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mercredi 14 janvier 2026

[Lafon, Marie-Hélène] Hors champ

 





Coup de coeur 💓💓

 

Titre : Hors champ

Auteur : Marie-Hélène LAFON

Parution : 2026 (Buchet/Chastel)

Pages : 170

Accès au livre : ISBN 9782283041604  
                           en librairie

 

 

 

  

 

Présentation de l'éditeur :     

Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la soeur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études.
La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence.
Hors champ traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.
Les parents, la soeur et le frère, et les autres - au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants tous les deux.
Hors champ est le onzième roman de Marie-Hélène Lafon.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Marie-Hélène Lafon a été professeur de lettres classiques à Paris. Prix Renaudot 2020, pour Histoire du fils. Tous ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

 

 

Avis :

Puisant dans la réalité de son enfance rurale et dans la fracture née de son départ du Cantal pour poursuivre ses études, puis son parcours professionnel à Paris, Marie‑Hélène Lafon explore les déterminismes qui régissent la transmission paysanne, la place souvent marginale accordée aux filles et la distance – à la fois géographique et symbolique – qui, entre appartenance et arrachement, se creuse entre ceux qui demeurent sur la terre familiale et ceux qui s’en éloignent.  

Le livre met face à face deux destins issus d’une même ferme du Cantal : le frère, assigné dès l’enfance à reprendre l’exploitation familiale, et la sœur, tenue à l’écart de la transmission parce qu’elle est une fille. Lui reste sur la terre, fidèle aux bêtes, aux saisons, à une vie laborieuse rythmée par le travail et le silence ; il incarne la permanence, la fidélité à un monde qui se défait lentement mais dont il porte encore la charge. Elle part étudier à Paris, devient enseignante puis se consacre à l’écriture, construisant son existence dans l’éloignement. Pourtant, ce départ ne rompt pas le lien : il le transforme, l’écriture offrant une manière de revenir, de comprendre et de donner forme à ce qui a été vécu sans mots pour le dire. 

D’une grande maîtrise, le roman déploie ses enjeux à la croisée du monde paysan, de l’intime et de la mémoire, restituant avec puissance la réalité rurale et son univers âpre, exigeant, où la vie se confond avec le travail et où les destins semblent tracés d’avance. Cette immersion dans la terre, dans les gestes et dans la répétition des jours donne au livre une densité presque physique, qui ancre le récit dans une vérité sensible.

Marie-Hélène Lafon dresse ainsi un tableau sans concession de la condition paysanne contemporaine, en particulier sur les petites exploitations familiales. À travers la figure du frère, on ressent presque corporellement l’étau d’un destin sans échappatoire, la fatigue accumulée, l’isolement, la pression économique et morale qui broient les existences. Le roman laisse affleurer, sans pathos mais avec une force saisissante, cette détresse silencieuse qui conduit tant d’agriculteurs au désespoir. Plus qu’un constat, il offre une véritable expérience : une sensation de suffocation, de vie tenue à bout de bras, qui traverse le texte et lui confère une portée sociale autant qu’intime.

Cette approche trouve un écho profond dans la manière dont l’auteur travaille la matière autobiographique, dépassant le simple témoignage pour interroger, à travers la fiction, ce que signifie être assigné ou soustrait à un héritage, comment une origine façonne les corps, les choix et les silences, et offrant ainsi une réflexion sur les forces souterraines qui orientent les existences, sur la tension entre ce qui nous est transmis et ce que nous tentons de construire hors champ.

Avec sa construction précise et elliptique, réduite à quelques tableaux d’une intensité saisissante, avec sa langue dense, charnelle, presque sèche, qui restitue sans détour la dureté du labeur, l’isolement et l’épuisement, et avec ses personnages si justes qu’ils en deviennent emblématiques, Marie‑Hélène Lafon signe une œuvre forte et tenue, un huis clos noir et puissant qui concentre en peu de pages, dans une charge émotionnelle et sociale à couper le souffle, toute la douleur d’un monde paysan à l’agonie. Coup de coeur. (5/5)

 

 

Citations :

