Coup de coeur 💓
Titre : Wanted
Auteur : Philippe CLAUDEL
Parution : 2025 (Stock)
Pages : 140
Présentation de l'éditeur :
« Mon idée est toute simple, non ? Je suis étonné de ne pas y avoir pensé plus tôt. » Elon Musk
Le mot de l'éditeur sur l'auteur :
Écrivain traduit dans le monde entier, Philippe Claudel est aussi cinéaste et dramaturge. Il a notamment publié aux éditions Stock, Les Âmes grises, La Petite Fille de Monsieur Linh, Le Rapport de Brodeck, L’Arbre du pays Toraja, L’Archipel du Chien et Crépuscule. Président de l’académie Goncourt, il réside en Lorraine où il est né en 1962.
Avis :
« Quand la légende devient réalité, imprimez la légende. »
« Voici bien longtemps que nous ne vivons plus dans la réalité : nous vivons simplement dans une fable qui a pris les apparences du réel. »
Puisque, comme l’annoncent ces deux épigraphes, à observer les principaux dirigeants actuels de la planète rivaliser de folie dans leur incontrôlable soif de pouvoir, la réalité semble s’être mise à dépasser la pire des fictions, l’écrivain président du Goncourt a imaginé une fiction qui, s’attachant avec un humour féroce à dépasser à son tour cette réalité, n’en paraît pas moins d’un réalisme confondant.
Lors d’une conférence de presse ubuesque, Donald Trump écoute sans sourciller Elon Musk promettre un milliard de dollars à qui « butera ce fils de pute de Vladimir Poutine », avant de s’adresser lui-même au dirigeant russe : « Tu as voulu me baiser », « tant pis pour toi », « Vladimir, tout cela est ta faute. » S’ensuit un récit de politique-fiction qui, pour être satirique, n’en paraît jamais outrancier, tant les comportements et les dialogues sonnent crédibles autour de ce trio de dangereux égos, trois clowns caricaturés jusqu’au bout de leurs fanfaronnades de génies auto-proclamés, mais aussi trois méchants revenus au temps des cow-boys et des chasseurs de prime, qui, méprisant l’État de droit, la démocratie et la diplomatie au profit de leur propre puissance, n’ont pour seuls dieux que l’argent et la brutalité, préparant un futur, comme le préfigure aussi Giuliano da Empoli dans L’heure des prédateurs, livré à la voracité sans limites d’intérêts privés que n’entravent plus ni régulations ni contre-pouvoirs.
Derrière les masques grotesques de ces hommes, jouant du chaos, du mensonge et de l’imprévisibilité pour asseoir leur domination, la satire tire la sonnette d’alarme et dénonce les réalités tragiques d’un ultralibéralisme doctrinaire prêt à tout pour se débarrasser des entraves à la liberté de faire de l’argent. Et si le texte trempé au feu d’une ironie grinçante et jubilatoire fait rire, c’est d’un rire amer, prompt à laisser transparaître le désespoir d’une vision crépusculaire, alors que, déboussolées et impuissantes, les démocraties se voient menacées d’un brusque retour en arrière.
Usant de la satire et de la dystopie entre rire jaune et humour noir, Philippe Claudel nous adresse un pamphlet où le dépassement de la réalité ne paraît même plus fictionnel. Pesé dans chacun de ses mots dans un style efficace, habile à croquer plus vrai que nature l’infernal trio aux manettes de la planète, ce livre comme soufflé dans l’urgence de la colère est aussi sérieux que drôle, tant il est vrai que, comme au temps de Molière ou de Voltaire, la comédie peut comporter de tragédie déguisée. Coup de coeur. (5/5)
(…) chez le décideur aujourd’hui le langage comme émanation d’une morale plie face à une puissance d’action amorale, choisie pour son seul côté efficient.
FAG : Celui qui possède aujourd’hui l’argent peut donc forger le monde comme il le souhaite, décider de qui va vivre, de qui va mourir ?
