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vendredi 8 mars 2019

[Zykë, Cizia]


 

BILAN DE LECTURE :


19  Livres lus :

 5  Coups de coeur (5/5)
 2  Beaucoup aimés (4/5)
 7  Aimés (3/5)
 1  Moyennement aimé (2/5)
 4  Pas aimés (1/5)





BIOGRAPHIE :


Cizia Zykë est un aventurier et écrivain français né en 1949 et décédé en 2011.

Fils d'un légionnaire français d’origine albanaise et d’une mère grecque, Cizia Zykë (de son vrai prénom Jean-Charles) passe son enfance à Taroudant dans le sud du Maroc. Sa famille s’installe à Bordeaux lorsque le Maroc gagne son indépendance en 1956.

L’adolescence de Zykë est mouvementée. Ses activités au sein d’un gang de jeunes délinquants lui valent de nombreux ennuis judiciaires, dont deux séjours en prison. Il décide de quitter la France à l’âge de dix-sept ans. Les autorités lui refusant un passeport, il s’engage dans la Légion étrangère lors de la Guerre des Six Jours. 
Zykë obtient finalement un passeport en 1967 et part rejoindre son oncle installé en Argentine. Pendant les trois années qu’il passera en Amérique du Sud, il acquiert une fortune considérable dans le commerce d’objets d’art précolombien. 
Il s’installe à Toronto en Octobre 1970. Il y prend la direction d’un restaurant italien, puis se spécialise dans l’organisation de jeux de hasard clandestins et dans la récupération forcée de dettes. Survivant de justesse à une tentative d’assassinat par le chef d’un gang rival, Zykë se réfugie en Suisse en 1973. 

De retour en France, il écrit Oro, qui relate ses aventures au Costa Rica, et le publie en 1985. Il publie Sahara (sur ses aventures en Afrique) et Parodie (sur son séjour au Canada), qui compléteront sa trilogie autobiographique, en 1986 et 1987. Traduites en plusieurs langues, ce sont ses œuvres les plus célèbres. 
En 1991, Zykë retourne en France et se prépare à visiter l’Albanie, pays d’origine de son père. Zykë y passe trois ans. De son séjour en Albanie naîtront quatre romans – Les Aigles, Au nom du père, Requiem et Rédemption – et un film documentaire Kanoun, qu'il réalise avec Piro Milkani. 
En 2008-2009, Cizia Zykë se trouve en Guyane, il y prépare la sortie d'un nouvel ouvrage autobiographique dont le titre est Oro and Co. Ce récit retrace son parcours depuis 1984, lorsqu'il quitte le Costa Rica, jusqu'à nos jours pour sa dernière aventure parmi les orpailleurs clandestins.  Cizia Zykë signe là sa dernière œuvre autobiographique, un au revoir à ses lecteurs en même temps qu'un hommage appuyé à son collaborateur et ami l'écrivain Thierry Poncet, qui met fin à son aventure éditoriale.  Le 8 janvier 2009, Cizia Zykë aurait été mis en examen à Cayenne pour « complicité d'orpaillage clandestin ». D'après le journal Le Parisien : « on indique qu'il est soupçonné d'avoir ravitaillé par avion des orpailleurs clandestins, sous couvert de réaliser un documentaire. » 

Zykë meurt d'une crise cardiaque à Bordeaux en 2011.

(Source Wikipedia)



BIBLIOGRAPHIE (Romans) :

(Les 💓 indiquent mes coups de coeur et leur intensité)

 

💓    Oro (1985)
  -     Sahara (1986) 
💓    Parodie (1987)
💓    Fièvres (1988) 
  -     Paranoïa (1989)
  -     Tuan Charlie (Maléfice, Opium, Dust, Enfers) (1989)
  -     Buffet campagnard (1990)
  -     Histoires de fous (1991)  
  -     La ferme d'Eden (1991) 
  -     Alixe (1993)  
💓    Amsterdam zombie (1994)
💓    Les aigles (2000)

