jeudi 10 septembre 2020

[Fermine, Maxence] Noces de sel






J'ai aimé

 

Titre : Noces de sel

Auteur : Maxence FERMINE

Editeur : Albin Michel

Année de parution : 2012

Pages : 126

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :   

« Si tu ne t’enfuis pas à tout jamais de cette ville, ton sang se répandra bientôt sur le sable. Tu as vécu un seul amour, un bel amour, et tu n’en connaîtras jamais d’autre. »
Le nouveau roman de l’auteur de Neige possède la beauté rouge et or des tragédies antiques.
A Aigues-Mortes, où l’on vit du sel, de la vigne ou des arènes, le ténébreux Valentin Sol, face au taureau, est le meilleur des « raseteurs ».  Depuis toujours, il aime la fille du boulanger, la blonde Isoline, dont le père s’oppose mystérieusement à leur mariage.
A trois heures de l’après-midi, sous le soleil implacable de la Camargue, le destin des amants va se jouer. Inexorable.

 

 

Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Maxence Fermine est l'auteur de plusieurs romans à succès, Neige, L'Apiculteur (Prix del Duca et Prix Murat en 2001), Opium, Amazone (Prix Europe 1 en 2004)…, traduits dans de nombreux pays, notamment l'Italie où il est un best-seller. Il vit en Haute-Savoie.

 

Avis :

Valentin Sol est le meilleur raseteur de Camargue : lorsqu’il ne danse pas avec les taureaux dans l’arène, ce jaune saunier d’Aigues-Mortes ne pense qu’à son amour pour Isoline Fontanès, que son père a convaincue d’en épouser un autre. Le jour de la fête votive de la ville, le drame éclate.

Noces de sel aurait pu tout avoir de ces romans courts qui savent aller à l’essentiel, usant de leur sobriété pour souligner leur beauté tragique. Malheureusement, c’est surtout le sentiment d’une certaine vacuité qui a dominé ma lecture : si l’histoire d’amour marquée par le sceau de la fatalité fait preuve d’intensité dramatique et pourrait évoquer un Pagnol moderne, elle s’avère au global très classique, assez prévisible, et sans véritable aspérité. Ses personnages, uniquement décrits dans l’action et sans profondeur psychologique, peinent à s’incarner et, faute d’épaisseur, ne suscitent guère d’émotions, encore moins d’attachement.

L’aspect le plus décevant du roman vient sans doute de ce que l’on perçoit de l’intention esthétique de l’auteur, par un jeu de contraste entre  la noirceur désespérée de son histoire et les indifférentes beautés de son écrin de nature camarguaise, et qui demeure totalement inabouti : ne parvenant pas à s’élever au-dessus d’un niveau quasi documentaire aux accents de brochure touristique, les descriptions de paysages manquent de lyrisme et, comme surajoutées au récit, ne parviennent pas à le sublimer ni à en exprimer toute la poésie. Et que dire de cette page entière d’énumération sans intérêt des symboles associés aux années de mariage ? N’y avait-il pas manière plus subtile de parvenir à l’idée des noces de sel, qui devront faire d’un instant une éternité d’amour ?

Agréable mais sans plus, cette lecture est un désappointement après le magnifique Neige qui m’avait fait découvrir Maxence Fermine et apprécier un style subtil et poétique que je n’ai pas retrouvé : je referme Noces de sel sur une persistante et frustrante impression d’inabouti et de relative banalité. (3/5)

 

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