La ferme est pour le fils, on la tient à bout de bras pour lui, Gilles, le fils, il doit la reprendre, continuer, elle est à eux et à lui, il a besoin d’eux et ils ont besoin de lui, même si le père dit le contraire, lance des phrases, parle de vendre plutôt que de trimer pour payer un ouvrier et maintenir la ferme à flot pour le fils, que le fils se débrouille, qu’il aille gagner sa vie ailleurs, chacun pour soi. La mère ne veut pas lâcher la ferme qui est le lot du fils et leur raison de vivre à eux, les parents. La ferme leur fait honneur et devoir, à eux, les trois ; pour la mère, la sœur n’a rien à voir là-dedans, la sœur vit et a toujours vécu sur une autre planète. La mère n’en parle pas, même s’ils sont seuls devant la télévision et dans son bruit le soir en automne et en hiver quand le père est parti se coucher ; elle ne dit rien sur la ferme, ni sur lui, mais il sent qu’elle ne lâchera pas et qu’il est vissé là avec elle et le père pour les siècles des siècles.


Même s’il le voulait vraiment, même s’il avait le culot de tout plaquer et de laisser le père se débrouiller avec sa ferme, ses vaches, ses fromages, son ouvrier et tout le bazar, il ne pourrait pas laisser la mère derrière lui, seule avec le père ; et elle ne quittera jamais la ferme, jamais. Elle n’a pas besoin de le lui dire mais l’expression pour les siècles des siècles s’applique d’abord à la mère et il le sait. Sa sœur a peut-être raison quand elle explique que les parents ont choisi cette vie alors que lui n’a pas choisi ces parents. Les phrases de sa sœur ne changent rien pour lui ; elle a l’air de croire que tout peut s’expliquer et s’arranger mais elle ne vit pas à la ferme.


En 1992, la préretraite a été accordée aux paysans et son père l’a prise ; son frère est devenu fermier des parents et chef d’exploitation, sur le papier ; il avait vingt-neuf ans. Elle calcule ; depuis 1992, dix-huit ans ont passé dans le monde et dans la vie de son frère à la ferme, dix-huit ans avec les parents, sans se parler, sans se regarder, dix-huit ans, d’abord avec un ouvrier et ensuite sans ouvrier, seul avec le père et la mère pour faire face à tout, traire, soigner les bêtes, fabriquer le saint-nectaire, entretenir les terres et les clôtures, faner, s’occuper des machines, des formalités, de la paperasse. La mère s’y est épuisée ; le père a continué à se débattre pour décider de tout. Ils ont tenu jusqu’en 2008. Depuis deux ans, ils donnent le lait au laitier de Condat, on a toujours dit donner au lieu de vendre, et c’est une défaite ; le père la vomit et la ressasse, la mère parle d’autre chose, mais Claire comprend que l’honneur des parents est perdu.


C’est de plus en plus difficile, d’attraper ses yeux, son regard. Il s’ensauvage, elle pense ça dans la grange, le mot monte, malgré les dates et les chiffres dont le mince barrage va craquer, craque. Il s’ensauvage, ses yeux, ses cheveux, ses habits, tout son corps, il s’ensauvage dans la douleur et la colère, elle ne peut rien. Ils s’ensauvagent, les trois, seul chacun ; le travail de la ferme, sa routine, les tient et les écrase. Leur vie est faite comme ça.


Elle voudrait supposer que Gilles pense le moins possible et se contente de mettre un pied devant l’autre, chaque jour, dans le tourbillon des tâches sempiternelles, mais elle n’y croit pas. Des indices marquent le corps de son frère, son visage cadenassé, le tombé de ses épaules, le tremblement irrépressible de son genou droit quand il est assis, sa façon de s’asseoir, de se relever, de marcher. Il la regarde rarement aux yeux et elle peine à soutenir son regard vert et noyé qu’il faut happer, arracher, saisir sans pouvoir le retenir. Son frère se noie et il est encore là, encore vivant, il tient, il fait, il demeure dans le cours des choses et des jours ; elle ne sait pas pourquoi, elle ne sait pas comment. 


Elle se lance, c’est du beau foin cette coupe, quand tu auras fini de faner, tu viendras manger un dimanche, comme on fait toujours, je me mettrai en cuisine, je m’appliquerai, pour ton anniversaire, tes cinquante ans. Il s’est tourné vers elle et, avant de remonter sur le tracteur, il a dit sans hargne dans un sourire cabossé, cinquante ans de quoi, cinquante ans de vie de merde.

