vendredi 20 mars 2020

[Tran Huy, Minh] Les inconsolés





Coup de coeur đź’“

 

Titre : Les inconsolés

Auteur : Minh TRAN HUY

Editeur : Actes Sud

Année de parution : 2020

Pages : 320

 

 

 

 

 

 

 

PrĂ©sentation de l'Ă©diteur :   

Entre Lise et Louis, la rencontre produit des étincelles dignes des romans et des films que la jeune fille, rétive aux renoncements de l'âge adulte, confond parfois avec la vie. Leur histoire - le premier amour - se déroule tel un conte. Mais comme dans un conte, elle est rapidement minée par la petite musique de l'enfance mal aimée, le refrain des rapprochements impossibles, des différences infranchissables. Et bientôt la nuit des malédictions envahit le rose des rêveries romantiques.
Nimbé d'un mystère qui de page en page s'épaissit, Les Inconsolés est une histoire de fantômes et de vengeance, où l'on retrouve le talent délicat et têtu de Minh Tran Huy pour la navigation de l'eau qui dort - dont chacun sait qu'il faudrait s'en méfier.
Il y a l'élan vers l'amour fou, l'irrésistible faim d'aimer - et d'être aimé, enfin -, les blessures de l'enfance, le poids des origines et les émerveillements de la jeunesse. Il y a aussi cette manière toute personnelle, à la fois sincère et ironique, de pousser les clichés jusqu'à leur paroxysme, jusqu'à en extraire toute la vérité, en révéler le tranchant, les dangers.
Entre thriller romantique et conte de fées cruel, ligotant l'une à l'autre naïveté et lucidité, le nouveau roman de l'auteur de La Double Vie d'Anna Song nous livre aux vénéneux tentacules du malentendu.

 

 

Le mot de l'Ă©diteur sur l'auteur :

NĂ©e en 1979 Ă  Clamart, Minh Tran Huy est critique littĂ©raire et Ă©crivain. Après La Princesse et le PĂŞcheur (Actes Sud, 2007), La Double Vie d’Anna Song (Actes Sud, 2009, prix Drouot 2010, prix PellĂ©as 2010) et Voyageur malgrĂ© lui (Flammarion, 2014), elle signe avec Les InconsolĂ©s son quatrième roman.

 

 

Avis :

Lise et Louis ont tous deux vingt ans mais sont comme l’ombre et la lumière. Lui, issu de la grande bourgeoisie et promis Ă  un brillant avenir dans la finance, a pour credo l’argent et l’action. Elle, mĂ©tisse franco-vietnamienne grandie dans un milieu bien plus modeste, est une plante dĂ©racinĂ©e et meurtrie qui n’aspire qu’Ă  la discrĂ©tion, et rĂŞve d’art et de cinĂ©ma. Leur rencontre est le prĂ©lude Ă  une passion dĂ©vorante qui va rapidement tourner au cauchemar : on n’enfreint pas impunĂ©ment cette loi qui fait que, souvent, les contraires se repoussent.

Loin de la romance insipide et sans cervelle, cette histoire d’amour impossible et tragique possède une vraie singularitĂ© qui la fait sortir du lot : construite sous une forme originale et intrigante qui ne s’explique que peu avant le dĂ©nouement, elle entremĂŞle les codes du thriller et du conte de fĂ©e, multipliant les rĂ©fĂ©rences au cinĂ©ma et aux rĂ©cits traditionnels, tant occidentaux que vietnamiens. Le rĂ©sultat est une Ă©mouvante et terrible fable, aussi contemporaine qu’intemporelle, sur les difficultĂ©s du mĂ©tissage, qu’il soit culturel ou social.

TouchĂ©e par les discrets accents autobiographiques qui parsèment de-ci de-lĂ  le texte, j’ai Ă©tĂ© totalement sĂ©duite par cette rĂ©flexion juste et sensible, exprimĂ©e avec une poĂ©sie teintĂ©e de cruautĂ© qui m’est allĂ©e droit Ă  l’âme. Coup de coeur. (5/5)

 

 

Citation :

Puis les auteurs qu’elle admirait ne se contentaient pas de peaufiner leur langue ou leur style : ils incisaient et creusaient la vie comme elle-mĂŞme incisait et creusait ses laques. Ils grattaient le silence. Le brillant des apparences. La douleur, parfois. Et cherchaient au-dessous sans toujours avoir conscience de ce qu’ils cherchaient, parce qu’il ne s’agissait pas de dĂ©voiler un secret mais de le trouver. Pour elle, il existait une part de mystère en toute chose et le rĂ´le des artistes n’Ă©tait pas de lever ce mystère, seulement de lui donner forme. Elle disait que la lumière sans ombre ne l’intĂ©ressait pas plus que l’ombre sans lumière. Que l’art pouvait Ă©clairer l’existence mais aussi l’obscurcir et qu’il devait cristalliser en un geste, en une Ĺ“uvre, toute l’opacitĂ©, la complexitĂ© et la multiplicitĂ© de la vie. Elle disait ne dĂ©tenir aucune rĂ©ponse ni vĂ©ritĂ©, parce que les rĂ©ponses et les vĂ©ritĂ©s Ă©taient faites pour les mathĂ©maticiens et les policiers, pas pour les Ă©crivains ou les peintres, qui avancent Ă  tâtons, dans le noir, sans savoir ce qui en sortira…
 

 

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