EM : Ne soyez pas naïf, je vous en prie. Tout cela n’est pas nouveau. Dans l’histoire de l’humanité, citez-moi un moment, un pays, où celui qui ne possédait rien est parvenu à imposer ses vues à celui qui possédait beaucoup. Ça n’a jamais eu lieu. J’ai simplement tombé le masque. Plutôt que d’agir en me dissimulant, j’ai mis mon argent sur le tapis et j’ai dit banco. Ça peut paraître vulgaire, mais en reprenant vos grands mots ou ceux de votre chercheur colombien, j’ai montré comment l’argent pouvait avoir un usage moral !
FAG : Ou comment on pouvait habiller de morale un usage criminel de l’argent ?
Depuis la fin du XXe siècle, on avait assisté à l’effritement du pouvoir politique dans les pays démocratiques au bénéfice du pouvoir économique détenu par quelques figures majeures du capitalisme. Si on conservait les apparences, la machinerie avait quelque peu changé. Et le phénomène qu’on appela la mondialisation permit en quelques décennies à ceux auquel le capitalisme avait donné des pouvoirs de super-héros d’agir non seulement sur la politique de leur pays d’origine, mais aussi sur celle de la planète entière.
Ils le firent au départ avec un souci de discrétion, sans intervenir à visages découverts, mais par le biais de chantages discrets, de pressions exercées au plus haut niveau, de déplacements de capitaux ou de sites de production, jouant avec les travailleurs comme avec des pions, se souciant davantage de la colonne des profits pécuniaires plutôt que de celle des pertes humaines.
Qui se servit de l’un au bénéfice de l’autre ? Qui de Trump ou de Musk fut le pantin et le marionnettiste ? Le bouffon et l’être narcissique ? Leur couple possédait-il un dominant et un dominé, un possédant et un possédé, ou bien au contraire chacun n’était-il pas l’égal et le complémentaire de l’autre, se flattant et se nourrissant mutuellement sans cesse, clowns jumeaux mégalomanes tétant avec voracité et à l’unisson dollars et pouvoir, repeignant chaque jour leurs folies aux couleurs du bon sens en constatant son impact sur le monde, uni dans un jeu de gagnant-gagnant, pour employer le vocabulaire de la matrice dont ils étaient tous les deux issus : le monde des affaires, des dégraissages, des jeux boursiers, des OPA, des deals ?
Ne pouvant espérer un jour être lui-même élu président des États-Unis, en raison de sa naissance en Afrique du Sud, Elon Musk n’avait d’autre choix pour parvenir à ses fins que de profiter d’un méga-lanceur, comme sa fusée Starship le faisait pour envoyer dans l’espace la partie la plus essentielle de son assemblage, et ce méga-lanceur s’appelait Donald Trump : que lui importait après tout que ce dernier vienne un jour ou l’autre à se désintégrer dans l’atmosphère ? Lui-même serait loin, propulsé tout près de Mars, son but ultime, que quelques intellectuels dont Noam Chomsky, dans les semaines précédant la cérémonie de remise des Nobel, analysèrent comme une métaphore du trajet fantasmatique de Musk (…)
Dès le début de son second mandant, durant lequel d’ailleurs il voulait changer la loi afin qu’il devienne son deuxième mandat, il n’avait eu de cesse de museler les penseurs, les intellectuels, les scientifiques de toute nature, en supprimant des lignes budgétaires, des crédits, en fermant des laboratoires, en entravant le travail des chercheurs et des universitaires. Peu ou prou, avec des méthodes en apparence moins violentes mais tout aussi terribles, il s’inscrivait dans la lignée de prédécesseurs de fétide mémoire qu’avaient été les nazis, qui n’avaient eu de cesse de soutenir les brutes au détriment des poètes, des clairvoyants et des philosophes.