  -     Blasphèmes(2001)
  -     La révolte d'Amadeus Jones (2002)
  -     Au nom du père (2003)
  -     Requiem (2003)
  -     Rédemption (2004)
  -     Oro and Co (2009)

  -     Alma (2018)


Lire Zykë l'aventure de Thierry Poncet. 💓

 

 

CARACTERISTIQUES : 

Collaboration avec Thierry Poncet.
Personnalité et aventures vécues hors du commun. Talent de conteur. 
Style percutant (« écrit comme on frappe »), cru, cynique et provocateur. 
Humour noir. Politiquement incorrect.
Pour adultes avertis.




THEMES RECURRENTS : 

Récits personnels et romans fortement inspirés de ses propres aventures. 
Contes / Thrillers / Reportages.
Aventure, Liberté, Amitié, Jeu, Drogue, Femmes, Contrebande, Jungle, Désert, Orpaillage et mines d’or, Aborigènes, Albanie, Folie, Manipulation, Enfants criminels.

[Zykë, Cizia] Oro and Co






J'ai aimé

Titre : Oro and Co

Auteur : Cizia ZYKE

Editeur : Fleuve Noir

Parution : 2009

Pages : 324









Présentation de l'éditeur :   

Cizia Zykë est une légende vivante. Le dernier aventurier des Temps modernes. Un homme hors du commun, épris de liberté absolue, dont la vie est une suite d'actions exceptionnellement fortes. Son aventure littéraire s'étend sur vingt-cinq ans. Une oeuvre unique et inclassable, entamée par sa célèbre trilogie d'aventures vécues : Oro, l'or de la jungle du Costa Rica, Sahara, la contrebande de camions dans le désert africain, Parodie, son ascension fulgurante de parrain en Amérique du Nord. Tous trois sont des récits cultes, vendus à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde entier. Oro & Co est son dernier texte. Un récit. Parti dans la jungle amazonienne pour s'y bâtir une ville, Cizia Zykë voit l'aventure l'amener à se transformer en trafiquant pour pénétrer le monde des garimpeiros, les orpailleurs clandestins brésiliens qui pillent l'or de la Guyane française. Fascinant, inlâchable, implacable et drôle, Oro & Co est un formidable vent de liberté.

 

 

Avis :

Un peu plus de vingt ans après sa trilogie Oro, Sahara et Parodie, Zykë reprend le fil de ses récits d’aventure autobiographiques. Après un retour sur ses débuts d’écrivain, il nous emmène cette fois au Surinam, à la frontière de la Guyane française, où il s’est mis en tête de construire un lieu de plaisir pour les orpailleurs disséminés dans la jungle, puis de tourner un reportage sur les chercheurs d’or clandestins. Rien ne se déroule toutefois comme prévu : la dernière aventure de Zykë ne devient bientôt plus qu’attente et frustration, alors que les autorités voient ses activités d’un très mauvais œil.

S’il contient toujours la même farouche dérision, ce dernier livre, qui prend des allures de baroud d’honneur, a un goût de tristesse : liberté et aventure semblent devenues bien difficiles d’accès comparé à il y a quelques décennies et aux précédents livres de Zykë. Et l’auteur signe ce dernier opus comme un adieu à ses lecteurs et à sa vie aventureuse.


L’histoire racontée n’est finalement qu’une somme de déboires et peine à trouver de quoi se mettre sous la dent : elle finit par laisser beaucoup de place aux malheurs des compagnons de Zykë, peu familiers de la jungle. Elle donne toutefois un aperçu de la complexité de la situation en Guyane : selon Zykë, il est illusoire d’envisager d‘y contenir l’invasion de clandestins par la répression. Il faut au contraire gérer l’inéluctable, mettre en place une coopération avec les pays voisins pour légaliser et encadrer, avec droits et devoirs, l’exploitation de cet or que rien ne pourra empêcher.
L’ultime livre publié du vivant de Zykë prend donc une teinte douce-amère, celle qui imprègne le mot FIN. A lire de préférence après tous les autres. (3/5)

