vendredi 10 janvier 2020

[Pautrel, Marc] L'éternel printemps






J'ai beaucoup aimé

Titre : L'éternel printemps

Auteur : Marc PAUTREL

Année de parution : 2019

Editeur : Gallimard

Pages : 128






 

 

Présentation de l'éditeur :

«J’avais vu juste, elle n’a personne dans sa vie actuellement. De son côté, elle sait que je suis séparé. Elle a été mariée, a divorcé, n’a pas d’enfants. Elle sort peu, mais elle aime aller au restaurant. Parler sans fin en mangeant est également un de mes grands plaisirs.»


Le mot de l'éditeur sur l'auteur :

Marc Pautrel est né en 1967. Après des études de droit, il a décidé de se consacrer à l’écriture. Il a publié huit romans aux Éditions Gallimard dans la collection «L’Infini» : L’homme pacifique (2009), Un voyage humain (2011), Polaire (2013), Orpheline (2014), Une jeunesse de Blaise Pascal (2016), La sainte réalité (2017), La vie princière (2018) et L'éternel printemps (2019).


Avis :

Le narrateur, écrivain cinquantenaire, s’éprend d’une libraire de neuf ans son aînée. Son attirance est partagée, leur communion d’esprit parfaite et tous deux sont libres car divorcés. Pourtant, plus leurs liens se renforcent, et plus cette femme semble s’attacher à préserver une certaine distance. 

Peur de l’âge et du regard d’autrui, angoisse de la mort depuis le décès de sa mère : elle ne parvient pas à abattre les murs qui l’entourent et se réfugie dans un espace entre amitié et amour. Lui se montre patient et réceptif, tente de la convaincre qu’il reste du temps pour le bonheur, et, faute de parvenir à la rassurer tout à fait, accepte cet amour platonique, tendre et lumineux.

Empreint de douceur et de mélancolie, ce roman donne vie à deux personnages touchants et saisis dans leur infinie complexité : aucune complaisance ni mièvrerie dans cette histoire toute de délicatesse, où deux êtres se rencontrent sans parvenir à se rapprocher totalement, séparés par le temps qui passe et par la crainte de partager leur déclin à venir. Leur reste une bulle de tendre complicité, l’éternel printemps d’une relation jamais éclose, stoppée dès ses balbutiements par peur de l’abîmer.

J’ai beaucoup aimé ce petit livre à part, où la retenue et les non-dits pavent une relation construite sur le respect de l’autre et de ses sentiments, nourrie de la simple perspective de possibilités d’autant plus belles que, jamais concrétisées, elles garderont éternellement leurs promesses. (4/5)


Citations : 

De grandes grilles de fer forgé surmontées d’un blason et de pointes peintes en or délimitent l’enceinte du parc. Ensuite, une placette avec un bassin en domine toute l’étendue, puis on descend une dizaine de marches d’un escalier de pierre et le parc est là. Il y a plusieurs ensembles, une île japonisante entourée de ponts en demi-lune, un jardin botanique, un long bâtiment du XVIIIe siècle abritant une orangerie, un théâtre de Guignol devant lequel une vingtaine de chaises métalliques attendent les spectateurs, de grands espaces de gazon très épais et très vert, parfaitement tondu, sur lequel on peut marcher, s’asseoir ou s’allonger pour discuter, lire, dormir, pique-niquer. Ces espaces de gazon sont traversés par de larges allées de gravier zigzagantes qui y dessinent des courbes et font ressembler le parc à un minigolf, de sorte que, aperçus en surplomb depuis l’entrée, ils forment des dômes verts, comme le galbe sensuel d’une bête immense mais pacifique, une créature végétale endormie depuis mille ans et dont la respiration créerait un imperceptible mouvement de va-et-vient vertical berçant tous les promeneurs du parc.

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