 

Du même auteur sur ce blog :

 
 

 


 

mercredi 18 septembre 2024

[Collette, Sandrine] Madelaine avant l'aube

 



  

Coup de coeur 💓💓

 

Titre : Madelaine avant l'aube

Auteur : Sandrine COLLETTE

Parution : 2024 (JC Lattès)

Pages : 252

Accès au livre : ISBN 97827096745391  
                           en librairie

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :     

C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :  

Sandrine Collette vit dans le Morvan. Elle est notamment l’auteure de Et toujours les Forêts, Grand prix RTL Lire, prix du Livre France Bleu – PAGE des libraires, prix de La Closerie des Lilas ainsi que de On était des loups, prix Renaudot des Lycéens et prix Giono 2022.

 

 

Avis :

Dans cette campagne française d’autrefois ravagée par les pluies et les hivers glaciaux, la famine et les épidémies, le tout sous le joug impitoyable et brutal du servage – pourquoi pas durant le Grand Hiver 1709 dans le Morvan cher à l’auteur ? –, l’ordre pyramidal du monde féodal semble immuable, les gueux écrasés par l’impôt et l’arbitraire d’un pouvoir sans limite si tant est qu’il leur arrive de survivre aux conditions extrêmes qui les réduisent à l’état d’êtres « rachitiques, minuscules et fripés », usés et sans espoir. Pourtant, si les hommes « se plient [et] s’habituent à tout [parce qu’]ils ne veulent pas mourir », la révolte finit souvent par venir des femmes, « prêtes à donner leur sang pour leurs enfants ». Ainsi adviendra-t-il dans cette histoire que son imprécision de lieu et d’époque, comme ces contes commençant par « il était une fois », pare d’une tonalité universelle et atemporelle.

Isolé sur un pan de terre ingrate par le Basilic, un fleuve au nom de reptile légendaire, démoniaque et mortel, le hameau des Montées ne compte que trois minuscules et misérables fermes, comme toutes celles de la région la propriété du seigneur d’Ambroisie, nom encore une fois mythologique évocateur d’onction divine. Menés par le goût du sang, les hommes du château, qui, lorsqu’ils ne guerroient pas, aiment à chasser aussi bien serfs que cerfs aventurés hors de leurs tanières, saignent si bien leurs paysans dans tous les sens du terme que, sur leurs terres exsangues, l’on meurt aussi bien de faim, de froid et de maladie, que de la terreur meurtrière qu’ils y font régner. Adultes et enfants y triment du lever au coucher, avec pour seul prix de leurs efforts l’épuisement qui leur permettra peut-être d’échapper encore un peu à la mort qui décime silencieusement leurs rangs. Pas « le droit d’être chagrin », juste « les coups et l’entêtement à [se] redresser pour [se] rendre forts ». « Obligés d’être invulnérables, de refouler peurs et désespoirs au fond des ventres, [ils] crèv[ent] du manque d’amour ».

C’est alors que, « fille de faim » condamnée à l’errance sauvage par les siens « crevés des famines », une enfant se laisse attraper aux Montées alors qu’elle venait y voler quelque rognure perdue. Prise sous l’aile des femmes promptes à défendre et aimer une de leurs semblables dans le monde sec et sans âme de leurs hommes et fils endurcis, la fillette grandira, pleine de courage mais aussi la rage au coeur, menant irrémédiablement les habitants des Montées au drame qui fera exploser leur vie en même temps que leur soumission ancestrale. La bascule du récit interviendra en son milieu, en une surprise narrative des plus réussies et originales.

Une fois de plus, Sandrine Collette réussit à nous tenir dans le poing d’une narration tout en force et en intensité, tendue et rythmée par l’affrontement entre humanité et sauvagerie, que ce soit celle des hommes entre eux ou des hommes face à une nature puissamment âpre et impérieuse, aux débordements dévastateurs. Ce sont encore les liens familiaux qui sous-tendent la lutte pour la survie dans l’ébranlement d’un monde condamné à terme à l’écroulement. Terriblement noir et pourtant lumineux dans son combat entre tendresse et cruauté, injustice et liberté, c’est aussi un livre poétique d’une grande beauté, sur la survenance, à force de douleur et de rage, de l’étincelle qui finira par mettre le feu aux ténèbres, annonçant l’aube d’un monde nouveau et plein d’espoir. Coup de coeur. (5/5)

 

 

Citations :