[Zykë, Cizia] Histoires de fous






J'ai aimé

Titre : Histoires de fous

Auteur : Cizia ZYKE

Editeur : Ramsay

Parution : 1991

Pages : 272









Présentation de l'éditeur :   

Parce que le monde n'est que corruption et péché, Don Guillermo a résolu de protéger son fils Jesus par un mur, qu'il lui fait construire de ses mains. Parce qu'il a besoin d'argent, le très séduisant Felix commet erreur de négliger Katy au profit de Britt, sa soeur aînée, moins jolie mais riche.  Chacun, mené par son idée fixe, s'achemine sans le savoir vers l'horreur. Comme Buck et Nevile, saisis par la fièvre de l'or. Comme les Blancs de Kimbley-Creek, chez qui le mépris raciste est devenu une seconde nature... 
Le romancier d' Oro et de La Ferme d'Eden nous révèle ici un monde hanté par la folie et le meurtre, des Baléares aux monts Mackenzie, des campagnes désolées d'Andalousie à la fournaise du bush australien. Mais ces quatre histoires de violence sont aussi, plus secrètement, des histoires de solitude.

 

 

Avis :

Ces thématiques sont récurrentes chez Zykë : enfants victimes de la folie des hommes ou que la folie pousse aux pires atrocités, naufragés livrés à eux-mêmes et à la mort, racisme extrême des Blancs du Queensland australien. 
Zykë en a fait quatre histoires courtes, quatre histoires de folie meurtrière : un homme entend reclure son jeune fils pour le protéger du Mal et du vice. Deux chercheurs d’or isolés tout l’hiver dans le Grand Nord canadien entament une terrible lutte pour leur survie. Un gigolo séduit une femme riche mais sous-estime la jalousie de sa jeune sœur simplette. Un aborigène australien ne supporte plus le racisme des Blancs.
Qu’il est cruel et violent le monde vu par Zykë, au point de rendre fous les hommes (presque) ordinaires. Scenarios efficaces et très visuels, personnages et dialogues plus vrais que nature, langage cru et direct emportent le lecteur (averti) de la première à la dernière ligne sans lui laisser le temps de souffler. (3/5).

jeudi 7 mars 2019

[Zykë, Cizia] Oro






Coup de coeur 💓

 

Titre : Oro

Auteur : Cizia ZYKE

Editeur : Hachette

Parution : 1985

Pages : 300









Présentation de l'éditeur :   

Oro est un livre culte.
Vendu à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde entier, c'est le premier volume de la célèbre trilogie autobiographique de Cizia Zykë, qui se poursuit avec Sahara, ses souvenirs de contrebandier du désert, et Parodie, ses mémoires de parrain à Toronto.
Cizia Zykë est un personnage hors normes. C'est le dernier aventurier du monde moderne. Un homme pour qui l'interdit n'existe pas.
Pour oublier la mort de son fils, il s'est lancé à la quête d'actions fortes autour du monde. Il trouve l'aventure dans la jungle de la péninsule d'Osa, au Costa Rica, parmi les serpents, les policiers véreux, les prostituées et les trafiquants.
Oro est un texte fou, libre, sans pitié et magnifique.
Un must du récit d'aventure.

 

 

Avis :

Après avoir lu Alma, j’ai eu envie de redécouvrir Cizia Zykë, et par extension Thierry Poncet. J’ai donc commencé par ressortir Oro de ma bibliothèque, puis Sahara et Parodie.
 
De ces trois récits autobiographiques, Oro demeure pour moi le plus percutant, sans doute parce que c’est le livre qui a fait découvrir au public le formidable personnage de Zykë et que l’effet de surprise y joue à plein. 