Sous Trump 1 et sous Trump 2, la progression de la bêtise avait été telle que plus de quinze pour cent des étudiants en première année dans les universités les plus prestigieuses du pays étaient persuadés que la Terre était plate, que le monde avait été créé il y a six mille ans, et que l’homme et le singe n’avaient radicalement rien en commun. Ce pourcentage dans la population globale montait à des hauteurs indécentes. Le reste du monde n’était pas épargné tant les idées et les attitudes de Trump avaient de quoi séduire les plus crétins et les conforter dans le fait qu’une opinion pouvait équivaloir à un savoir.
Et lorsque des hommes d’affaires comme Musk affirmaient vouloir se reproduire le plus possible afin de créer, de façon eugéniste, des cohortes de génies, il oubliait de dire que par génie il entendait des êtres à son image, c’est-à-dire dévolus à une vision trumpienne et muskienne du monde, où le savoir deviendrait un loisir coupable, la bêtise un dogme absolu, la décérébration une ligne de vie, où l’argent remplacerait la morale, où la fable supplanterait le réel, et où l’opium ne serait plus à trouver ni dans la religion, ni dans l’art, ni dans l’amour, mais dans le désir de ressentir, ne serait-ce qu’à un moment dans sa vie, et par quelque moyen que ce soit, le sentiment absolu de puissance.
« Voici bien longtemps que nous ne vivons plus dans la réalité : nous vivons simplement dans une fable qui a pris les apparences du réel. »
Puisque, comme l’annoncent ces deux épigraphes, à observer les principaux dirigeants actuels de la planète rivaliser de folie dans leur incontrôlable soif de pouvoir, la réalité semble s’être mise à dépasser la pire des fictions, l’écrivain président du Goncourt a imaginé une fiction qui, s’attachant avec un humour féroce à dépasser à son tour cette réalité, n’en paraît pas moins d’un réalisme confondant.
Lors d’une conférence de presse ubuesque, Donald Trump écoute sans sourciller Elon Musk promettre un milliard de dollars à qui « butera ce fils de pute de Vladimir Poutine », avant de s’adresser lui-même au dirigeant russe : « Tu as voulu me baiser », « tant pis pour toi », « Vladimir, tout cela est ta faute. » S’ensuit un récit de politique-fiction qui, pour être satirique, n’en paraît jamais outrancier, tant les comportements et les dialogues sonnent crédibles autour de ce trio de dangereux égos, trois clowns caricaturés jusqu’au bout de leurs fanfaronnades de génies auto-proclamés, mais aussi trois méchants revenus au temps des cow-boys et des chasseurs de prime, qui, méprisant l’État de droit, la démocratie et la diplomatie au profit de leur propre puissance, n’ont pour seuls dieux que l’argent et la brutalité, préparant un futur, comme le préfigure aussi Giuliano da Empoli dans L’heure des prédateurs, livré à la voracité sans limites d’intérêts privés que n’entravent plus ni régulations ni contre-pouvoirs.
Derrière les masques grotesques de ces hommes, jouant du chaos, du mensonge et de l’imprévisibilité pour asseoir leur domination, la satire tire la sonnette d’alarme et dénonce les réalités tragiques d’un ultralibéralisme doctrinaire prêt à tout pour se débarrasser des entraves à la liberté de faire de l’argent. Et si le texte trempé au feu d’une ironie grinçante et jubilatoire fait rire, c’est d’un rire amer, prompt à laisser transparaître le désespoir d’une vision crépusculaire, alors que, déboussolées et impuissantes, les démocraties se voient menacées d’un brusque retour en arrière.
