Coup de coeur 💓
Titre : Une unique lueur
Auteur : Fred VARGAS
Parution : 2026 (Flammarion)
Pages : 528
Accès au livre : ISBN 9782080160713
en librairie
Présentation de l'éditeur :
— Vous avez regardé les photos, Danglard ?
De la scène du crime ? demanda Adamsberg.
— Cela va de soi.
— Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui.
— Tiens. Et cela vous raconte quoi ?
— Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ?
— Aucune idée.
— Faites un effort, nom d’un chien.
— Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.
— Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Mais le quelque chose, commandant. On commence par là.
De la scène du crime ? demanda Adamsberg.
— Cela va de soi.
— Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui.
— Tiens. Et cela vous raconte quoi ?
— Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ?
— Aucune idée.
— Faites un effort, nom d’un chien.
— Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.
— Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Mais le quelque chose, commandant. On commence par là.
Le mot de l'éditeur sur l'auteur :
Avis :
Une jeune femme est retrouvée morte en pleine rue, vêtue et entourée d’ancolies dans une mise en scène étudiée. Appelé sur place, Adamsberg est intrigué par ce qu’il perçoit, dans ce tableau, d’un infime et insaisissable décalage. Alors que la brigade du 13e et ses inimitables personnalités – sans oublier le chat obèse et paresseux – resserrent les rangs autour de lui, vient se superposer au présent un meurtre ancien, lui aussi poinçonné de cette lueur fuyante que seul le commissaire semble percevoir.
Jeu de piste minutieux semé de signaux faibles, l’enquête progresse à pas comptés, presque insensiblement, chaque indice ne s’éclairant qu’à la faveur de subtiles inflexions de perception. Une tension discrète s’installe, qui se nourrit longuement de la patience et de l’ajustement du regard, les traces s’esquissant, se croisant et finissant par s’ordonner d’elles-mêmes, sans grand effet de surprise. Désormais bien installé, l’univers vargasien et ses figures récurrentes, présences stables à la complémentarité implicite, permettent au récit d’évoluer sans heurts, dans une cohésion qui fait passer le pittoresque pour naturel. Sobrement original et tissé d’un humour feutré, le roman cultive une forme de connivence avec son lecteur, où ce qui prime n’est pas tant la résolution du mystère que le partage d’une ambiance et la lente maturation d’une intuition.
Sous le patronage insolite d’une ombre nervalienne et de la silhouette de Lauren Bacall, Adamsberg apparaît plus rêveur et déroutant que jamais, accentuant l’aspect flottant d’une enquête qui laisse le flair dominer la logique. Ajoutons la tonalité sans pareille de l’écriture, parfois truculente dans ses reparties, imprégnée d’un lyrisme léger et d’une sympathie diffuse pour ses personnages, et c’est avec un plaisir intact que l’on s’immerge dans ce nouvel opus qui porte à son meilleur une formule désormais parfaitement éprouvée. Coup de coeur. (5/5)
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