Ce sont autant le fond que la forme qui sortent de l’ordinaire : le style est d’une part rapide, nerveux, centré sur l’action, mais aussi cynique, cru, provocateur et ironique. Le récit est mené tambour battant au fil des péripéties vécues par un Zykë épris de liberté et de sensations fortes, rebelle à nos vies de moutons domestiques, et qui a fait le choix d’une existence d’aventurier : prêt à tout, d’un courage et d’une capacité de résistance peu communs, sans foi ni loi, pas gêné par l’illégalité et par la démonstration de force, mais généreux et guidé par des principes personnels de loyauté et d’honneur, ce meneur d’hommes, fin psychologue et habile manipulateur, ne s’attache à rien d’autre qu’à l’instant présent. Flambeur et jouisseur, menant ses expériences jusqu’au bout puis les abandonnant sans regret pour repartir de zéro, cet opportuniste mégalomane qui a tâté de la prison s’adonne à tous les excès : le sexe, la drogue, le jeu, le danger. Macho, exigeant et autoritaire, se comportant en prince et maître vis-à-vis de son entourage, c’est aussi un séducteur invétéré et un ami indéfectible. 

Oro relate ses aventures au Costa Rica au début des années 1980 : d’abord orpailleur clandestin, il réussit à monter une holding tout à fait légale, une mine d’or qui fait sa fortune, jusqu’à ce que ses associés véreux tentent de l’éliminer et qu’il doive fuir le pays avec juste quelques kilos d’or en poche. Les conditions de vie et de travail relatées sont extrêmes, le danger permanent, qu’il provienne de la jungle elle-même, de l’exploitation minière ou de la rapacité des hommes. Dans cet environnement sans pitié, seuls la force et le courage (associés à la coke) permettent de survivre. Zykë n’y va pas de main morte et se comporte en véritable chef de guerre : c’est à la schlague et du bout de son P38, mais aussi avec une formidable capacité à mener les hommes, à forcer le respect et à nouer les amitiés, qu’il établit son leadership et réussit l’impossible.

Oro est un récit d’aventure vécue, addictif, dépaysant, surprenant, choquant, drôle : une histoire d’homme sans illusion, sans scrupule ni concession, capable d’aller au bout de ses envies et d’en payer le prix s’il le faut. S’il sait se montrer dur et impitoyable envers ses ennemis et ceux qu’il méprise, c’est aussi un homme droit dans ses bottes, fiable et généreux, dont il fait bon être l’ami.  
Oro est une lecture coup de poing, dont on ressort hypnotisé. Coup de coeur donc. (5/5)


Citations :

Mais dans ce monde trop bien réglementé, il est dur d'être un aventurier et de suivre ses propres lois. Pour moi, la notion d'interdit n'existe pas : je veux le faire donc je le peux.  

Hélas! Ce monde moderne n'est plus assez vaste. Il est impossible de se tailler un royaume, de vivre une aventure en dehors des lois, car la lutte est inégale. Tout est fait pour les faibles, groupés tous ensemble sous la bannière des lois à respecter. Toutes mes aventures m'ont opposé à des gouvernements, en Afrique, en Asie, aux Caraïbes et la partie est toujours perdue d'avance.  

Je suis cent fois moins pourri que ces dirigeants du tiers monde auquel je me heurte, mais eux ont l'avantage de la crédibilité et de la voix internationale. 

J'ai été plusieurs fois millionnaire, mais l'argent est reparti à chaque fois et aussi facilement qu'il était venu. Je n'accorde de l'importance à l'argent que lorsque je le dépense. Si je devais économiser, je ne serais pas moi-même et je n'aurai pas pu vivre ces aventures intenses qui furent les miennes. Une mentalité étriquée ne permet pas de vivre quelque chose de grand. Toute ma vie, mon dernier centime sera dépensé pour la flambe, le confort, pour ne jamais faire de concessions à la médiocrité.

J’ai toujours utilisé une psychologie fondée sur l’intimidation, la pression exagérée et la violence verbale. Mes menaces ont fait payer mes débiteurs, plus sûrement que les coups. Dans cette comédie cruelle, j’ai plus souvent fait peur que mal. Je me suis fait une réputation de tueur sans tuer personne et j’en suis fier.