Usant de la satire et de la dystopie entre rire jaune et humour noir, Philippe Claudel nous adresse un pamphlet où le dépassement de la réalité ne paraît même plus fictionnel. Pesé dans chacun de ses mots dans un style efficace, habile à croquer plus vrai que nature l’infernal trio aux manettes de la planète, ce livre comme soufflé dans l’urgence de la colère est aussi sérieux que drôle, tant il est vrai que, comme au temps de Molière ou de Voltaire, la comédie peut comporter de tragédie déguisée. Coup de coeur. (5/5)
Citations :
Le même chercheur dans son article où il développe son concept de wild diplomacy affirme, je le cite : “Ce qui jadis, qu’on le veuille ou non, sous-tendait les relations internationales et contribuait à les régler, était une forme d’adhésion plus ou moins étroite à un ordre moral hérité des grands préceptes religieux ou laïcs, des philosophies antiques et modernes, des savoirs humanistes. Il y avait ce qui se faisait et ce qui ne se faisait pas. On supposait toujours chez l’autre, même chez son ennemi, une faculté à écouter et à se corriger, qui empêchait de recourir sur l’heure à une forme moderne de la loi du talion. Les organisations internationales, telles que la SDN ou l’ONU qui lui a succédé, ne doivent leur existence et leur exercice qu’à cette foi inébranlable dans la raison et la morale. Dans l’ère contemporaine de la wild diplomacy, rien de tout cela n’existe et ne doit être pris en compte : la morale a été bannie, le dialogue a été banni, ne demeure que la puissance de l’acte, qui s’appuie sur la puissance de l’argent. Sans puissance, pas de résultat, et sans argent, pas de puissance. On est passé de l’ère du logos à celle du drama : l’action a supplanté le verbe. Elle l’a démonétisé.”
(…) chez le décideur aujourd’hui le langage comme émanation d’une morale plie face à une puissance d’action amorale, choisie pour son seul côté efficient.
FAG : Celui qui possède aujourd’hui l’argent peut donc forger le monde comme il le souhaite, décider de qui va vivre, de qui va mourir ?
EM : Ne soyez pas naïf, je vous en prie. Tout cela n’est pas nouveau. Dans l’histoire de l’humanité, citez-moi un moment, un pays, où celui qui ne possédait rien est parvenu à imposer ses vues à celui qui possédait beaucoup. Ça n’a jamais eu lieu. J’ai simplement tombé le masque. Plutôt que d’agir en me dissimulant, j’ai mis mon argent sur le tapis et j’ai dit banco. Ça peut paraître vulgaire, mais en reprenant vos grands mots ou ceux de votre chercheur colombien, j’ai montré comment l’argent pouvait avoir un usage moral !
FAG : Ou comment on pouvait habiller de morale un usage criminel de l’argent ?
Depuis la fin du XXe siècle, on avait assisté à l’effritement du pouvoir politique dans les pays démocratiques au bénéfice du pouvoir économique détenu par quelques figures majeures du capitalisme. Si on conservait les apparences, la machinerie avait quelque peu changé. Et le phénomène qu’on appela la mondialisation permit en quelques décennies à ceux auquel le capitalisme avait donné des pouvoirs de super-héros d’agir non seulement sur la politique de leur pays d’origine, mais aussi sur celle de la planète entière.
Ils le firent au départ avec un souci de discrétion, sans intervenir à visages découverts, mais par le biais de chantages discrets, de pressions exercées au plus haut niveau, de déplacements de capitaux ou de sites de production, jouant avec les travailleurs comme avec des pions, se souciant davantage de la colonne des profits pécuniaires plutôt que de celle des pertes humaines.
Qui se servit de l’un au bénéfice de l’autre ? Qui de Trump ou de Musk fut le pantin et le marionnettiste ? Le bouffon et l’être narcissique ? Leur couple possédait-il un dominant et un dominé, un possédant et un possédé, ou bien au contraire chacun n’était-il pas l’égal et le complémentaire de l’autre, se flattant et se nourrissant mutuellement sans cesse, clowns jumeaux mégalomanes tétant avec voracité et à l’unisson dollars et pouvoir, repeignant chaque jour leurs folies aux couleurs du bon sens en constatant son impact sur le monde, uni dans un jeu de gagnant-gagnant, pour employer le vocabulaire de la matrice dont ils étaient tous les deux issus : le monde des affaires, des dégraissages, des jeux boursiers, des OPA, des deals ?
