ou portées à l'écran à propos de la bête du Gévaudan, celle de Catherine Hermary-Vieille est la première qui me semble plausible. Coup de coeur. (5/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Les années Trianon






J'ai beaucoup aimé

Titre : Les années Trianon

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2009

Pages : 420








 

Présentation de l'éditeur :   

Marie-Antoinette fut-elle jamais plus heureuse que pendant ses "années Trianon" ? Le "Cercle enchanté" de ses amis les plus proches, spirituels, charmeurs, prodigues, avides surtout d'honneurs et d'argent, dans le bouillonnement des idées qui agite alors la France, l'entoure et l'enchante. Du comte d'Artois, frère du roi, à Yolande de Polignac, l'amie intime, l'âme sœur, du duc de Lauzun au beau Fersen, tous se laissent séduire par une jeune reine de plus en plus sûre d'elle, exigeante, capricieuse, frivole... Mais derrière cette vie de plaisirs, gronde le vent de l'Histoire. Tous seront emportés.

 

 

Avis :

Cette biographie romancée s'attache à Marie Antoinette, depuis son arrivée à quinze ans à la cour de France, jusqu'à l'échec de la fuite royale à Varennes. Le récit décrit l'immaturité du très jeune couple Louis XVI - Marie Antoinette, puis son enfermement progressif dans l'univers clos d'un Versailles de plus en plus coupé des réalités : replié sur son mal-être affectif,  fuyant ses responsabilités pour se réfugier dans un mirage de plaisirs et de frivolités dispendieuses, le couple royal, mal entouré de courtisans n'oeuvrant qu'à leur enrichissement personnel et à la perte des ministres compétents, ne parviendra jamais à comprendre les changements ambiants. 

Admirablement documentée, Catherine Hermary-Vieille décrit les événements avec force détails. La première moitié du livre est particulièrement passionnante. Puis, le foisonnement des faits et des personnages décrits de la façon impersonnelle qui caractérise l'auteur rend le récit un peu moins plaisant à suivre. J'avais eu un immense coup de coeur pour la biographie de Marie-Antoinette par Stefan Zweig. Les années Trianon ne m'ont pas autant enthousiasmée, mais m'ont apporté une vision complémentaire très intéressante : la force du roman est sa claire et frappante description du processus progressif de clivage entre la Cour de Versailles et le monde au-delà de ses murs. 

On y recroise aussi, comme autant de clins d'oeil, quelques personnages d'autres biographies historiques de l'auteur, comme la Marquise de Brinvilliers et la Comtesse du Barry. (4/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Le roman d'Alia






Coup de coeur 💓

 

Titre : Le roman d'Alia

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2008

Pages : 320









Présentation de l'éditeur :   

Dans ce roman oscillant entre rêve et réalité, Catherine Hermary-Vieille retrouve la sensualité et l’atmosphère envoûtante du Grand Vizir de la nuit. 
Afin d’oublier la monotonie de son quotidien, une vieille dame décide d’écrire l’histoire d’Alia, enfant volée mise en esclavage et devenue, à force de volonté et d’intelligence, la favorite du Glaoui dans le Marrakech des années trente. Transportée par la fougue de l’univers créé au fil de son récit, immergée dans les sortilèges de ce monde des Mille et une Nuits, elle retrouve la force d’exister et le courage de se révolter. Mais Alia et la narratrice ne seraient-elles pas une seule et même personne ? 
Soulignant la puissance libératrice de l’imaginaire et du rêve, Le Roman d’Alia est à la fois un bouleversant portrait de femme et un voyage secret et troublant au coeur d’un Orient mythique.  

 

 

Avis :

Une vieille dame retrouve son indépendance et le goût de vivre en rédigeant un roman, l’histoire d’Alia, favorite du pacha marocain El Glaoui. 

Le livre alterne et entremêle les deux récits : celui, coloré et exotique, exemplaire de détermination, de la vie de cette femme marocaine tout au long du XXème siècle, et celui, sensible et émouvant, de cette Française au soir de sa vie qui finit par se rebeller et reprendre les rênes de son existence. 

