lundi 23 novembre 2020

[Cordonnier, Amélie] Un loup quelque part

 


 

 

J'ai aimé

 

Titre : Un loup quelque part

Auteur : Amélie CORDONNIER

Parution : 2020 (Flammarion)

Pages : 272

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

« Paupières closes coupées au canif, lèvres parfaitement dessinées, l’air imperturbable. Royal même. Au début, elle a cru qu’il lui plaisait, ce petit. Seulement voilà, cinq mois plus tard, elle a changé d’avis. Ça arrive à tout le monde, non ? Elle voudrait le rapporter à la maternité. Qui n’a pas un jour rendu ou renvoyé la chemise, le pantalon, le pull, la ceinture ou les chaussures qu’il venait d’acheter ? »
Que fait cette tache, noire, dans le cou de son bébé ? On dirait qu’elle s’étend, pieds, mains, bras, visage. Mais pourquoi sa peau se met-elle à foncer ? Ce deuxième enfant ne ressemble pas du tout à celui qu’elle attendait. Aucun doute, il y a un loup quelque part.
Avec une écriture aussi moderne qu’acérée, Amélie Cordonnier met en scène une femme paniquée de ne pas réussir à aimer son enfant et dont l’affolement devient de plus en plus inquiétant.

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Amélie Cordonnier est journaliste littéraire. Après Trancher (Flammarion, 2018), Un loup quelque part est son deuxième roman.

 

 

Avis :

Epouse heureuse et mère comblée d’une fillette de huit ans, la protagoniste du roman accueille avec bonheur la naissance d’Alban. Mais tout s’écroule lorsqu’elle découvre des zones de pigmentation foncée de plus en plus nombreuses sur la peau du bébé…

Vivement mené à la manière d’un thriller qui fait monter l’inquiétude pour le sort d’un enfant aux mains d’une mère de plus en plus inquiétante, ce roman rythmé aux phrases courtes et percutantes se lit facilement et agréablement. Le fond s’avère toutefois un peu moins convaincant. La narration s’attaque à un thème peu commun : le rejet de son enfant sang-mêlé, par une mère qui découvre à cette occasion son adoption et son propre métissage. Frappée de stupeur mais aussi de honte et de peur du qu’en-dira-t-on, la jeune femme s’enferme dans un comportement irrationnel qui déborde dans la plus pure maltraitance. Face à cet enfant sans handicap qui fait très vite figure d’impuissante victime d’un faux drame, il est globalement difficile de ressentir de l’empathie pour « elle », cette femme sans prénom qui nous entraîne dans son délire, sans même l’excuse d’un état dépressif.

Ajoutons à cela l’improbable passivité d’un entourage totalement aveugle et un dénouement aux allures quelque peu miraculeuses, et l’on referme ce livre un rien déçu. L’ensemble reste néanmoins très plaisant, pour un moment de détente malheureusement pas très marquant. (3/5)


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