Ne pouvant espérer un jour être lui-même élu président des États-Unis, en raison de sa naissance en Afrique du Sud, Elon Musk n’avait d’autre choix pour parvenir à ses fins que de profiter d’un méga-lanceur, comme sa fusée Starship le faisait pour envoyer dans l’espace la partie la plus essentielle de son assemblage, et ce méga-lanceur s’appelait Donald Trump : que lui importait après tout que ce dernier vienne un jour ou l’autre à se désintégrer dans l’atmosphère ? Lui-même serait loin, propulsé tout près de Mars, son but ultime, que quelques intellectuels dont Noam Chomsky, dans les semaines précédant la cérémonie de remise des Nobel, analysèrent comme une métaphore du trajet fantasmatique de Musk (…)
Le Mars d’Elon Musk, écrivit Chomsky dans un long texte publié par le New York Times le 29 novembre, ne se situe pas à 62 millions de kilomètres de la Terre : il est sur Terre. Il consiste en une prise de pouvoir absolue et totale sur le monde. Jadis l’Amérique avait peur d’une invasion martienne. Toute une littérature s’est construite sur cela, et l’industrie du cinéma en a tiré bien des films. Mais aujourd’hui, c’est chose faite, sans qu’on ne le mesure encore vraiment : oui, je vous le dis, le Martien est sur Terre. Il a pour nom Musk. Il fait de notre planète sa planète. Cette conquête fut progressive mais son accélération exponentielle, à la mesure de l’accroissement de sa fortune. Et sa fortune est sortie des coffres et des banques pour devenir géographique. Argent et territoire se sont confondus. Bientôt la Terre ne sera plus la Terre. Elle aura pour nom Mars et pour maître Elon Musk.
Dès le début de son second mandant, durant lequel d’ailleurs il voulait changer la loi afin qu’il devienne son deuxième mandat, il n’avait eu de cesse de museler les penseurs, les intellectuels, les scientifiques de toute nature, en supprimant des lignes budgétaires, des crédits, en fermant des laboratoires, en entravant le travail des chercheurs et des universitaires. Peu ou prou, avec des méthodes en apparence moins violentes mais tout aussi terribles, il s’inscrivait dans la lignée de prédécesseurs de fétide mémoire qu’avaient été les nazis, qui n’avaient eu de cesse de soutenir les brutes au détriment des poètes, des clairvoyants et des philosophes.
Sous Trump 1 et sous Trump 2, la progression de la bêtise avait été telle que plus de quinze pour cent des étudiants en première année dans les universités les plus prestigieuses du pays étaient persuadés que la Terre était plate, que le monde avait été créé il y a six mille ans, et que l’homme et le singe n’avaient radicalement rien en commun. Ce pourcentage dans la population globale montait à des hauteurs indécentes. Le reste du monde n’était pas épargné tant les idées et les attitudes de Trump avaient de quoi séduire les plus crétins et les conforter dans le fait qu’une opinion pouvait équivaloir à un savoir.
Et lorsque des hommes d’affaires comme Musk affirmaient vouloir se reproduire le plus possible afin de créer, de façon eugéniste, des cohortes de génies, il oubliait de dire que par génie il entendait des êtres à son image, c’est-à-dire dévolus à une vision trumpienne et muskienne du monde, où le savoir deviendrait un loisir coupable, la bêtise un dogme absolu, la décérébration une ligne de vie, où l’argent remplacerait la morale, où la fable supplanterait le réel, et où l’opium ne serait plus à trouver ni dans la religion, ni dans l’art, ni dans l’amour, mais dans le désir de ressentir, ne serait-ce qu’à un moment dans sa vie, et par quelque moyen que ce soit, le sentiment absolu de puissance.

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