samedi 13 juillet 2019

[Dhainaut, Jean-Marc] Les galeries hurlantes






Coup de coeur đź’“

Titre : Les galeries hurlantes

Auteur : Jean-Marc DHAINAUT

Année de parution : 2019

Editeur : Taurnada

Pages : 224







 

 

PrĂ©sentation de l'Ă©diteur : 

Karine, dix ans, joue avec un ami imaginaire. Tout ce qu'elle sait, c'est son âge et qu'il n'aime pas Alan Lambin, le spécialiste en paranormal que son père, désemparé et dépassé par une succession de phénomènes étranges, a appelé à l'aide.
Et si l'origine de tout cela se trouvait dans les anciennes galeries minières existant toujours sous ce village du Nord ? Le seul moyen d'accĂ©der Ă  ce dĂ©dale oubliĂ© de tous serait les sous-sols d'un hĂ´pital abandonnĂ© et hantĂ© par le souvenir de tous ceux qui y laissèrent leur vie, un matin d'hiver, treize ans plus tĂ´t.



Le mot de l'Ă©diteur sur l'auteur :

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L'envie d'écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l'écriture d'histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d'émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l'Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d'oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Retrouvez mon interview de Jean-Marc Dhainaut.


Avis :

Merci aux Editions Taurnada et Ă  PartageLecture de m’avoir fait dĂ©couvrir ce livre dans le cadre de leur partenariat.

Alan Lambin, enquĂŞteur spĂ©cialiste du paranormal, est appelĂ© au secours par une famille du Nord de la France, Ă©puisĂ©e par les phĂ©nomènes Ă©tranges qui perturbent sa vie quotidienne. D’abord dubitatif, Alan dĂ©couvre peu Ă  peu l’histoire de ses hĂ´tes, ce qui l’oriente très vite vers un ancien hĂ´pital des houillères, construit sur des galeries minières aujourd’hui dĂ©saffectĂ©es. Pendant qu’il mène son enquĂŞte, un autre sujet ne cesse de le tarauder : restĂ©e en Bretagne, sa compagne Mina est tombĂ©e malade, atteinte d’un mal bizarre et inquiĂ©tant.

Moi aussi un peu dubitative au dĂ©but, je me suis d'emblĂ©e retrouvĂ©e embarquĂ©e, sans plus de rĂ©ticence, dans cette histoire angoissante construite avec une habiletĂ© retorse. Il est impossible de lâcher ce rĂ©cit oĂą le suspense ne cesse d’aller crescendo, rĂ©servant de multiples surprises pour de bon totalement inattendues, en particulier dans la dernière partie.

C’est donc avec brio que l’auteur se joue de nos peurs et de nos tremblements, s’amusant Ă  nous leurrer pour mieux nous ficeler dans notre angoisse, relançant sans cesse le suspense quand le souffle commençait Ă  nous revenir.

TĂ©tanisĂ©e de peur j’ai Ă©tĂ©, bluffĂ©e je suis restĂ©e, mais j’ai aussi Ă  plusieurs reprises ressentie une certaine Ă©motion tandis que vivants et disparus peinaient Ă  se sĂ©parer. La douleur des personnages rend parfois l’Ă©criture assez poignante, en particulier lorsque ressurgissent les drames passĂ©s de cette citĂ© minière : le lecteur se retrouve piĂ©gĂ© dans l’obscuritĂ© des galeries souterraines, tandis qu’en surface, son angoisse se mĂŞle Ă  celle des femmes, semblables Ă  ces Ă©pouses de pĂŞcheurs guettant le retour d’un bateau manquant Ă  l’appel.

On retrouve d’ailleurs dans ce livre deux thèmes chers Ă  l’auteur : le Nord de la France, dont il est originaire et dont il nous fait partager sa fiertĂ© d’appartenance, mais aussi la Bretagne et ses lĂ©gendes.

Ce roman fantastique est une très bonne surprise qui vous fera autant frĂ©mir qu’il vous serrera le coeur, qui vous piĂ©gera et vous baladera sans rĂ©pit, tout en rendant hommage aux mineurs de fond et Ă  leurs familles qui payèrent un si lourd tribut Ă  leur profession. Coup de coeur. (5/5)


Le coin des curieux :

Plus importante catastrophe minière en Europe et deuxième au monde après celle de Benxi en Chine en 1942, la « catastrophe de Courrières » eut lieu entre Courrières et Lens, le 10 mars 1906, et fit officiellement 1 099 morts, sans doute plus en raison des mineurs « irrĂ©guliers » non recensĂ©s.

Une des causes indirectes serait un feu de mine, dĂ©clenchĂ© les jours prĂ©cĂ©dents dans une vieille galerie, peut-ĂŞtre par la lampe d'un mineur ou par l'Ă©chauffement spontanĂ© du gisement. Pour tenter d’Ă©touffer l’incendie, on Ă©difia plusieurs barrages consĂ©cutifs, d’abord de terre et de cailloux, puis en maçonnerie, ce qui a pu favoriser un phĂ©nomène de contre-explosion, soit l’explosion de fumĂ©es lorsque l’air est Ă  nouveau rentrĂ© en contact avec l’atmosphère confinĂ©e chargĂ©e en gaz.

Un dĂ©lĂ©guĂ© des mineurs demanda une interruption sĂ©curitaire de l’exploitation du charbon jusqu’Ă  l’extinction du feu. Il ne fut pas Ă©coutĂ© : au moment de l’explosion, près de 1800 mineurs se trouvaient dans les fosses, Ă  une profondeur de presque 350 mètres.

L'explosion initiale souleva la poussière de charbon et la flamme parcourut 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes. Elle fut donc immĂ©diatement suivie d’un coup de poussier beaucoup plus dĂ©vastateur et meurtrier. La chaleur de l’explosion transforma les galeries en fournaise, la dĂ©flagration balaya tout sur 110 kilomètres, rendant inutilisables plusieurs cages et projetant des dĂ©bris et des chevaux jusqu’Ă  dix mètres de haut Ă  l’extĂ©rieur de la fosse, des gaz toxiques emplirent les galeries.

AccusĂ©e d’avoir privilĂ©giĂ© le sauvetage des infrastructures Ă  celui des hommes, la compagnie minière fut très critiquĂ©e dans sa gestion de la crise : on abandonna la recherche de survivants trois jours après l’explosion, pendant qu’une partie de la mine Ă©tait condamnĂ©e pour Ă©touffer l'incendie et prĂ©server le gisement. Vingt jours après l'explosion, treize rescapĂ©s rĂ©ussirent Ă  retrouver la surface par leurs propres moyens après des kilomètres d’errance dans l’obscuritĂ©, un quatorzième fut retrouvĂ© encore quatre jours plus tard. S’ensuivirent une crise politique et un mouvement social qui dĂ©boucha sur l'instauration du repos hebdomadaire en France.

La catastrophe a eu lieu vingt ans après la parution du roman Germinal d'Émile Zola, quatre ans après la mort de l’Ă©crivain.
Une nĂ©cropole abrite dans une fosse commune les corps de 272 mineurs non identifiĂ©s. Lors du centième anniversaire de la catastrophe a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ© un « parcours des rescapĂ©s », entre la nĂ©cropole et l'ancienne fosse dont sont ressortis les 13 survivants plus de deux semaines après l’explosion : sur un kilomètre, 21 bornes relatent les Ă©vĂ©nements qui suivirent en surface, et la survie des rescapĂ©s dans les galeries.

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