(...) le monde n’est pas juste, il ne l’a jamais été. Nous avons toujours été des gueux et nous avons toujours eu des maîtres. Nous ne savons pas d’où cela vient. De l’éternité, sans doute. Il n’est pas sûr que nous puissions changer de ce côté-là, non que nous n’en ayons pas la force, mais nous n’en avons pas l’idée. Les maîtres sont les maîtres.
Chaque degré du monde règne ainsi sur le degré du dessous. Entre eux également, les hommes sont impitoyables. Les gros paysans traitent leurs ouvriers comme des chiens, les artisans élèvent leurs apprentis à la trique, les parents commandent aux enfants jusqu’à leur mort. On ne s’oppose pas, les plus forts et les plus anciens ont toujours raison. La vie s’enchaîne sans que l’on se demande si c’était juste ; sans que l’on se pose la question de savoir s’il y avait mieux à faire, et pourtant oui, il y avait mieux à faire. Mais ah. Il aurait fallu réfléchir. Il aurait fallu ouvrir des possibilités et nous ne savons pas comment nous y prendre, pour peu que cela nous intéresse. Parfois il vaut mieux conserver un monde injuste dans lequel chacun connaît sa place, plutôt que de tout fiche en l’air et n’être plus sûr de rien. Ce que l’on a aujourd’hui, on l’a, même si c’est minuscule. Les hommes ont toujours quelque chose à perdre, ne serait-ce que la vie. En y pensant bien, le simple fait d’avoir un toit est déjà une chance.

 
Je le sais, ce sont les femmes qui se révoltent. Dans tous mes souvenirs depuis que je suis ici, seules les femmes ont parfois levé la voix, ont levé une fourche ou un bâton pour défendre la simple possibilité de vivre. Elles sont prêtes à donner leur sang pour leurs enfants. Les hommes, eux, se plient. Ils s’habituent à tout. Ils ne veulent pas mourir.


Nous le connaissons, ce froid, et la faim qui va avec. Tout manque, l’abondance nous fuit. Nous sommes heureux quand une saison nous permet de manger jusqu’à l’été suivant, nous sommes habitués aussi. Le cycle de la faim suit le cycle des saisons, cela nous semble normal ; mais quand l’équilibre rompt, quand les belles périodes s’amenuisent et que les temps difficiles prennent de plus en plus de place sur l’année, les hommes ont peur. Et pourtant ils ne demandent pas grand-chose, ils sont nés en se contentant de peu, ils se soumettent à cet étrange ordre du monde qui fait que la profusion et l’opulence ne vont que du côté des maîtres. À eux, il revient seulement de survivre. Lorsque les hivers commencent mal, ils se taisent. Ils attendent. Nous attendons tous.


Je l’ai dit, nous sommes restés plutôt petits. C’est ainsi que l’on survit dans les conditions extrêmes : les êtres les plus grands, qui ont des besoins en nourriture et en chaleur bien plus importants, sont les premiers à mourir. Les plus modestes, tels que nous – rachitiques, minuscules, fripés –, les plus sobres dans la place qu’ils prennent à l’univers résistent. La nature quand elle crée des situations difficiles ne sauve ni les plus beaux ni les plus imposants ; elle préserve les plus forts, et les plus forts sont ceux qui ont le moins d’exigence.


Leur monde m’est étranger ; c’est un monde de femmes où on a le droit d’être chagrin, un monde qui m’échappe, je n’ai jamais entendu pleurer Eugène ni ses fils, ni aucun des hommes de La Foye. Madelaine pleure de rage, de dépit, d’impuissance, ce sont des larmes tout de même. Dans les bras des sœurs, elle s’abandonne. On l’embrasse, on l’apaise. On la consolide. Nous, nous n’avons que les coups et l’entêtement à nous redresser pour nous rendre forts. Nous observons ce tout petit univers que forment les femmes entre elles, que nous leur envions, nous aussi nous aimerions que l’on nous console, quand la vie nous accable, nous l’espérons de toute notre âme. Mais personne ne réconforte les hommes. Ils n’en ont pas besoin. Nous sommes dévorés par ce devoir de puissance, obligés d’être invulnérables, de refouler nos peurs et nos désespoirs au fond de nos ventres. Nous crevons du manque d’amour.
 
 
Un jour tout s’écroule. Un jour de gel, un jour de guerre, un jour de mort. On ne peut pas faire confiance à la vie. Les anciens transmettent de génération en génération la mémoire de la peste qui a tué un homme sur trois lors de la grande épidémie, il a suffi d’un navire et de rats infectés, cela a commencé en été, en juillet, le mois d’avant personne ne connaissait la maladie, personne n’aurait pu prédire ce qui allait arriver. Toute leur existence se cale sur cette incertitude. Il n’y a pas de lendemains infaillibles.

 

 

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