J'ai mis un peu de temps à entrer dans l'histoire, trouvant un peu répétitifs les constats doux-amers sur la vieillesse et les maisons de retraite qui occupent le début du roman. Puis, comme la narratrice, j'ai été emportée par le récit du destin incoercible de cette petite Marocaine enlevée à sa famille, qui a su s'élever au sein du harem à force de courage et d'intelligence, pour connaître des revers du sort et toujours rebondir. Au-delà des deux destins de femmes relatés ici, ce roman évoque l'infinie capacité de résilience de chaque être et l'extraordinaire pouvoir d'évasion qu'apporte l'imagination. En rédigeant l'histoire d'Alia, la narratrice prend peu à peu conscience de ses propres ressorts et aspirations profondes, avant de trouver le courage d'agir et d'affirmer ses choix personnels. 

J'ai refermé ce livre sous le charme, pleine d'affection pour les personnages, en particulier pour celui tout à fait secondaire dans l'histoire mais grâce à qui le lien entre les deux femmes s'établit : ce subtil coup de pouce, presque fortuit, va tout changer dans la vie de la  narratrice, lui faisant comprendre que, même sous le poids des plus lourdes contraintes, chacun peut trouver son espace de liberté et préserver son intégrité la plus intrinsèque. (5/5)

[Hermary-Vieille, Catherine] Le gardien du phare






J'ai beaucoup aimé

Titre : Le gardien du phare

Auteur : Catherine HERMARY-VIEILLE

Editeur : Albin Michel

Parution : 2007

Pages : 198








 

Présentation de l'éditeur :   

Trois femmes échouées sur une île sauvage dont une tour de pierres grises barre tous les chemins. Un gardien qui jamais ne se montre. Elles guettent, sentent et redoutent sa présence. Mais existe-t-il vraiment ? Hormis l'étendue de la mer, les nuages et la brume, elles portent de lourds secrets et n'ont plus que leurs souvenirs, leurs rancunes, leurs désillusions et leur détermination à survivre. Pour quelle obscure raison le destin les a-t-il jetées sur ce bout de terre isolé, ce monde clos et hors du temps que rien ne semble atteindre ?
Prix Femina pour Le Grand Vizir de la nuit, Catherine Hermary-Vieille retrouve ici les eaux sombres et tempétueuses des soeurs Brontë, les landes et les passions des grands romans anglo-saxons, aux confins de l'âme humaine et de la vie, du rêve et de la réalité, avec une intensité, une beauté, une émotion que cristallise l'écriture pure et troublante d'un véritable écrivain.
« Le roman le plus épuré de Catherine Hermary-Vieille. » La Libre Belgique.

 

 

Avis :

J’ai lu en une soirée ce court et étrange roman, tout à fait original. 
Nous sommes en 1897, sur une île d'un l’archipel canadien soumis aux caprices des éléments. Les dures conditions de vie n'y laissent guère de place aux sentiments. Pourtant, sous la cendre couvent bien des secrets et des drames. 

Trois habitantes de l’île se sont échouées sur un îlot désert et brumeux, séparé d’un phare par les eaux tumultueuses d’un chenal. Que leur est-il arrivé ? Et pourquoi le gardien de ce phare ne vient-il pas les secourir ? Pendant qu'au village, la population commence à se résigner à leur disparition, l’attente contraint les trois femmes à mieux se connaître malgré l’hostilité qui les a toujours séparées. Chacune se livre peu à peu, tandis que l'on commence à comprendre et à pressentir le dénouement. 

Catherine Hermary-Vieille excelle à peindre l'atmosphère sinistre et désespérée de cette île du bout du monde où la vie s'étiole et s'use à force de labeur et d'isolement. Les personnages y sont rendus avec finesse et sensibilité et suscitent la curiosité du lecteur tout au long de l'histoire. Toutefois, la surprise ne joue pas pleinement, car le dénouement se devine assez rapidement. Une lecture plaisante, curieuse et rapide, qui, malgré ses qualités, m'a laissée un peu sur ma faim. (4/5)