samedi 3 avril 2021

[Duchamp, Chrystel] Le sang des Belasko

 



 

 

Coup de coeur 💓

 

Titre : Le sang des Belasko

Auteur : Chrystel DUCHAMP

Parution : 2021 (L'Archipel)

Pages : 240

 

  

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :  

Cinq frères et sœurs sont réunis dans la maison de famille, la Casa Belasko, une vaste bâtisse isolée au cœur d’un domaine viticole de Provence. Leur père, un vigneron taiseux, vient de mourir. Il n’a laissé qu’une lettre à ses enfants, et ce qu’il leur révèle les sidère : leur mère ne se serait pas suicidée – comme l’avaient affirmé les médecins six mois plus tôt. Elle aurait été assassinée…
Au cours de la nuit, non-dits, jalousies et frustrations accumulés au fil des années vont se déverser. Mais le pire reste à venir. D’autant que la maison, coupée du monde extérieur, semble douée de sa propre volonté…

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Chrystel Duchamp, 35 ans, a signé en 2020 L'art du meurtre (L’Archipel), un premier suspense salué par le public et la critique : « Une écriture enlevée, sombre et claquante… Un polar addictif et original. » (Le Parisien-Aujourd’hui en France).


 

Avis :

Au lendemain de la mort de leur père, cinq frères et sœurs se réunissent dans la demeure familiale, Casa Belasko, au coeur d’un riche domaine viticole. Dans une lettre laissée à leur intention, le défunt affirme que leur mère, décédée six mois plus tôt, ne se serait pas suicidée mais aurait été assassinée. Pendant une soirée et une nuit dans cette maison réputée maudite depuis un mystérieux drame survenu dans le passé, la fratrie se déchire alors que rancoeurs et jalousies se déchaînent sans plus aucun frein. Au petit matin, que restera-t-il de la famille Belasko ?

En enfermant une fratrie dévorée par les rancunes dans le théâtre inquiétant de plusieurs drames obscurs, l’auteur nous plonge d’emblée dans un huis-clos angoissant et explosif dont il s’avère très vite que nul ne ressortira indemne. Alors qu’à la menace diffuse de vieux secrets tragiques à l’impact incertain s’ajoute l’ambiance troublante et quasi fantastique d’un lieu aux allures de piège infernal, les révélations se succèdent pour dessiner peu à peu le terrible tableau de décennies de haines et de violences familiales. Et quand tout semble enfin joué, un dernier retournement attend le lecteur, pour une apothéose de noirceur machiavélique.

Si l’auteur s’est amusée à forcer le trait autour d’un atavisme familial aux relents de malédiction, faisant passer le réalisme de l’ensemble au second plan, le lecteur n’en est pas moins emporté par une intrigue rythmée et sans temps mort, dont la tension doit beaucoup à l’ambiance angoissante habilement entretenue entre haine et démence, entre aigreurs longuement macérées et violentes explosions de colère, entre actes froidement calculés et coups de folie que l’on dirait démoniaques.

Un thriller percutant, totalement réussi, à dévorer sans bouder son plaisir, pour une incursion à faire froid dans le dos dans les noirs tréfonds des dissensions familiales. Coup de coeur. (5/5)

 

Citations :

Tu sais, David, quand on est con, c’est comme quand on est mort : c’est à jamais.

Mathieu avait détesté son frère au point de vouloir le tuer. Durant vingt-trois ans, il avait réprimé cette envie. Il avait accepté les excuses de son épouse et évité Philippe comme le plus contagieux des virus. Maintenir sa rancune en cage avait été un combat de chaque instant. Mais aujourd’hui, elle s’était échappée. Libérée, survoltée, elle avait choisi de satisfaire les plus basses pulsions de Mathieu, et il n’avait pas pu la retenir.

La rancune est la plus dévastatrice des tempêtes, disait papa. Elle désunit les frères et les sœurs. Elle détruit les familles.

Les émotions non exprimées ne meurent jamais. Elles sont enterrées vivantes et libérées plus tard de façon plus laide.


 

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